• Manuscrit du futur Louis XVIII vendu à Bordeaux

    Un manuscrit, rédigé en Janvier 1793 en Westphalie, par le futur Louis XVIII qui était alors le Comte de Provence, sitôt après l'assassinat de son frère le bon roi Louis XVI, a été vendu à Bordeaux.

     

    Dans ce texte, il appelait les partisans de la monarchie, ainsi que la noblesse, "à structurer des bases politiques d'une contre-révolution pour reprendre le trône de France et installer la Maison de Condé au pouvoir". (1)

     

    Le Comte de Provence demande en effet au peuple de reprendre ses esprits pour permettre le retour d'un roi providentiel, le petit Louis XVII, son neveu. Et il envisage que si ce dernier venait à disparaître, tandis que les autres membres immédiats de la maison royale se trouvent contraints comme lui à l'exil, d'unir leurs efforts pour l'installation sur le trône de la maison de Condé.

     

    Estimé à 5000 , ce manuscrit, qui avait réuni à Bordeaux amateurs et collectionneurs internationaux, et vendu par un propriétaire qui l'avait acquis en 2003 lors de la vente des souvenirs d'Alain Bancel sur Louis XVII et la famille royale, a été adjugé 6 665 par la maison Briscadieu le 3 Juillet 2014 à un acquéreur anonyme.

     

    "Nous voulons vous rendre à notre sainte Religion, qui seule peut vous rendre meilleurs dans le temps et heureux dans l'éternité. Nous voulons vous rendre à la Monarchie, à notre antique Constitution, parce que nous sommes convaincus (...) qu'elles seules peuvent vous rendre heureux et votre bonheur fut et sera toujours, le plus cher objet de nos voeux."

     

    Ce document ne laisse aucun doute sur le sentiment qui prévalait en ces années funestes. La légitimité française, après le petit Louis XVII,  le Comte de Provence et le Comte d'Artois, les deux frères de Louis XVI, ainsi qu'au Duc de Berry, fils du second, s'identifiait à la maison de Condé.

     

    (1) et non : "réinstaller", erreur du journal Le Parisien.


  • Commentaires

    1
    TR
    Mardi 8 Juillet 2014 à 16:07

    Les erreurs sur la légitimité ont été très fréquentes...

    Pourtant le même Louis XVIII, si l'on en croit le journal de Louis-Philippe, en avait une vision beaucoup plus claire à la fin de son règne, démontrée lors d'une discussion amusante entre ces deux hommes à propos des chances des Bourbons d'Espagne de faire valoir leur position légitime en cas de mort sans enfant du duc de Bordeaux, le futur comte de Chambord... les deux sachant pertinemment que Louis-Philippe avait bien l'intention, en pareil cas, d'usurper le trône, il s'agissait donc d'une discussion sur les chances de réussite d'une telle usurpation. Finalement Louis-Philippe n'a pas attendu la mort du duc de Bordeaux mais a usurpé le trône lui-même, principalement au moyen d'un coup politique génial, le Milliard des Émigrés, conseillé par lui à Charles X, dont il a été (injustement) le principal bénéficiaire financier, avant d'en devenir le principal bénéficiaire politique, grâce à l'impopularité de cette mesure. Louis-Philippe a inventé l'Émigré-business, la fausse victime s'enrichissant au nom des vraies victimes, plus d'un siècle avant le Shoah-Business.

    Pourtant, des deux, c'était bien Louis XVIII l'esprit le plus fin, mais Louis-Philippe était tellement avide, d'argent, de positions, de sécurité, que cela donnait des ailes à son esprit. Aucun des deux n'avait une moralité irréprochable, au demeurant.



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