• L'Interview d'Yves-Marie Adeline sur Royauté-News

     

    Yves-Marie Adeline est notre invité dans l'Interview de Royauté-News. Universitaire et écrivain, auteur de plusieurs ouvrages  de référence, il a fondé en 2001 l'Alliance Royale, devenue en 2003 le seul parti politique monarchiste en France à l'époque contemporaine. Il a inscrit son nom dans l'histoire inlassable du royalisme et, par ses publications, continue de le faire.

    Cette Interview a été conduite en deux temps : juste avant la coupure de l'été 2016, et à partir de la rentrée et jusqu'à ces jours derniers de Décembre. 2017 s'annonçait sous le signe politique de la plus haute densité : les réflexions qui suivent s'inscrivent à point dans cette actualité.

     

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     L'Interview d'Yves-Marie Adeline

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    Le 30 Juin 2016

     

    Royauté-News : La victoire du Brexit est un tournant majeur. Quelles pensées pour l'avenir de l'Europe et de la France suscite-t-elle pour vous ?

    Yves-Marie Adeline : - Il est vrai que la sortie du Royaume-Uni est une première dans l’histoire de l’Union européenne, et parce qu’il s’agit de l’un des pays les plus influents du monde, sa décision provoque forcément un tremblement de terre. Pourtant, je ne suis pas certain que le Brexit soit un tournant majeur, pour plusieurs raisons.

    D’abord, le Royaume-Uni n’avait qu’un pied dans cette Union, puisqu’il n’appartenait pas à la zone euro. Ainsi, la monnaie unique elle-même n’est pas concernée.

    Ensuite, il n’y a pas de raison objective pour que cette sortie engendre des conséquences économiques graves, ni pour lui-même, ni pour l’Union. Quant à sa perte d’influence au sein des institutions européennes, je n’y crois pas trop : il y aura toujours des lobbies, aussi bien américains que britanniques, pour peser sur les décisions de Bruxelles. Enfin, il est impensable que ce pays n’obtienne pas un statut de partenaire privilégié de l’Union, puisque dans une Europe à 27, il sera la seule grande puissance du continent (à part la Russie, bien entendu) à se trouver officiellement à l’écart.


    Enfin, l’histoire de l’Union européenne n’est pas très longue, au regard de la longue histoire des îles britanniques. Ce qui serait un tournant majeur, ce serait une décision écossaise de faire sécession, après des siècles d’une vie commune à laquelle nous nous étions tellement habitués qu’il semblait impossible qu’elle prit fin. On sait que l’Ecosse est économiquement viable, surtout avec son pétrole de la mer du Nord : si, pour rester dans l’Union européenne, ce pays se voit accorder la possibilité d’organiser un nouveau referendum et cette fois-ci de faire sécession, là, vraiment, à mes yeux, ce serait un très grand événement historique.

    Le Site : S'agit-il, par effet de miroir, d'une victoire pour la France ?

    - Le Brexit, une victoire pour la France ? On peut l’entendre de plusieurs manières. On se souvient que De Gaulle était réticent, pour ne pas dire carrément hostile, à la candidature de la Grande-Bretagne, parce qu’il voyait en elle un pays trop étroitement associé à d’autres parties du monde, par des liens historiques et ex-impériaux plus forts que la fragile construction européenne. Et il est bien vrai qu’une fois admis par les pays fondateurs pour constituer l’Europe des Six, puis à mesure que cette Europe économique devenait politique, ce pays a souvent joué un rôle récurrent de contradicteur, jusqu’à gêner le fonctionnement initial néo-carolingien, reposant avant tout sur le couple réconcilié franco-allemand. Le Brexit renforce la France et l’Allemagne au sein de l’Union, et oblige certaines nations jusqu’alors « clientes », au sens romain du terme, de l’Angleterre, à redéfinir leurs alliances en fonction de ce seul tandem.

