• Belge de naissance, issu d'une illustre famille d'origine française, et lui-même redevenu français, Son Excellence le Marquis de Thoran, président du Conseil aulique de l'Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem, dont le Grand-Maître, aujourd'hui émérite, est depuis 2004 le Prince Charles-Philippe d'Orléans, est depuis longtemps l'un des proches du Comte de Paris dont il demeure attaché à défendre les intérêts. Voici quelques années, il a fondé avec lui l'IMRF, l'Institut de la Maison Royale de France.

    Ce que l'on pourrait dire de sa famille, tant il est riche, ferait l'objet d'une longue série à part.

     

    Ces entretiens n'ont pas la forme d'une interview classique faite de questions et de réponses. La discussion à bâtons rompus sur différents sujets ainsi que l'évocation d'éléments personnels n'aurait pas permis cette formule, et surtout, la culture classique et la réserve diplomatique de celui que nous présentons favorisaient plutôt la synthèse. Satisfaction de constater que la vision de ce fidèle défenseur du Comte de Paris souvent approchait la mienne.

    Tout est diplomatique chez lui. Européen par la naissance, il évoque avec aisance les questions les plus difficiles qui prennent alors un tour de facilité sur un fond de sérénité optimiste.

    Avant tout il invoque la simplicité. Simplicité dans les rapports avec autrui, à l'image des grands rois d'autrefois. La manière dont il se veut ouvert au village, dans sa province.

     

    Pour lui, il faut mettre au contact du Peuple français sa richesse historique, qu'au fond il ne connaît pas vraiment, afin qu'il la redécouvre  profondément et puisse à la fois la comprendre et s'en imprégner. Et par là, comprendre ( et redécouvrir) son passé. Un passé certes abimé par l'image négative transmise depuis la Révolution, mais comme nous le verrons plus loin, il ne s'agit pas d'un obstacle insurmontable.

     

    "On retient le côté fastueux, mais Versailles est aussi la représentation de tout l'Art et de la conception d'une époque" dit-il.

    A l'évocation de la question centrale : le peuple est-il prêt à une Restauration ? , M. de Thoran estime que "les Français gardent une image de la France, et que le bon sens leur reviendra". Mais, précise-t-il, "nous ne sommes pas dans une époque de Restauration".

    Il évoque à ce propos un épisode qui m'est familier : le souhait du Général de Gaulle de voir lui succéder l'ancien Comte de Paris. Je pense par devers moi, à la fois que cette époque est ancienne et qu'elle n'est pas directement reliée au souhait nécessaire du peuple Français. Mais je comprends aussi que dans cette réponse, réside l'idée que la proximité d'une Restauration a été envisagée comme d'une façon naturelle, et que ceci répond aussi à la question.

    "L'Histoire, y compris de nos jours, nous montre que, partout dans le monde, les styles de gouvernement se succèdent les uns aux autres et qu'il n'y a rien de figé. Des royautés succèdent à des républiques, des républiques à des empires. C'est une mutation perpétuelle, en quête d'un système idéal".

    Sur ces questions évoquées pêle-mêle, de l'avenir dynastique français, il me dit : "Il existe un sentiment des Français. Lorsqu'une manifestation est organisée à Amboise, il y a foule." [ divers événements, dont notamment le Millénaire Capétien en 1987 ].

    Quant aux difficultés passées entre l'actuel Comte de Paris et son fils Jean, il estime qu'avec le temps, le sang prendra ses droits ( comprendre par : la conscience d'être un chef de famille ) et que toutes choses s'apaiseront, mais il semble qu'il veuille indiquer sans le dire que le moment de cette position n'y soit pas encore.

    Lorsqu'il rencontre les Princes, le Marquis de Thoran leur parle tout le temps de Louis XI, de son aveu le plus grand des rois de France. "C'est lui qui a façonné la France". [ Là encore, j'évoque ma crainte que l'image imprégnée dans l'esprit commun ne rende impraticable la vénération de ce roi connu pour ses cages de fer ]. Il donne en exemple la simplicité de Louis XI et son sens de l'approche de l'autre.

    Lorsque j'évoque l'année Henri IV (2010) il me cite cette anecdote historique : "Chevauchant pour se rendre au château de Boucart, Henri IV  trouve sur son chemin un jeune garçon et lui dit : -"Ou vas-tu ?  - à Boucart, répond celui-ci  - Monte en croupe", lui dit le roi. Arrivant à Boucart, tout le monde se découvre et salue le roi profondément. Le garçon s'exclame :  -Est-ce moi, le roué, qu'on salue ainsi ?

