• Pierre Baudrier résout l'énigme Deschapelles

    La Rédaction

    Notre Site apprécie les énigmes historiques et s'est déjà intéressé à quelques-unes d'entre elles.

    Aujourd'hui, nous vous proposons un cas passionnant : celui de Lebreton Deschapelles, un véritable personnage de roman. Tout, absolument tout, est passionnant d'ailleurs, chez Deschapelles. Né en 1780, Alexandre Louis Honoré Lebreton Deschapelles est d'abord élève-officier à Brienne et commencera sa carrière militaire comme simple soldat et gravira plusieurs échelons2. Avoir perdu le poignet droit à la bataille d'Ettlingen, il deviendra un des meilleurs joueurs d'échecs de son époque, ainsi qu'un joueur professionnel de whist. Il est l'auteur du fameux coup Deschapelles, au bridge. Il a, entre autres, été immortalisé par Julien Gracq.

    Le mystère Deschapelles, si l'on veut bien l'appeler ainsi, avait en fait été ignoré jusqu'ici, faute d'avoir fait l'objet d'une étude approfondie. Il est enfin levé grâce aux travaux de M. Pierre Baudrier, passionné par le cas Deschapelles. Dès notre premier contact avec cette affaire, nous avons eu le sentiment que la question posée, d'emblée méritait absolument l'attention, et qu'elle consistait aussi un enjeu passionnant.

    Mais quel est ce mystère ? Deschapelles, au moment de l'insurrection des 5 et 6 juin 1832, a été considéré comme l'un de ses principaux artisans. C'était l'opinion de Gisquet, le Préfet de Police de l'époque. En effet, Deschapelles était le chef d'une société secrète républicaine : la Société Gauloise. Mais il est vite considéré comme un agitateur républicain, voire même, comme l'agent d'une « alliance carlorépublicaine contre-nature » contre le pouvoir de Louis-Philippe, et ne sera pas véritablement inquiété. Son nom sera de nouveau mêlé à la contestation de la monarchie de Juillet, et aux journées de 1848 (il est mort en 1847). Or Deschapelles appartient à la mythologie républicaine par sa contestation apparente de la monarchie de Juillet... Personne, avant Pierre Baudrier, n'avait encore démontré que cette hypothèse ne pouvait pas tenir. Selon lui, Deschapelles a toujours été guidé par sa fidélité à la royauté légitime.

    Selon son aveu, « l'historiographie officielle peine encore à reconnaître la réalité au sujet de Deschapelles », faisant allusion par exemple aux travaux de Thomas Bouchet : Les barricades des 5-6 juin 1832 ; publiés à La Découverte en 2014.

    Les travaux de Pierre Baudrier permettent de conclure que la conviction à laquelle il avait abouti, était totalement fondée. Appuyés sur une méthode d'observation pointue et sur une documentation d'archives assortie d'une critique étayée, ce joueur d'échecs et Conservateur en chef des bibliothèques est en train de voir aujourd'hui reconnaître, grâce à ses textes aujourd'hui référencés, la pertinence de sa théorie.

    Laissons la parole à Pierre Baudrier. « Je suis le premier à soutenir cette théorie :

    1° : à faire le rapprochement entre le prétendu républicanisme de Deschapelles et sa généalogie.

    2° à faire le rapprochement entre :

        a) le rapport Gisquet ;

        b) la lettre de Charles X ;

        c) le passage des mémoires d'Outre-Tombe. »

    Certains, autrefois, avaient laissé entendre que le cas Deschapelles était le centre d'un mystère. Mais Pierre Baudrier montre les liens les plus étroits qui existaient entre Deschapelles, à travers sa famille, et le roi Charles X et plus généralement, avec la famille légitime des rois de France. Mais aussi avec le maintien de contacts, sous tous les régimes, entre eux, dont bien sûr Deschapelles et la famille royale et certains de ses plus proches fidèles, notamment avec le Duc de Fitz-James. Sa sœur, Caroline O'Heguerty, a épousé un écuyer de Charles X. Un enfant né de cette union sera l'écuyer du Comte de Chambord, un autre, celui de Madame Royale.

     

    Ci-dessous ; la comtesse Caroline O'Heguerty, petite-fille1 de la sœur de Deschapelles. Il s'agit d'un portrait réalisé par le peintre Mánes.

    Baudrier

     

    Baudrier

    Baudrier

    Fin de notre premier article sur les travaux de Pierre Baudrier.

    1. Nous avons rectifié le 15 février une erreur du dessin : il s'agit, non de la sœur de Deschapelles, mais la petite-fille de celle-ci, qui portait le même prénom que sa grand-mère.

    2. Modification sur le début de carrière de Deschapelles de notre article initial.


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  • Commentaires

    1
    Baudrier
    Vendredi 31 Mars à 10:27

    Dans un rapport, c'est le préfet de police lui-même qui démasquait l'intention de Deschapelles et des légitimistes de rétablir la république pour, à la suite de troubles artificiels, la faire évoluer vers un rétablissement de Charles X sur le trône. Et, ma foi, en 1832, alors que la soeur de Deschapelles vivait dans l'entourage du comte d'Artois depuis 1793, soit 39 ans, on imagine mal Deschapelles avoir poursuivi un autre objectif que ce retour de la branche aînée. Une autre attitude de Deschapelles aurait consisté en une trahison inouïe de son milieu d'origine même si la personnalité de Deschapelles laisse perplexe : républicain ?, légitimiste ?, policier à d'autres époques.

     

    Voir sur Internet "Charles X et les barricades de 1832", "la répression de l'insurrection des 5 et 6 juin 1832"

    2
    Vendredi 31 Mars à 12:54

    Cette trahison n'est pas crédible, à notre avis elle ne peut même pas être envisagée, et votre théorie est fondée sur ce qu'il y a de plus solide. Sa confirmation par des sources documentaires la garantit encore comme la plus sûre. Merci de votre complément en attendant notre second article.

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