    Maintenant, si votre question doit s’entendre dans un sens souverainiste, et qu’ainsi le Brexit pourrait être précurseur d’un Franxit, je ne crois pas qu’aujourd’hui, les Français seraient favorables à une sortie pure et simple de l’Union européenne, aussi radicalement que la Grande-Bretagne. En revanche, il est possible que ce Brexit ait déclenché une sonnette d’alarme auprès de l’oligarchie européenne, après des décennies de reproches adressés à une construction qui se fait trop souvent sans l’accord des peuples, à une organisation qui, au lieu de faire rêver les peuples, s’occupe de la forme de nos prises électriques, d’interdire les fromages crus, de rendre la vie plus difficile aux petites entreprises, de fédéraliser les nations membres jusqu’à provoquer une standardisation des mœurs, des lois, des coutumes, des idées, des principes, plus exigeante que dans certains pays comme les Etats-Unis, pourtant le modèle aussi envié qu’inaccessible. Songez qu’aux Etats-Unis, certains Etats pratiquent la peine de mort, d’autres non, prohibent l’avortement, d’autres l’autorisent, alors même que ce pays est institutionnellement beaucoup plus viable que l’édifice européen, lequel est certes bien plus qu’une conférence permanente comme l’ONU, mais moins qu’un Etat, ne serait-ce que parce qu’il est encore incapable de satisfaire la première condition pour qu’un Etat existe : exprimer une seule politique étrangère. Les Européens, qui ne connaissent même pas leurs députés nationaux, a fortiori ceux des autres pays, n’ont souvent vu dans l’Union européenne qu’une gigantesque bureaucratie anonyme et toute-puissante, édictant des règlements contraignants. Peut-être que le Brexit va provoquer une prise de conscience de l’oligarchie européenne – et dans ce cas on pourra parler de victoire, sinon de la République française, au moins du peuple français, entre autres - mais ce n’est pas encore sûr, nous verrons bien. Et dans le cas où les institutions européennes deviendraient moins opaques, alors l’Union pourrait peut-être se renforcer, de sorte que, paradoxalement, le Brexit, au lieu de servir la cause des Souverainistes, l’aurait au contraire desservie.

     

    RN 2 : Que pensez-vous des lois que le gouvernement a faites passer récemment au moyen de l'article 49.3 de la Constitution, un record depuis Édith Cresson malgré une majorité théoriquement suffisante? 

     

    - L’usage intensif du 49-3 indique une fracture au sein de la gauche, mais à vrai dire cette ligne de partage ne fait que ranimer une division traditionnelle en France, entre une gauche réformiste et une gauche révolutionnaire (quand bien même, aujourd’hui, la question sociale n’est plus prise en charge que par le FN). Si les choses demeurent en l’état, il est probable qu’aux prochaines échéances électorales, la gauche se retrouvera au moins autant divisée que l’est la droite, elle-même partagée entre une droite démocratique ou républicaine (ces deux termes ayant le même sens en France dans l’imaginaire politique) et une droite nationale.

     RN 2 : En particulier, que pensez-vous de l'obstination du gouvernement (sous réserve d'un revirement très récent dont je n'aurais pas connaissance) à ne pas toucher aux articles L-3121-56, L-3121-60 et L-3121-63 1° et 2°, qui vont permettre de faire travailler presque tous les salariés 65 h comptées et payées 39, et de son chantage aux employeurs à qui on signifie que les mesures indispensables ne passeront qu'avec d'autres mesures, inacceptables ?

    Yves-Marie Adeline : - Cette évolution juridique suit une logique historique dont je distinguerai quatre facteurs.

    D’abord, on pense qu’en assouplissant les règles, on renversera la courbe du chômage.

    Ensuite, le poids toujours plus lourd des générations pléthoriques du baby-boom aujourd’hui retraitées conduit à devoir augmenter la charge de travail chez les actifs.

    En outre, on observe un mouvement mondial de baisse des revenus, résultant de deux causes croisées : d’une part, l’élargissement continu des inégalités sociales produit un enrichissement des riches et un appauvrissement des classes moyennes (l’année dernière, le nombre des millionnaires a encore augmenté en France, ce qui n’est pas une bonne nouvelle car leur accroissement est parallèle à celui de la pauvreté, ces riches de plus en plus riches accompagnant les pauvres de plus en plus pauvres) ; d’autre part un alignement progressif de nos revenus sur les standards des pays émergents. On est certes encore loin d’une égalisation, mais c’est un fait que le travail en Occident est de moins en moins rémunérateur.

    Enfin, dans notre monde où l’oligarchie s’impose derrière l’iconostase de la religion démocratique, la tendance est de rémunérer le moins possible le travail, jusqu’à, peut-être, à terme, ne plus le rémunérer du tout dans certains secteurs. Comme vous le savez peut-être, j’ai évoqué cette tendance lourde dans Les Nouveaux seigneurs. On ne peut exclure l’introduction progressive d’une sorte de néo-esclavage où le travail aura de moins en moins de valeur. 

    RN 2 : Avez-vous des observations sur l'état de la propagande, entre anti et pro-Brexit, avant le vote, et depuis ?

    - Dans un contexte oligarchique, il est normal que ceux qui prennent la parole soient ceux qui sont autorisés à la prendre. Par exemple, les journalistes sont formés dans des écoles à la sortie desquelles il leur paraît inconcevable que, parmi la population dont ils sont supposés prendre le pouls, des gens puissent penser différemment d’eux. Songez qu’en France 98% des journalistes déclarent voter à gauche, et leur majorité penche pour une gauche radicale, ce qui ne correspond nullement à l’état constant de l’opinion. A cet égard, 98%, ce n’est plus une statistique, c’est une anomalie. Ensuite, les organes dans lesquels ils travaillent ne vivent pas de leur travail, mais des prébendes de l’Etat et de leur appartenance aux différentes fortunes de l’oligarchie. Ainsi, d’un bout à l’autre de la chaîne, tout explique la déconnection entre les commentateurs de la vie collective et les attentes profondes de la collectivité.

    RN 1 : Sommes-nous en train de passer sous le signe d'un affrontement de civilisations ? (Islam... migrants...)

    - C’est toujours très difficile de faire de la prospective. En fait, la question est de savoir si nous nous acheminons vers une guerre intérieure (je dis « intérieure » et non pas « civile » : une guerre civile opposerait des Français entre eux, tandis que pour ce qui nous préoccupe, il s’agit plutôt de 10% des habitants de ce pays qui, même quand l’administration leur a délivré la nationalité française, ne seront jamais français, ainsi que l’avait expliqué il y a déjà longtemps le roi Hassan II du Maroc, pour qui on ne pouvait comparer des migrations d’est en ouest, facilement assimilables, avec des migrations de l’Afrique vers l’Europe, laissant voir une incompatibilité entre deux weltanschauung qu’il regardait comme irrémédiable).

    En fait, si l’on veut se hasarder à se projeter quand même dans l’avenir, il faut, je crois, chercher des signaux avant-coureurs d’une guerre de cette nature. En Occident, les pays les plus touchés par l’invasion musulmane sont la France, l’Allemagne l’Angleterre, la Belgique, la Hollande et les Pays-Bas. La question est de savoir si l’on trouve autant d’attentats dans ces autres pays qu’en France. Car aujourd’hui, la France est engagée militairement sur différents théâtres d’opérations contre des islamistes (pour des raisons d’ailleurs plus économiques qu’idéologiques), ainsi le phénomène des attentats s’explique assez bien. Si, un jour, il se produit dans d’autres pays, le Danemark par exemple, ou la Hollande, qui ne participent à aucune campagne militaire, autant d’attentats que chez nous, alors nous verrons apparaître un premier point de repère.

    Un deuxième point de repère est d’une part la fréquence des attentats, d’autre part leur répartition dans les régions françaises les plus touchées par la présence musulmane. Pour l’instant, sans parler des attentats déjoués, beaucoup plus nombreux que ceux qui réussissent, on ne peut pas dire que nous soyons en guerre. Mais on sait que les choses peuvent aller très vite, ne serait-ce que parce que, du côté islamiste, tout le potentiel humain est déjà sur place.

     

    1er Septembre 2016
    Site : Votre dernier livre, Les Nouveaux seigneurs (clic), exprime l'idée que les rapports sociaux ne seraient pas commandés par les idées politiques mais par les outils de production. Est-ce à dire que l'idéologie serait (totalement) absente des rapports sociaux, pourtant si contraints par des décennies de conditionnement médiatique et politique ? (Bien qu'il y ait dans cet axe excluant l'idéologie une posture volontairement naïve, le concept marxien ; cf. votre entretien avec Olivier Pichon) Etendez-vous ce raisonnement aux rapports politiques ?

    Yves-Marie Adeline :
    - L'idéologie n'est pas absente des rapports sociaux, que ce soit en bien ou en mal, et en cela - parmi beaucoup d'autres points de désaccord - je ne partage pas l'analyse exclusiviste de Marx. Ce que je veux dire, ou plutôt ce que Marx enseigne, c'est que le développement de nos outils de production pèse sur l'évolution de nos rapports sociaux et  politiques. Je vous donne un exemple simple, que devraient méditer ceux qui aujourd'hui souhaiteraient revenir à la IVe République, c'est-à-dire une république sans véritable chef d'Etat, sans monarque. La force de frappe française, la troisième du monde loin derrière les USA et la Russie, est toutefois suffisante pour anéantir aussi bien les USA que la Russie. Et bien sûr elle s'impose à n'importe quel pays par son aspect irrésistible, grâce aux SNLE (sous-marins nucléaires lanceurs d'engins) indétectables. Mais pour être crédible, cette force doit pouvoir être mise en œuvre à volonté, très rapidement, en cas de crise majeure. C'est pourquoi il serait impensable de confier à une chambre parlementaire le soin de décider de son emploi : pour dissuader un ennemi de nous détruire, il faut que cet ennemi soit certain que des représailles totales suivraient immédiatement son agression. Il faut donc qu'un monarque décide seul, et soit seul à posséder le code du feu nucléaire. On voit ici que c'est l'évolution technique d'un outil de production (en l'occurrence: de production de puissance) qui induit le nouveau rapport politique, la nécessité pour la France, puissance atomique, d'avoir un sa tête un monarque, fût-il intérimaire en république. Mais je pourrais choisir d'autres exemples d'évolution de produits de production qui au contraire induisent un rapport plus collectif, comme l'information. Pour en revenir au social, j'observe aussi que l'évolution de nos outils de production de richesses, créant des produits à valeur ajoutée de plus en plus haute, tend vers une élitisation de plus en plus grande de nos sociétés. Je ne dis pas "je crois", je dis "j'observe", je n'y peux rien, et l'idéologie n'y change rien. En somme nous vivons dans un monde démocratiste au sens religieux du terme, mais nos sociétés sont oligarchiques.