    A propos de l'Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem dont il est le n° 2, et au sujet des difficultés soulevées par certains qui remettent en cause la validité de l'Ordre [ que nous n'évoquerons pas ici ], le Marquis de Thoran estime que les choses sont en bonne voie.

    [ Pour ma part j'exprime ma satisfaction de cette partie des activités caritatives de l'Ordre, dont j'ai eu connaissance très récemment, l'aide apportée aux sans-domicile fixe. ]

    D'une manière générale, "L'esprit des vanités s'est écarté de Malte et de Saint-Lazare" me dit-il. [ De fait, la branche de l'Ordre jusque ici dirigée par le Prince Charles-Philippe s'est déployée vers l'action caritative, considérée comme insuffisamment présente auparavant ]

    La conclusion de cette évocation sera celle de M. de Thoran, "la France est un beau pays qui doit réapprendre à travailler". Elle trouvera ainsi les moyens d'aider ceux qui en ont besoin." 

     

    Le Marquis de Thoran en présence du Comte et de la Comtesse de Paris.

    (Cette photo n'existe plus. Elle est remplacée le 25 Juin 2016 par celle-ci .  Courtoisie aux Manants du Roi )

    Entretiens avec le Marquis de Thoran

    Nous ajoutons le 18 Juillet 2017 une image d'archives :

    Le Marquis de Thoran avec Le Comte et la Comtesse de Paris

    Entretiens avec le Marquis de Thoran


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  • Cybèle2

    Jeune photographe chic et chasseur d'images, Cybèle Desarnauts photographie bébés, femmes attendant un enfant, mariages.
    Elle a pris concience de la difficulté pour une femme d'être photographiée selon ses attentes lorsqu'elle attend un enfant. Elle prend des clichés empreints d'intimisme correspondant à la personnalité et aux désirs de ces femmes.

    Elle travaille avec des boitiers Canon 5D et 50D. Ses photographes préférés sont Duane Michals, Avedon, Irving Penn, Paolo Pellegrin, Martin Paar, Gregory Colbert, Koudelka.

    Son premier livre, Au coeur du Mistral aux Editions du Golfe vient de paraître : sur ce vaisseau de la Marine Nationale française, elle a embarqué pour saisir tous les aspects de la vie à bord. Une autre forme d'intimisme.


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    1 / Votre passion pour la photo est-elle antérieure à vos maternités ?

    Oui, j’ai commencé la photographie à l’âge de 14 ans, mon père m’a donné son Pentax Spotmatic argentique, avec un objectif 50mm à 1.4, qui l’avait suivi lors de ses différents voyages. J’ai appris la photographie seule, de manière intuitive. C’était ma première histoire d’amour. Puis, passage à l’école supérieure d’Arts Graphiques (ESAG Penninghen) où j’ai pu découvrir l’émotion et le plaisir de faire des portraits.

     

    2 /  Que vous a apporté l'école pendant cette très longue formation ?

    Je garde de merveilleux souvenirs de mon passage à Penninghen. École très académique, école de rigueur, beaucoup de nuits blanches… Cette école m’a appris la notion du travail bien fait, le perfectionnisme et aussi à chercher à faire et produire des choses qui me correspondaient réellement, à être en connivence avec mon cœur.

     

    4 / Outre les universels que sont les thèmes de la maternité, quels sont les grands thèmes qui vous attirent ?

    Tous les thèmes qui sont liés à l’humain, aux scènes de vie. Les photoreportages.

     

    J’aime par-dessus tout les regards, les mains. C’est ce qui me fait vibrer. Je trouve que ces parties du corps en disent long sur une personne, un caractère. J’aime les contrastes. Que ce soit de lumière, de caractère. J’aime l’inattendu.

    C’est bien pour que cela que je ne cherche pas à faire une “jolie” photo. J’aime être surprise par les événements mais surtout, saisir des choses plus inattendues. Comme la beauté à travers la fatigue, l’effort. Je n’aime pas les photos clichées, ce que je veux montrer c’est le vrai visage des sujets que je photographie. Je ne cherche pas à composer pour faire une belle image.

