• Le Moyen-Age et l'argent - Jacques Le Goff

    Le Moyen-Age et l'argent  -  Jacques Le Goff (†2014)

    tempus ;  31 janv. 2019  (2010) ;  288 p.;   9€.

    Présentation officielle : Au Moyen Âge, l’argent répugne, l’argent fascine, et la monnaie est rare.
    « Dans cet essai, je veux expliquer quel a été le sort de la monnaie, ou plutôt des monnaies, dans l’économie, la vie et la mentalité médiévales ; et dans cette société dominée par la religion, comment l’Église a considéré et enseigné l’attitude que le chrétien doit observer face à l’argent et à l’usage qu’il doit en faire. Si l’argent a joué un rôle important dans la constitution des États, si les techniques financières et bancaires ont progressé, si le commerce s’est largement développé, le Moyen Âge, faute d’un marché global, n’a pas connu ne fût-ce qu’un précapitalisme, même à la fin. C’est pourquoi son développement économique a été lent et limité, en dépit d’îlots de prospérité. Au Moyen Âge, donner de l’argent est aussi important que d’en recevoir, l’esprit de charité l’emporte sur le désir de profit, François d’Assise sur Jacques Cœur. Aussi une crise comme celle d’aujourd’hui y est-elle inconcevable. »
    Jacques Le Goff

    Le Moyen Age et l'argent  -  Jacques Le Goff


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    1
    TR
    Mercredi 6 Février à 20:59

    "le Moyen Âge, faute d’un marché global, n’a pas connu ne fût-ce qu’un précapitalisme, même à la fin"

    Si l'on prend l'ensemble de la chrétienté, c'est peut-être vrai, mais si l'on pense aux Lombards, aux Vénitiens...

    Quant aux crises, je ne sais pas si l'auteur a entendu parler de la faillite des banques florentines Bardi et Peruzzi en 1345, à la suite de changements de parité entre l'or et l'argent sur lesquels ils spéculaient? A quelle crise "d'aujourd'hui" pourrait-on comparer cette crise majeure, dont certains pensent qu'elle a eu un rôle dans la gravité de la Grande Peste?

      • Jeudi 7 Février à 00:58

        Ce qui est très gênant dans cet extrait, c'est justement ce passage-là, sorte de bombe où Jacques Le Goff semble justifier le Capitalisme et même "le marché global", sans prendre la précaution de nuancer le premier terme... C'est assez malvenu pour un historien de cette trempe.

        Les précisions que vous apprtez remettent de l'équilibre dans un propos qui mélange beaucoup de choses et qui étire des notions incompatibles les unes avec les autres ou les projeter de manière anachronique. Comme presque toujours, les historiens de la génération de Jacques Le Goff, même les plus illustres, cherchent à tirer leurs démonstrations à partir d'une idée préalable.

        Son idée que le développement du Capitalisme -contestable comme vous le montrez - aurait dû surgir plus tôt est un insupportable et révoltant anachronisme, qui dément son propre argument puisqu'elle feint d'ignorer le développement sans précédent du paupérisme enclenché par le développement du Capitalisme au XIXème siècle.

    2
    TR
    Jeudi 14 Février à 18:20

    Le paupérisme à mon avis, ne vient pas du capitalisme lui-même, mais de sa toute-puissance. C'est à dire, du capitalisme pris au sens d'idéologie et non simplement d'économie de marché.

      • Jeudi 14 Février à 20:33

        Exactement : de sa toute-puissance, et de l'idéologie qu'il supporte.

        A l'époque récente, et aujourd'hui, c'est la confusion subie, mais non ressentie par la masse des gens de droite, qui adhèrent par définition au Capitalisme compris comme économie de marché, tandis que tous les leviers jouent une partition radicalement différente voire contraire ; la prospérité générale étant inscrite dans l'économie de marché et jusque dans une certaine limite, la libre concurrence, alors que le Capitalisme actuel, déjà dévoyé dans son principe,  transformé vers une version dure, est couplé au Libéralisme ambigü et idéologisant.



    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :