• La mort de Jean Raspail

    La Rédaction

    La mort de Jean Raspail

    La mort de Jean Raspail touche une bonne partie des Français, bien au-delà des royalistes. Pour notre part nous lui consacrons un article en raison de l'univers Araucanien auquel il fut mêlé pour le meilleur puis pour la dispute.

    Les thèmes de ses romans contiennent certainement de profondes vérités foncières. Nous n'entrerons pas dans la sphère des idées politiques, dont, on le sait ! nous ne nous occupons pas. Saluons un écrivain engagé, courageux, qui aura marqué les idées du 20ème siècle et jusqu'à ce jour, et qui continuera d'emplir de son aura l'univers de la pensée et de la littérature. Jean Raspail n'appartient pas, surtout aujourd'hui, à une fraction politique, on peut s'inspirer de sa pensée, même lorsqu'on ne fait pas cause commune avec des factions hautement contestables...

    On sait que nous suivons l'actualité du Royaume d'Araucanie, et il nous revient légitimement de dire notre opinion au sujet de la séparation cruelle dont Jean Raspail fut à l'origine après qu'il ait été un collaborateur fidèle du prince Philippe d'Araucanie.

    La fiction créée par Jean Raspail, le Consulat Général de Patagonie - d'ailleurs honorable mais sans aucun lien avec l'authenticité du Royaume ni avec l'Histoire - a trouvé son existence dans une dispute entre le Prince Philippe et Jean Raspail : c'est la publication de l'ouvrage Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie, qui connut un succès si grand et qui fut honoré du Grand prix du roman de l'Académie française en 1981. Cet ouvrage mit le feu aux poudres car dans ce roman dont il n'est pas question de remettre en cause la qualité littéraire, le héros, Antoine de Tounens, était maltraité, dépeint comme un faible, dans un récit non historique, peu conforme aux évidences et à la personnalité du personnage décrit.

    Cette dissension est peu connue du public, puisqu'elle fut vécue au sein du Royaume d'Araucanie et de Patagonie. La constitution d'un organisme sans rapport moral ni historique avec l’œuvre d'Antoine de Tounens, fut un drame pour le Royaume d'Araucanie. Alors que son principe repose sur la défense des Indiens d'Araucanie, le Consulat Général, lui, a toujours affiché son absence d'intérêt pour cette cause qui fut la raison même de la vie d'Antoine de Tounens et de ses successeurs !

    Le soubassement idéologique du Consulat Général est de nature politique et n'a aucun lien proche ni lointain avec le Royaume d'Araucanie et de Patagonie. Il a été influencé par des écrivains antérieurs à Jean Raspail, et la « Patagonie » de Jean Raspail fut le lieu intellectuel d'un certain  nombre de Français qui se ne reconnaissaient plus dans les errances et contradictions modernes de leur pays. Il s'agissait pour eux de se rêver, de se projeter en un univers de l'esprit. Symboliquement, celui qui se reconnaît dans la démarche raspalienne se constitue une appartenance idéale et dans l'esprit, dans un lieu inaccessible car non sali par la triste réalité décevante de l'Occident. Il est dommage que cette vision très honorable et très pertinente, et qui n'est pas à contester, ait éprouver le besoin d'exister en niant au Royaume d'Araucanie, à partir d'une blessure d'amour-propre, sa légitimité et ce drame fut de porter atteinte à l'authenticité et à la réputation, en singeant un certain nombre de signes (décorations, drapeau copié sur le drapeau du Royaume...). Peut-être, la vie d'Antoine de Tounens, et sa mémoire, méritaient mieux que ce nihilisme et ce désabusement !

    Il ne faut pas ignorer qu'à côté des « purs », d'autres personnages, douteux, se sont introduits dans l'organisation Raspail... comme dans toute organisation.

    Nous espérons que l'avenir inspirera les authentiques raspaliens et qu'il trouveront le chemin qui leur permettra de renouer avec leurs origines, ignorées ou connues.

    Selon M. Tulli en effet, le bras droit de Jean Raspail dans la mouvance du Consulat Général, et qui nous répondait voici cinq ans, pour un authentique Patagon, tel qu'ils se nomment, il ne peut se concevoir de suite après Jean Raspail. Sa démarche, son univers, sont fixés dans un Temps. Pour notre part nous ne doutons pas que l'esprit de réconciliation manifesté par Philippe, actuel successeur du prince d'Araucanie, aura été sensible à Jean Raspail, qui a désormais l'Éternité pour inspirer l'avenir et apaiser les blessures.

     

    Nous avons appris tout-à-l'heure que le Royaume d'Araucanie et de Patagonie fera célébrer une messe pour le repos de l'âme de Jean Raspail à Saint-Nicolas-du-Chardonnet qui était l'église que l'écrivain fréquentait. Et qui était celle aussi du Prince Philippe...


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  • Commentaires

    1
    TR
    Samedi 13 Juin à 19:19

    C'est d'ailleurs par un article à son sujet, que j'ai connu le Royaume d'Araucanie.

      • Samedi 13 Juin à 20:11

        L'attention remarquable qui aurait dû bénéficier au Royaume dans sa cause humanitaire et historique a malheureusement été détournée par la démarche de scission de Jean Raspail. Que son esprit désormais bénisse l'avenir et lui rende justice !



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