• France : l'évidence s'acclimate : à quand une monarchie ?

    La Rédaction

    Plusieurs artistes, animateurs, comme Ardisson, ont déjà affiché leur préférence : elle va à la monarchie. C'est une tendance qui ne cesse de croître devant l'évidence de l'échec absolu d'une république qui n'a ni queue ni tête. Emmanuel Macron, l'an dernier, déclarait : « - Ce qui manque, en France, c'est un roi ».

    Dans Paris-Match cette semaine (8 au 14 Décembre), c'est au tour de Laurent Voulzy, qui réside en Angleterre et avait déjà énoncé sa sensibilité, en 2014 ; accompagné d'une remarque non moins intéressante d'Alain Souchon.

    « Paris-Match : ça manque, l'engagement, aujourd'hui ?

    Alain Souchon : Ça n'existe plus. Il n'y a que les Verts qui défendent une idée, celle comme quoi il ne faut pas trop abîmer la planète. Mais je ne voterai jamais pour eux, parce que par ailleurs ils nous (...). Avant on disait : "Les pauvres vont vivre mieux, on va tenir compte de leur misère." En fait, non, Mitterrand a tout foutu en l'air. Il n'y a plus d'idées, et donc, moi, je ne vote pas.

    Laurent Voulzy : Alain a raison, il y a néanmoins un manque de profondeur dans le quotidien. C'est pour ça que les artistes sont formidables. Peu importe l'artiste, mais au moins il fait vibrer les gens. Cela donne une force, au même titre que les prières communes. Si j'avais les larmes aux yeux quand Alain chantait "Et si en plus y'a personne", c'est parce que c'est plus fort que n'importe quel discours politique.

    Alain Souchon : C'est une exaltation un peu supérieure... Comme quand on voyait Charles de Gaulle à la télévision, on se disait : "cet homme est un héros." Quand Pompidou citait les poètes, on était impressionnés. Mitterrand faisait très bien le roi de France. On a perdu tout ça.

    Laurent Voulzy : On manque d'altitude. C'est pour ça que je suis pour la monarchie constitutionnelle. Les Anglais ont beau se foutre sur la gueule, au-dessus de tout ça, la reine apaise les conflits. »


  • Commentaires

    1
    TR
    Jeudi 15 Décembre 2016 à 18:04

    Je crois qu'il ne leur manque plus que quelques livres d'Yves-Marie Adeline, pour saisir la différence entre constitution et institution, parce que le reste y est...

    Nous avons en France un certain nombre de principes institutionnels, qui font partie du génie français, et qui ont survécu à la Révolution.

    Par exemple, le principe fiscal du "chacun selon ses moyens", qui sous-tendait les montants de la taille en fonction des métiers, par exemple, et le fait que lorsque "l'impôt du sang" de la noblesse s'est affaibli, des "taxes qui n'en avaient pas le nom" (comme les droits de maintenue de noblesse) ont frappé les nobles eux aussi... C'est un principe foncièrement français, je crois, à la base.

    D'autres ont été dévoyés, certains avant la Révolution, comme les privilèges, qui correspondent normalement à des charges et/ou interdictions équivalentes, et qui dérivent du même principe de fond d'une société commune, qui appartient à tous les Français quel que soit leur niveau hiérarchique, et où chacun a sa place. Et peut en changer : un commerçant anobli avait les droits et obligations de la noblesse, et ne pouvait plus commercer, par exemple. Un Juif converti ou un Lombard naturalisé pouvait acquérir une propriété foncière mais ne pouvait plus prêter à intérêt, etc. Bien sûr cela correspondait à l'état de la société de l'époque, mais c'est bien différent des trop nombreuses sociétés où une caste assez étanche avait (voire a encore) tout les pouvoirs, sans tenir compte des conflits d'intérêts.

     

    Un autre principe qui fait partie du "génie français", et qui a été repris par la Révolution, c'est celui de la citoyenneté. Dans la société sumérienne, il y avait les citoyens, les mesquins et les esclaves, chacun avec des droits politiques proportionnels à leur devoir d'engagement pour la Cité (par exemple, un citoyen devait poursuivre un voleur même hors des portes de la cité, un mesquin jusqu'aux portes, un esclave pas du tout). On le retrouve à Athènes avec les citoyens, les métèques et les esclaves... Dans bien des pays le petit peuple est considéré comme esclave et n'a pas de "sens citoyen", ce qui n'a jamais été le cas en France, où nous n'avons pas non plus de "race des seigneurs" et de "race des esclaves", comme par exemple les Anglais depuis l'invasion anglo-saxonne, et encore plus depuis l'invasion normande, ou les Américains avec leurs "petits Blancs" et leurs Noirs descendants d'esclaves d'un côté, et descendants "d'immigrants" "bien nés" de l'autre — et il est significatif que Donald Trump soit un descendant de rois d'Écosse, mais apparemment pas de Vikings "superficiellement convertis" : son discours, bien moins extrémiste que celui par exemple de Ted Cruz, son rival aux primaires républicaines, a toujours été conspué par la presse, pas celui de Cruz. Nous, en France, sommes un seul peuple, les descendants des rois comme des nobles comme des roturiers comme des étrangers, et nous sommes tous responsables de notre société.



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