     

    26 Novembre 2016
    Site : Cette été un sondage demandé par l'Alliance Royale et publié par BVA, rééditant réponses et chiffres de celui de 2007 et faisant apparaître que 17 % de Français seraient favorables à ce que la fonction présidentielle soit assurée par un roi.
    Quels sont votre opinion et votre commentaire au vu de ces résultats stables et qui traduisent une certitude quant à l'opinion, et suscitent-ils votre espérance ?
     
    - Ce sondage n'indique aucun progrès depuis le précédent il y a dix ans (2007). Comme élément d'appréciation, je vous renvoie à une proportion identique de républicains en Grande-Bretagne, ce qui n'est guère réconfortant parce que la Grande-Bretagne n'est pas près de voir son régime menacé. J'espère ne vous avoir pas trop refroidis smile.
     
    RN 1 : Pour ma part je trouve ce résultat très décevant. Mais cela tient à la technique, et surtout aux questions du sondage. Cependant, et ce sera notre nouvelle question, le passage à la trappe par les médias d'une opinion partagée par 17 %  de Français doit-il poser le problème du système, et doit-il l'être aussi du fractionnement des royalistes ?

    - Les royalistes ne sont pas disposés à se réunir en une force politique indépendante, vous savez peut-être que j'en ai fait l'amère expérience.

     

    28 Novembre 2016

    Le Site : L'absence de choix novateur et modéré, aux Etats-Unis (élections américaines) comme en France (en 2017), ne confrontant que des schémas simplistes... y voyez-vous une issue, croyez-vous possible l'effondrement à la longue du système ou bien est-il définitivement verrouillé par la dictature de fait qui ferme l'information et l'accès au pouvoir ?

    - Très difficile de répondre à votre question. En politique comme en histoire, il n'y a jamais rien de définitif, tout au plus du durable. Je dois reconnaître que la victoire Trump a quelque chose d'un événement. Avoir eu contre soi 97% des médias et gagner quand même, c'est une performance que nous pouvons évaluer à sa juste valeur en France, où le verrouillage des médias existe également - en fait un peu plus encore, je pense. Quant à la confrontation entre des choix simplistes, c'est d'abord la marque d'un pays dont la culture est puritaine, et aussi la force d'un système qui a besoin que ses contradicteurs ressemblent à des épouvantails repoussants.

     

    Royauté-News : (Et relativement à la question qui précède) Où en est selon vous l'hypothèse FN (Front National), que quelques analyses ont placé comme en ordre inéluctable de second tour (théorie du plafond de verre) ? Parti en lequel se retrouve une portion des royalistes au risque d'enliser toujours plus leurs propres idéaux et de se rendre eux-mêmes toujours plus illisibles et invisibles ?

    - Pour votre seconde question, les royalistes ne sont pas disposés à se constituer en force politique, j'ai voulu le faire et mes contradicteurs les plus violents ont été les royalistes eux-mêmes. Aujourd'hui, le vote royaliste (qui ne se vit même pas, ou rarement, comme tel) est encore plus divisé que le vote catholique. Cette allusion me conduit à Fillon. Avant sa victoire à la primaire ouverte, il était inéluctable que MLP (Marine Le Pen) serait au 2nd tour. C'est encore très possible aujourd'hui, mais tout va dépendre de la campagne de Fillon. S'il met la barre à droite, il va arracher des voix à MLP, et en tout cas beaucoup de catholiques qui auraient voté MLP contre Juppé vont maintenant hésiter.

     

    RN 1 : Vous êtes une référence incontournable pour ce qui est du concept monarchique, et certainement le seul qui aurait un avenir politique. Devra-t-on compter avec vous ?

    (Je dois dire que si la réponse ne me satisfait pas, je la supprime... happy

    - Pour votre troisième question, j'ai tenté l'aventure, l'argent m'a manqué (chose que m'avait prédite mon prédécesseur, si je puis dire, Renouvin). Peut-être qu'en insistant, et dans la mesure où je passais bien dans les médias, le royalisme aurait fini par se faire une petite place visible, avec quelques centaines seulement de militants. Mais la chargé économique était trop lourde pour moi, je suis sorti en 2008 endetté jusqu'au cou. Cela dit, par la nature même du sujet, il est impossible de répondre qu'on ne retournera plus jamais dans l'arène. Mais seulement ceci : je n'ai pas besoin de cette cause à laquelle j'ai consacré beaucoup d'énergie pour exister, j'étais avant cela un écrivain, je reste plus que jamais un créateur.