    Ce qu’il y a de magique dans la photo, c’est que parfois, l’oeil derrière l’objectif, on sait que LA photo va arriver. C’est une question de minute. Parfois, elle nous surprend. C’est toujours un mystère… Celui de l’instant. Celui où un regard saisi donnera toute sa force à la photo, sans ce coup d’œil du sujet, la photo n’aurait probablement pas été intéressante.

    C’est ce que j’aime dans la photographie. Nous sommes là pour immortaliser, saisir la beauté, la magie de certains instants, mais nous ne pouvons pas forcer l’image, c’est l’image qui vient à nous. Nous pouvons juste la saisir et l’imprimer sur un film.

     

    Si je devais dire un seul mot : Spontanéité. Je crois que c’est ce qui correspond le mieux à ma manière de travailler.

     

    5 / La photographie de marins a -t-elle été votre première occasion de grands clichés masculins ? Une anecdote à propos de ce travail un peu particulier dans un milieu plutôt masculin ?

    Pas particulièrement. Je ne cherche pas à me cantonner dans une voie particulière. Pour moi, hommes, femmes, enfants… Tout cela exprime la même chose. Des sentiments. Ce que je veux montrer avant tout, ce sont les émotions.

    D’ailleurs, beaucoup de gens étaient surpris qu’une portraitiste d’enfants, grossesse ou mariage se plonge dans un univers tel que la Marine. Beaucoup se demandaient quelle était la corrélation entre cet univers a priori extrêmement différent et ce qui avait pu faire en moi un tel déclic.

     

    Je n’ai jamais ressenti de gêne ou de malaise, du fait que je sois une femme dans cet univers militaire. En revanche, certains de mes amis étaient beaucoup plus inquiets de me voir embarquer avec 600 hommes à bord d’un navire militaire!

     

    La difficulté pour un photographe est de se rendre invisible et j’étais un peu inquiète quant à mes capacités à disparaître, femme, civile, embarquée sur un navire de la Marine nationale. Mais, après les questionnements de rigueur des matelots, un uniforme (indispensable !), j’ai expliqué ma démarche, et j’ai reçu un accueil extrêmement chaleureux, bien loin de la rigueur à laquelle je m’étais attendue.

     

    6 /  Conseils à un débutant ?

    - Croire en ce que vous faites. Ne pas se décourager en cas de refus, persévérer. Gagner sa reconnaissance est un travail de longue haleine.
    - Etre exigeant avec soi-même quant à ce que vous avez décidé d'accomplir.
    - Etre cohérent dans sa démarche artistique, chaque aspect de votre travail doit avoir du sens, de la conception jusqu'à sa réalisation.
    - Ne pas chercher à faire bien, à créer une jolie image. Pour faire une bonne photo, on doit être totalement connecté à soi-même.
    - Se cultiver, voir de l'art autant que possible. Se comparer aux meilleurs. Mais sans chercher à les imiter.

     

    7 / Le Noir et Blanc, résolument ?

    J’aime particulièrement le Noir et Blanc. Je trouve que cela donne une profondeur aux portraits, aux regards. Donc oui, résolument dans mes portraits. Mais je ne suis pas exclusive ! Certaines atmosphères ne peuvent se retranscrire que par la couleur, et d’ailleurs mon livre « Au cœur du Mistral » contient beaucoup de photos couleurs.

     

    8 / Votre conception personnelle de votre activité comporte-t-elle un enjeu social, dans le regard posé ou dans les choix ?

    J’aime le challenge et me dépasser. Et lorsque j’ai décidé de traiter ce reportage sur le Mistral, ce qui m’a le plus enthousiasmé, c’était de montrer un visage de la Marine que les gens ne connaissent pas, surtout lorsqu’ils ne sont pas de cet univers. Aujourd’hui, si on demande à quelqu’un, quelle image se fait-elle d’un marin, elle va répondre : un Commandant, en uniforme, sur un porte-avion. Cela peut sembler exagéré, mais tentez le coup, je ne suis pas loin de la vérité !

    Cet univers baigne dans les clichés, les images d’Épinal, et qui ne correspondent absolument plus à ce qu’elle est aujourd’hui. Je ne m’intéresse pas à l’action et aux techniques militaires. Ce qui me fascine, ce sont les Hommes. Cet univers. Tellement loin de l’image que les gens en ont. Univers où les valeurs sont fortes, où les hommes sont soudés, obligatoires pour qu’un équipage prenne bien, où la vie des uns dépend des autres. La Marine a changé, a évolué, mais son image est restée la même dans nos têtes.

