• Rocard, le legs d'un homme d'Etat

    Cet éditorial fait partie de la méta-rubrique Histoire contemporaine.

    Par RN 1

    Ironie. La mort de Michel Rocard en plein cœur de l'année Mitterrand. Un clin de l’œil de l'Histoire, à ces deux hommes qui n'ont jamais réussi à se rencontrer ? Un dauphin, espéré par un si grand nombre, jamais désigné, jamais reconnu, et qui n'aurait pas voulu l'être ! par l'homme qui a écrit l'Histoire de la Gauche au 20eme siècle.

    C'est le legs de Michel Rocard, dans sa pertinente et hallucinante actualité, que l'on aimerait voir se prolonger longtemps, celui du questionnement réformateur porté en une soif permanente et ardente, jamais démentie, plutôt qu'un Mitterrand trop circonscrit pour l'instant à une époque n'évoquant plus rien en nos nécessités, que l'on ne rappelle plus, en laquelle on ne chercherait pas à se réfugier. Et pourtant... Cette époque portait bien des rêves, bien des défis. Voyons ce que la répugnance du Système à ne jamais reconnaître son indicible nullité, sa nuisance permanente et sans bornes, a réalisé depuis et tout ce qu'il a empêché !

    L'homme du face à face avec de Gaulle, lui, avait questionné l'Histoire. Celui qui avait marqué la Gauche du 20eme siècle, n'avait pas réussi à rattraper l'évolution d'un monde qui nous échappe et qui échappe à lui-même, mais son questionnement n'était pas à la même hauteur. Son impassibilité devant les crises pouvait se jouer, alors, quand la France vivait encore sur les acquis d'une prospérité longue. 

    Mais Michel Rocard, lui, cherchait sans cesse à dépasser les crises. Et même si les réponses qu'il formulaient ne savaient jamais franchir la rampe, même dans son camp.

    Michel Rocard était un homme qui aidait son camp, qui ne travaillait pas contre lui. Cette seule rareté marque tout l'abîme qui le sépare des gens de Droite. Lorsqu'il souhaitait l'entrée de la Turquie dans l'Europe, il répondait à une utopie de Gauche, et peut-être à une vision, utopique aussi, du destin du monde, et que l'on retrouvait dans son désir que soient noués des liens avec la Chine dans la perspective d'un gouvernement mondial.

    Si la Gauche ne peut se réformer, et la Droite non plus, pas plus que ce Système de l'Hydre à deux têtes, Michel Rocard aura donné la marque d'une permanente sincérité, celle au sens grand d'un homme de bonne volonté.

    Il laissera aux Français ce questionnement, cette soif inquiète de l'avancée et des transformations. L'ancien dirigeant PSU, qui avait connu la notoriété après 68, a sans cesse donné, à Matignon et jusqu'à sa mort, l'image digne d'un homme d'état.


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