     

    3 Décembre 2016

    Royauté-News : En 2009 Gérard de Villèle cité par Royal Artillerie évoquait la "situation de l'Alliance Royale, rejetée dans une sorte de no man's land entre les deux irréconciliables sous les sarcasmes légitimistes et les plaisanteries orléanistes". Le même site Royal Artillerie déclarait il y a moins de trois mois : "Dans sa campagne de 2007, Yves-Marie Adeline Soret de Boisbrunet s'était heurté régulièrement à la question du prince. Ses interlocuteurs, peut-être peu emballés par une plateforme politique trop construite et touffue (...), lui demandaient quel serait le roi. Et lui, dans l'axe de neutralité qu'il s'était imposé, bottait en touche en signalant que le moment venu, on trouverait très facilement le capétien ad hoc ! Ce qui déplaisait. Les Français ne sont pas si conceptuels qu'on le dit et préfèrent l'incarnation du principe au principe lui-même, d'où leur quête de l'homme providentiel, même dans une société réputée athée. Alors si l'Alliance royale compte capitaliser sur le sondage qu'elle a commandé pour entrer en campagne, elle devra se choisir un champion et son candidat obtenir l'adoubement. Bon courage."
    Ce qui amène la question : bien que vous ne soyez plus en charge de l'Alliance, êtes-vous conscient de cette faiblesse et avez-vous une opinion quelque peu différente de votre côté, sur la nécessité de se battre pour quelqu'un plutôt que pour un principe insaisissable, du moins pour le plus grand nombre ?

    - C’est vrai que c’était – c’est encore - une faiblesse, mais c’en eût été une autre, plus grave encore, si nous avions choisi un prince plutôt qu’un autre, car nous aurions subi les attaques incessantes de l’autre camp. En outre, une troisième faiblesse fût venue du fait qu’en choisissant un des deux prétendants, nous l’eussions fait adhérer malgré lui à notre programme politique, ce qui, d’une part, l’eût désigné à la vindicte républicaine, d’autre part eût entravé ses propres choix, enfin nous eût rendus vulnérables pour le cas où l’idée lui fût venue de contredire publiquement notre action, comme ce fut le cas de l’AF avec le feu comte de Paris en 1937. Donc, en réalité, c’eût été pire encore pour nous si nous avions choisi un prince. Mais sur le fond, vous avez raison : c’est une faiblesse de combattre pour un principe dont l’incarnation ne se manifeste pas. Cependant, conscient que le retour d’un roi n’était pas pour demain, mon idée était de réintroduire dans le débat politique la question de la monarchie ; j’ai cru que c’était possible après la disparition de la menace communiste, j’ai cru que les royalistes étaient prêts à se mobiliser pour cela. J’ai eu tort.

    Royauté-News : Ce qui amène la suivante, qui s'y accole à votre réponse : répudiez-vous l'idée de "république couronnée", qui selon nous ne veut rien dire, et ne serait que confortation décadente d'une république qui est celle de tous les vices politiques, et qui masquerait encore plus et impunément sa corruption à l'ombre d'une comédie royale ?

    Yves-Marie Adeline : - Je ne me souviens pas d’avoir employé moi-même cette expression, il me semble plutôt que je présentais la constitution de la Ve République comme une constitution monarchique, assez bonne pour notre époque, mais du fait des circonstances, servie par un président au lieu d’un roi, ce qui la rendait fragile, comme nous l’avons vu avec le détricotage progressif de l’œuvre de De Gaulle. Je vous rappelle que le rêve de De Gaulle eût été que le comte de Paris lui succédât en 1965, et nous aurions alors basculé en monarchie constitutionnelle, sans secousse sinon au sommet de l’Etat. Par exemple la fonction de premier ministre relève typiquement d’un régime monarchique : la république française n’avait pas connu cela avant 1958. Evidemment, avec le quinquennat, le premier ministre ne sert plus à rien ; mais je m’égare vers un autre sujet. Cela dit,  je ne me suis pas contenté de proposer que l’on se contente de couronner cette constitution : à la présidentielle de 2007, puis auprès de la Commission Balladur, j’ai présenté un projet de réformes plus ambitieux, notamment pour ce qui concerne la représentation parlementaire.

     

    Royauté-News : De fait, votre idée conservait une véritable architecture de V°, et non un simple transfert du président au roi, qui sans rétablir la pureté de l'édifice constitutionnel d'origine, il ne se serait agi que d'un simple changement de dénomination... Votre réforme de la représentation parlementaire, il me semble me souvenir de représentation réelle et de démocratie équitable dont parlait l'Alliance à l'époque, la porteriez-vous encore aujourd'hui ? N'excluait-elle pas, par exemple, la représentation individuelle, au profit d'une vision de société centrée sur les familles, qui aurait fait perdre cet acquis [de la représentation universelle par citoyen] et ne serait-elle pas en porte-à-faux avec les aspirations [qui sont : la représentation individuelle : un citoyen = une voix] le plus largement partagées ?