     

    C’est un peu comme un challenge pour moi. J’ai compris qu’elle n’avait jamais été abordée sous cet angle-là auparavant, c’est pour cela que j’ai un véritable plaisir à le faire. J’ai l’impression d’apporter à ces hommes tout le mérite pour le travail qu’ils font. Car il y a des centaines de métiers dans la marine, et certains sont méconnus, et pourtant, quelles que soient les unités que j’ai photographiées, des plongeurs démineurs, aux marins pompiers, aux ateliers militaires, ces Hommes sont des passionnés. Comme j’en ai rarement vu, et c’est un véritable plaisir. Ils travaillent sans autre satisfaction que celui du service rendu.

     

    J’ai l’impression d’apporter un regard différent de ce qui a été fait jusqu'à aujourd’hui, quelque chose qui met en avant l’humanité de cet univers.

     

    9 / Avez-vous déjà exposé, ou espérez-vous le faire ? 

    Oui. Pour le moment le travail exposé est en lien avec la sortie de mon travail avec la Marine Nationale.

    - Merci !!!

    Le livre de Cybèle Desarnauts : Au coeur du Mistral
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  • Nous vous livrons la rapide interview de Nicolas d'Estienne d'Orves, dont nous avions présenté le dernier ouvrage, le petit NEO de la conversation (2009).

    Il est l'un des derniers dandys. Il a collaboré cinq ans au Figaro littéraire et au Figaro Madame, et sur France Musique. Prix Nimier pour Othon ou l'Aurore immobile, Prix Jacques Bergier  pour Fin de race, il est chroniqueur musical au Figaro et au Figaro Magazine, au Spectacle du Monde et à Classica.

    Ses livres :

    Le Sourire des enfants morts, Les Belles lettres, 2001, nouvelles

    Les Aventures extraordinaires de l’opéra, Les Belles lettres, 2002, essai

    Fin de race, Flammarion, 2002

    Othon ou l’Aurore immobile, Les Belles lettres, 2002

    Le Regard du poussin, Les Belles lettres, 2003, nouvelles

    Rue de l’autre monde, Le Masque, 2003, roman

    Un été en Amérique, Flammarion, 2004, roman

    La Sainte famille, Mille et une nuits, 2005  nouvelles

    Bulletin blanc ! : Autofriction, Éditions du Rocher, 2005,essai

    Les derniers jours de Paris, XO (Editions), mars 2009, thriller
    Le Petit NEO de la conversation, Quoi dire quand, Jean-Claude Lattès, 2009, essai

    Une écriture élégante et aérienne est la marque de ce jeune écrivain. Son paradoxe de l'andouille est un grand moment de la vie des sens. Il est en effet un fervent défenseur de l'andouillette, et pour ma part je lui donne raison !
    __________________________________________



    1/ L'élégance a-t-elle encore, sinon un sens et une utilité, mais une portée dans ce monde (de brutes) ?

    Si elle est réelle, l’élégance permet peut-être d’avoir du recul, de relativiser, de dédramatiser ; mais cela sert-il encore à quelque chose ?
             
                2/ Quel message délivre le Dandy aujourd'hui ?

    Il n’y a plus de dandysme ; il n’y a que des feux follets isolés.
     
     3/ Quelle place devrait revenir aux descendants des anciennes familles, et jouent-ils selon vous pleinement le rôle qu'on attendrait d'eux ?                        
    Aucune place : les temps ont changé. Aucun rôle : si ce n’est ne jamais renier sottement leurs racines.   
           
                4/  Quel est selon vous l'état de la culture contemporaine ?

    Jeux vidéos, téléphones mobiles, zapping. Et puis quelques livres, en francs tireurs…


                5/  Que pensez-vous des risques fait peser la numérisation des livres par Google ?

    Pas de grands risques, pour le moment ; le vrai danger ce sont les gens qui ne lisent plus.


                6/  La liberté des auteurs, notamment vis-à-vis des éditeurs, est-elle suffisamment protégée ?

    Jamais assez.

                7/ Quelles idées pourriez-vous suggérez pour remédier à la diffusion insuffisante de la Culture) et favoriser la lecture ?