    Yves-Marie Adeline : - Non, je ne me contentais pas de l'architecture de la Ve.

    Voilà mes propositions :

    Selon les prérogatives qui aujourd’hui sont celles du Président, et selon le modèle de fonctionnement des monarchies qui nous entourent, le Roi nomme un premier ministre qui doit obtenir le vote de confiance de l’Assemblée nationale.
    Au Premier ministre reviennent la nomination du gouvernement (à l’exception du ministre de la justice) et la charge du pouvoir. Il définit et conduit la politique à mener. Il expose au Roi l’action politique du Gouvernement, présente au Parlement son programme de politique publique et lui rend compte de son exécution.

    Le Roi est, d’abord et fondamentalement, une personne en laquelle s’incarne le pays. Le rôle politique du Roi dépasse néanmoins ce rôle représentatif : il est garant des intérêts fondamentaux de la France entendue comme personne morale. Le Roi est arbitre des institutions dont il garantit la continuité et le fonctionnement. Il est garant de la stabilité politique du pays à travers celle de ses institutions.

    Il est le garant de la souveraineté et de la cohésion nationale, protecteur des libertés publiques et recours juridictionnel suprême. Le Roi cumule les fonctions supérieures de chef de la magistrature et de chef des armées. Il dispose du feu nucléaire.Il promulgue les lois votées par le Parlement, nomme le Premier ministre et le Ministre de la justice. En revanche, il n’intervient pas de façon ordinaire dans la politique publique, qui relève du gouvernement et de la représentation parlementaire.

    Afin d’assurer l’indépendance du pouvoir judiciaire, la nomination du ministre de la justice n’appartient pas au gouvernement mais au Roi assisté du Grand Conseil de la magistrature. C’est cette instance qui gère également les carrières des magistrats. Le système de recrutement des magistrats demeure celui que nous connaissons.

    En outre, je proposais une réforme du mode de désignation du corps législatif, afin de pratiquer ce que j'appelais « la démocratie équitable ». Il s’agit de répondre au déficit démocratique engendré par la non-représentativité de l’Assemblée nationale : 4 fois plus de fonctionnaires que dans l’ensemble de la société, 3 fois moins d’employés, 10 fois moins d’ouvriers non qualifiés, pas de familles représentées, pas de chômeurs etc. Et pour mettre fin au régime idéologique des partis, je suggérais que la représentation des grands corps constitutifs de la nation fût réellement assurée. J’en retenais quatre parmi ceux qui pourraient représenter le mieux l’ensemble de la société française : les salariés, les entrepreneurs et professions libérales, les collectivités territoriales, et les familles. Mais bien sûr, tout est perfectible.

    Les élections se dérouleraient à l’échelle du département, devenu la circonscription électorale. Chaque collège (salariés auxquels se joignent les chômeurs, entrepreneurs, collectivités, familles) élit un représentant par département. Ces représentants siègent au Conseil régional, devenu une véritable instance de décision ; ils y représentent leurs collèges. Dans le souci d’assurer la continuité du pouvoir, ces mêmes députés siègent à l’Assemblée nationale par groupes de régions, et au sein de ces groupes, par collèges. Ces députés seraient élus sur le mode du mandat impératif, c’est à dire qu’ils sont les représentants du collège de leur région et ont pour mandat de représenter ce collège : en tant que députés (je ne parle pas encore du Sénat) ils ne seront plus les représentants de concepts abstraits, comme celui d’être un « élu de la nation », mais de réalités concrètes. Autrement dit, le député devra avant tout répondre de ses actes devant ses électeurs et non pas devant les consignes de son parti. Enfin, les tendances idéologiques ne pourront pas se recréer à l’assemblée, car les députés se retrouveront regroupés par régions et par collèges, quelle que soit leur idéologie.
    Cette réforme aboutit à rendre les députés au peuple, recentrer l’Assemblée nationale vers les problèmes concrets de tous les jours, assurer une représentation plus juste et équitable du peuple, et réaliser ainsi le vieux rêve des hommes de 89 : donner une assemblée nationale à la France.

    Le Sénat est élu au suffrage universel, afin de représenter les tendances idéologiques de la France.
    Le rapport entre les deux chambres, prévu par la Constitution de la Ve République, est maintenu.

    Le Parlement pris dans son ensemble est donc chargé de voter les lois, d’examiner, et éventuellement de censurer, l’action du gouvernement.

    Vous voyez que ma réforme allait plus loin qu'un simple couronnement de la Ve.

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    15 Décembre 2016
    Royauté-News : Paris-Match, cette semaine, interviewe Laurent Voulzy et Alain Souchon. Un passage donne ceci, (Clic!) et attend votre avis.

    Yves-Marie Adeline : - Nous sommes en quelque façon revenus cent ans en arrière, quand au début du XXe siècle des personnalités de premier plan n'hésitaient pas à affirmer leur attachement à la royauté. Qu'un ministre des finances en exercice s'affiche clairement favorable à ce régime - Macron - c'est quelque chose d'inédit ; que des chanteurs en vue comme Voulzy, ou d'autres professionnels reconnus dans le monde des variétés fassent le même genre de déclaration, c'est encore une nouveauté. La seule différence réside peut-être dans le niveau culturel, mais après tout c'est proportionnel à notre régression intellectuelle et artistique. Il y a cent ans, Proust se déclarait lecteur de l'Action française, aujourd'hui Voulzy (je pense aussi aux paroles ambiguës de sa chanson Jeanne : "des siècles nous séparent" ...). Toute la question est de savoir si ce sentiment qui grandit peut-être peut se transformer en force politique.

    RN 1 : Justement, je souhaitais vous parler de Macron. Peut-on parler de divine surprise le concernant, puisqu'il veut sincèrement rassembler tout le monde sans les a priori classiques des personnages politiques, et parce que son "background" est naturellement éloigné de l'idée monarchique... Peut-être, cet éloignement doit-t-il finir par susciter, si l'on s'avise d'en organiser les conditions, une prise de conscience chez nos contemporains, selon la durée variable de résorption d'un système devenu vide et dangereux ? Ses propositions en tous cas renversent la sémantique ordinaire et il peut culbuter des blocages de la société française, allant au-delà du réformisme de façade. Partant, "les monarchistes" peuvent-ils jouer selon vous la carte Macron, tout en demeurant eux-mêmes ?

    Yves-Marie Adeline : - Je ne pense pas. D'abord Macron attire beaucoup de gens différents, ce qui en soi est une démarche royaliste, mais la plupart de ceux qui le rejoignent ne s'intéressent pas à cette question. Ensuite dans notre régime il est extrêmement difficile de faire de la politique sans avoir de parti avec soi, donc je doute que Macron passe le premier tour, qui dans l'état actuel des choses lui garantirait la présidence. Enfin, Macron ne se prononce pas encore sur des sujets brûlants comme l'insécurité et l'islamisme; or ces sujets peuvent s'imposer dans la campagne, surtout si nos services ne peuvent éviter de prochains attentats. D'ailleurs à l'insécurité tout court s'ajoute l'insécurité sociale, et dans ce contexte Macron a une mauvaise image.


    Royauté-News : Un mot sur cette fusion de quatre arrondissements parisiens ?

     - Dans la perspective du Grand Paris, je ne vois pas comment cette fusion des quatre premiers, les plus petits, pouvait être évitée.


    Site : La subsidiarité, que Giscard d'Estaing avait introduite comme l'un des fondements de sa Constitution européenne, est une idée monarchiste, et en particulier, une idée royaliste de base. La présence de cette idée, reprise parfois comme une des conditions de l'harmonie, n'est-elle pas une chance extraordinaire pour le royalisme, qui devrait alors surfer sur les idées, et en particulier sur celle-ci ? 

    - La subsidiarité pratiquée par l'Europe va dans le sens inverse de la subsidiarité royaliste telle qu'elle a été exposée par Bonald. Loin s'être subsidiariste, l'Union européenne arrache le pouvoir aux Etats membres pour tout régir à leur place, jusqu'à prétendre se mêler de choses absurdes, comme la cuisson du fromage ou le format des prises électriques. La subsidiarité suppose de laisser plus de liberté à la base ("les libertés en bas, l'autorité en haut", dit Bonald), tandis que l'Union européenne confisque 90% du pouvoir législatif des Etats membres.

    Royauté-News : Cette question est inséparable de celle-ci : Partagez-vous notre idée que les royalistes, ou du moins, un regroupement de quelques mouvements et de quelques personnalités, se dote d'un unité de communication qui fait défaut, et a toujours fait défaut, et pour exposer les éléments de base partagés par tous les courants ?

    Yves-Marie Adeline : - Oui, bien sûr, mais c'est difficile en-dehors d'un parti unitaire comme l'Alliance royale. Le couple Dejouy avait tenté une démarche dans ce sens, en demeurant indépendant de tous les courants ; je ne sais pas ce que c'est devenu, m'étant retiré il y a maintenant plus de huit ans.

     

    Le Site : Partagez-vous l'idée que la liberté individuelle, qui n'a jamais été aussi étouffée, doit être défendue de la façon la plus acharnée par tous, mais aussi par les royalistes, qui par surcroît y gagneront une "rédemption" au regard de tous, pour ceux du moins qui furent compromis aux époques sombres ? 