    Revoyez le chef d’œuvre de Jean-Pierre Mocky "La Grande lessive", et appliquez-le au monde contemporain.
               
    8/ Quels sont vos éventuels projets d'écriture
    ou livres en préparation ?

    Une monographie sur Offenbach ; une fresque historique dans le Paris de l’occupation; une nouvelle policière sur le monde de la gastronomie; et quelques autres sucreries…

      - Merci !

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  • Nous avons déjà présenté ici récemment Valentine Pozzo di Borgo. Nous livrons aujourd'hui son interview.

    Brillante cavalière française, la fille du Duc Pozzo di Borgo et de son épouse, Sandrine Givaudan poursuit la prestigieuse tradition familiale maternelle au sein de Quintessence.

     

    La maison Pozzo di Borgo fut autrefois la rivale de Napoléon en la personne de Carlo Andrea Pozzo di Borgo, illustre personnage et homme d'état.
    Le père de Valentine a effectué la traduction en Anglais du livre de John Mc Erlean,  Napoleon et Pozzo di Borgo, évoqué voici quelques jours.

    La société de Valentine étudie des parfums sur mesure. On pourra découvrir directement Quintessence ici d'un simple clic.

                 

    Continuez-vous la compétition ? Après le Championnat de France l'an dernier, vous avez concouru dans d'autres épreuves et gagné à Mantes...

     

    Oui je continue toujours la compétition... Cela fait partie de mon équilibre. J'ai deux chevaux. J'ai remis mon titre en jeu il y a quelques semaines. J'ai fini 4ème. J'ai eu des petits problèmes d'embouchures mais j'espère pouvoir concourir encore une fois les championnats avec mon cheval qui se fait malheureusement vieux !

    Envisagez-vous par la suite de nouvelles activités avec les chevaux, par exemple devenir entraîneur de jeunes espoirs, ou dans un autre genre, faire courir ?

     

    Ce que j'aime dans le milieu équestre c'est cette complicité entre le cheval et son cavalier. Je veux que cela reste une passion, un plaisir alors je veux séparer mon activité professionnelle du sport. Je ne me vois pas devenir entraîneur je pense que je n'aurais pas assez de patience ! En plus, quand on est à pied, on est spectateur, c'est encore plus dur car on ne peut pas intervenir quand quelque chose ne va pas ! Je préfère être acteur que spectateur !!

     

    En tant qu'école de volonté, la compétition efface-t-elle le plaisir de la pratique sportive ?

     

    Non,  à mon avis, les résultats en compétition reflètent le travail et la volonté de travailler que nous mettrons pour y arriver ! C'est donc un plaisir de gagner une épreuve. C'est le travail de toute une équipe (entraîneur, groom, staff technique) et c'est une grande satisfaction de tous les voir avec le sourire aux lèvres quand vous gagnez une épreuve. C'est un sport où tout le staff est dans l'ombre mais ils sont nombreux !


    Un mot au sujet de votre entraîneur ? 

    Je travaille depuis 4 ans avec Manuel Malta da Costa un cavalier Portugais très exigeant !!

     

    Comment présenteriez-vous vos trois grandes activités ? Ont-elles une part égale ?  

    Je ne vois pas quelles sont les trois activités dont vous parlez. Je vois Quintessence et les chevaux ...


    Les soirées parisiennes ou les autres, ont-elles une place importante ?

    Non ! Je ne suis pas une grande Jet-setteuse comme on a tendance à le penser. Je préfère un bon dîner entre amis...

    Chez Quintessence, qui propose des parfums sur mesure et très étudiés, quelle est, dans cette démarche, la valeur qui prime ?

    Mon grand-père et mon arrière-grand-père sont des grands noms de l'industrie du parfum... Je me devais de respecter la tradition familiale. C'est pour ça que notre valeur première est la qualité du parfum.

    Une ambiance produite par la senteur peut-elle marquer profondément une fête, autant, ou plus que les composants habituels : musique, spectacles, etc. ?

    Le parfum est bien évidemment un composant important dans notre vie. Que ce soit dans les soirées, dans la rue, dans nos souvenirs... Notre mémoire associe à un moment de notre vie une odeur. Par exemple si vous passez dans une rue les yeux fermés, vous serez capable de savoir où est la boulangerie. C'est pour ça que le parfum prend une place de plus en plus présente dans les plans de communication des marques. Mais c'est vrai que le parfum n'est pas l'élément auquel nous pensons en premier lorsque nous organisons une événement ! Mais nous espérons bien que cela va changer...

     

    Les gammes que vous proposez, pour les bougies ou pour les événements parfumés par exemple, sont-ils accessibles à toutes les clientèles ? 

    Quintessence a deux activités:
     
    1. Nous créons des identités olfactives pour des marques. Nous dérivons ensuite l'odeur sur tous les supports parfumables. Nos quantités minimales pour le développement d'une odeur oscillent autour de 1000 pièces.

     

    2. Nous créons des collections saisonnières de bougies sur des thèmes particuliers. Nos deux premières collections ont été sur le thème du Royaume d'Agadé et sur la Suisse. Ces bougies sont accessibles à tous avec un prix entre 35 et 50 euros. Par aillleurs, nous développons des collections limitées faites par des artistes. Nous avons déjà travaillé avec Eric Schmitt, designer qui travaille entre autres pour Christian Liagaire. Nos collections de Noël de cette année ont été dessinées par Anne Rosat, artiste belge qui fait du découpage et Florine Asch, aquarelliste française.

    Les produits d'accueil tels que ceux destinés aux hôtels peuvent-ils être commandés par des particuliers ?

    Malheureusement non !!

    Les produits personnels, pour le bain, ou pour l'intérieur sont-ils eux aussi accessibles à diverses clientèles, de même que les petites séries, correspondant par exemple à un événement moins rare qu'un mariage ?

    Les produits personnels, pour le bain et pour l'intérieur sont aussi ciblés vers une clientèle professionnelle. Par contre, les petites séries permettent à des particuliers d'avoir leur propre bougie pour 50 pièces. Nous nous sommes concentrés dans un premier temps sur les mariages et sur les maisons. C'est une manière d'offrir un cadeau qui retient l'attention et l'odeur choisie en dit beaucoup sur l'ambiance que vous voulez transmettre.

    La création d'un parfum personnel est à la fois un très grand plaisir et un luxe plutôt rare. Pensez-vous que ce concept, qui ravira beaucoup de femmes, et parmi elles, les lectrices du site, puisse séduire ou révéler, beaucoup de femmes de goût ?   Quelle est la part du conseil offert dans l'élaboration d'un parfum personnel ? Comment celle pour qui il est composé est-elle aidée ? L'élaboration d'un parfum personnel est-elle proposée aux hommes ?

    Malheureusement c'est un service qui est encore destiné aux entreprises mais nous pensons le développer dans un futur proche pour tout le monde.

     

    Nous abordons maintenant tout-à-fait autre chose : notre époque. Qu'en diriez vous en quelques mots, de ses défis, de ses dangers, du bonheur ou non d'être dans celle-ci ?

    Je pense que le plus grand défi de notre société est de vivre avec son temps ! Nous sommes toujours très pressés et nous voulons avoir tout tout de suite. Je ne pense pas que c'est comme ça qu'il faut aborder notre temps. Par contre, ce que je préfère c'est la liberté de la société actuelle. 

     

    Quel regard portez-vous sur les très grandes familles d'aujourd'hui : sont-elles à la marge par exemple, comme on le dit parfois, et quel regard portez-vous sur la jeunesse qui en fait partie ? Leur manière d'exister ou de se manifester est-elle à la hauteur de ce qu'on pourrait attendre ?

    Concernant les grandes familles, je ne me sens pas très impliquée. Je pars du principe qu'il faut vivre sa vie dans son époque et qu'il ne faut pas regarder le passé. Ce n'est pas parce qu'on porte le nom d'une grande famille que nous n'avons pas les mêmes problèmes et les mêmes envies que tout le monde. Les grandes familles dégagent une image d'une vie facile, cela représente peut être un optimisme mais ce n'est qu'une image... J'ai été élevée dans une famille qui m'a appris les valeurs du travail, de la famille, de l'amitié, de l'éthique et ensuite nous avons chacun pris les directions que nous voulions. Si ces grandes familles avaient montré l'exemple et avaient été à la hauteur, il n'y aurait pas eu de révolution !! 

     

    Pouvez-vous évoquer quelques-unes de vos (grandes) aspirations ou quelques-uns de vos souhaits ?

    Pouvoir continuer d'exercer mes deux passions: l'équitation et le parfum...

    Merci !

    Valentine Pozzo di Borgo © News Agency

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