    - Tout Etat, et même toute société, a tendance, volontairement ou non, à réduire la liberté individuelle. Cela se comprend au regard du bien public, si l'on rappelle que la liberté de soi s'arrête à celle d'autrui, mais la tendance est d'aller au-delà. En tant que chrétien, j'ai hérité d'une parole christique libératoire, mettant en avant ma conscience plutôt que la seule raison des Grecs. Deux mille ans après le Golgotha, cette parole n'est toujours pas bien comprise, et peut-être ne le sera-t-elle jamais complètement, car il est aussi dans la nature de chacun de chercher son salut dans les institutions, quitte à abdiquer sa souveraineté, celle de prêtre, prophète et roi, que nous portons en nous par la grâce de Dieu. Il faut dire que la liberté est un feu, et devant le feu, le plus facile est d'être lâche.

    Pour en rester au plan politique, je n'ai jamais regardé le roi comme un dictateur, le roi est le roi, au-delà des différents régimes possibles. La dictature est un régime dicté par les circonstances, inventé par les Romains qu'ils prévoyaient de courte durée, voué au salut public. C'est d'ailleurs ce qui est prévu à l'article 16 de notre constitution républicaine.

    Ce qui nous menace le plus aujourd'hui n'est d'ailleurs pas la dictature, mais l'uniformisation mentale. Elle est réalisée en grande partie.

     

    Le Site : Le président, en France, est avec le numéro 1 chinois, sans doute le seul à disposer du droit de décider seul la guerre, assorti d'un délai de trois mois durant lequel aucun contrôle ne s'exerce. Malgré votre attachement au rôle de décision dont doit bénéficier le président, n'y a-t-il pas dans ce cas particulier, n abus considérable, surtout entre les mains de personnages dont on sait bien qu'ils ne sont que les mandataires  de puissances "qui dictent leurs lois aux états", comme le déclarait Chirac (1976 ; Appel de Cochin) ?

    - Vous devez tenir compte du fait que la France fait partie du club fermé des cinq principales puissances nucléaires, comme la Chine et trois autres puissances (USA, Russie et Grande-Bretagne). Plus exactement, elle vient en troisième, derrière les deux géants américain et russe, mais sa capacité de destruction est totale, non seulement par le nombre de ses ogives, mais encore par les moyens qu'elle dispose de les transporter, que la Chine ne possède pas. L'Angleterre est un pays un peu à part, laissant sa sécurité sous la dépendance américaine; cela dit une indiscrétion datant de quelques années a fait connaître au monde que le feu nucléaire était placé sous le doigt du seul chef de l'Etat, la Reine.

    La constitution gaullienne, dont nous avons déjà dit ce qu'elle avait de royal, institue le chef de l'Etat chef des armées, ce qui a profondément bouleversé la culture républicaine de l'armée française dans les années soixante. Je n'ai pas d'objection à cela, considérant, après les Achéens qui, tenus en échec depuis dix ans devant Troie, ont enfin résolu de se donner un chef unique, que la guerre se gagne à plusieurs, certes, mais autour d'un seul chef.

     

    Le Site : Du scandale de l'Etat d'Urgence, et de sa reconduction à volonté au point qu'il est devenu un état permanent ; votre opinion sur cet situation, et sur son efficacité pour défendre la population contre des terroristes si bien élevés dans le sérail par des politiques innommables ? Et notre sous-question : Si ce n'est, à notre sens, qu'une nécessité stratégique façonnée par les autorités pour imposer une chaque de plomb sur toute liberté et contrôlant, faisant, celle de penser ?..

    - Ce n'est pas l'Etat d'urgence que je crains, mais le fait que l'Etat s'appuie sur lui pour réprimer nos libertés, ce qui constitue un dévoiement du principe.

     

    Le Site : Y aurait-il une priorité, ou plusieurs, à laquelle vous voudriez voir souscrire le président, quel qu'il soit, qui sera élu en 2017 ?

    Yves-Marie Adeline : - Dans la pratique du pouvoir, il n'y a pas de priorité à proprement parler, on ne peut pas laisser tomber les valises sous prétexte de régler un problème en particulier, d'autant que, souvent, les choses sont liées entre elles. D'autre part, les défis que nous avons à relever ne sont pas seulement liés à notre vie nationale, mais à un contexte international. Les sujets préoccupants de manquent pas : sécurité, islamisation, médiocrité de la formation scolaire, chômage de masse, appauvrissement des classes moyennes, creusement vertigineux des inégalités, dépréciation du travail, condition paysanne, manque d'un deuxième porte-avions, dette publique, rétrécissement de nos libertés, etc., etc. : choisissez là-dedans une "priorité"...

     

    Royauté-News : Merci !

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