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    11 Photo DR © Albin Michel

     

    Isaure de Saint-Pierre est l'auteur de plus de vingt-cinq romans, dont parmi eux un certain nombre de romans historiques aux titres flamboyants et évocateurs.

     

    Entre autres, La dernière Impératrice, ou La Magnifique, ou encore Chirurgien de la Flibuste. 

     

    Parmi eux aussi, Bosie and Wilde - la vie après la mort d'Oscar Wilde, ou La Dame de coeur - un amour de Napoléon III, consacré à la Comtesse de Castiglione, ou encore, Raspoutine, le fol en Christ.

     

    Elle a publié en 2009 Bouthan, le royaume du Dragon, ainsi que  L'Impératrice aux chimères, et elle  vient de publier au mois de Mai 2011, Marie Stuart - La reine ardente.

     

    Après avoir collaboré à de grandes revues telles que Les Nouvelles Littéraires, Géo, pour laquelle elle rencontra le Dalaï Lama, Paris-Match, Vogue Hommes, VSD, Le Spectacle du Monde, elle a continué de partir autour du monde comme grand reporter free lance.

     

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    L'interview d'Isaure de Saint-Pierre  -

     

    -  La passion est certainement le maître-mot dans vos biographies. Est-elle le choix qui vous a guidée ?

     

    Talleyrand disait : « Tout ce qui est excessif est insignifiant ». Mais pour moi, les êtres sans excès ne suscitent guère un récit. J’aime Marie Stuart parce qu’elle était une femme douce et tolérante dans une période de brutalités religieuses, confiante parmi des politiques retors, fidèle en amitié dans une cour vénale et qu’elle prétendit vivre sa passion avec son Grand Amiral et l’épouser, en un temps ou une reine ne pouvait se marier avec l’un de ses sujets. Allant à contre courant des usages de son siècle, elle fut forcément sacrifiée, puis elle mit en scène une mort grandiose, qui en fit finalement le vainqueur de sa rivale, la reine Elisabeth Ier d’Angleterre. De même, j’ai aimé les Borgia («Les mirages de Naples»), une impératrice de Chine prétendument sanguinaire («La dernière impératrice») ou une femme allant jusqu’au bout de ses rêves (« L’impératrice aux chimères »). Et je sors en novembre prochain chez Albin Michel l’épopée d’une reine guerrière dans les Aurès algériens au VII è siècle (La Kahina reine des Aurès).

     

     

     -  Peut-on dire qu'elle est ce qui vous guide dans la vie ? 

     

    C'est vrai que la vie sans passion ne vaut pas pour moi la peine d'être vécue, mais il ne s'agit pas seulement de passion amoureuse, souvent vouée à une fin tragique. Je suis toujours passionnée par ce que je fais, ce que je vis. La tiédeur des sentiments ou des enthousiasmes ne me convient guère et je la comprends mal. J'aime les engagements, même s'ils peuvent se révéler dangereux. 

     

     -  Les héros de vos livres de vos romans sont-ils toujours des personnages extraordinaires, parfois avec un destin tragique ou original ?

     

    J'ai déjà un peu répondu à cette question dans la première. Pour les biographies, je choisis toujours des personnages extraordinaires et le fait de sortir du lot appelle souvent un destin tragique, ainsi Oscar Wilde, dont les amours sulfureuses ont causé la perte de sa liberté, de sa fortune, de ses fils, la Castiglione, l'une des plus belles conquêtes de Napoléon III qui refusa de demeurer dans l'ombre ou un chirurgien de ma petite ville de Honfleur qui partit en quête d'aventures sur toutes les mers du globe au temps de la flibuste («Bosie and Wilde la vie après la mort d'Oscar Wilde», «La Dame de Coeur», ou «Chirurgien de la flibuste»).  

     

     

     -  Cet attrait est-il ce qui vous a orientée vers le journalisme de reportage à travers le monde, d'abord pour de grandes revues, puis comme journaliste indépendant  ?

     

    Aînée d'une famille de cinq enfants, j'ai été élevée comme un garçon par mon père, l'écrivain Michel de Saint-Pierre. Après des études de Droit assez minables, je me suis dit que les dossiers n'étaients vraiment pas faits pour moi. Comme mon chirurgien de la flibuste, j'ai voulu courir le monde et j'ai souvent pris beaucoup trop de risques lors de reportages dans des pays agités, tels Israël ou le Yemen. Pourtant mon pire accident s'est produit bêtement, au-dessus de Megève, lorsque ma montgolfière a explosé contre un pylône à haute tension, s'est enflammée puis cratchée. Résultat, quatre mois d'hosto et de multiples opérations. Les médecins ne comprennent toujours pas comment je m'en suis sortie. C'est vrai que j'aime le danger.

     

     

     -  Portez-vous si c'est le cas, un regard sur la littérature contemporaine, et se porte-t-elle bien ?

     

    Ça m'est assez difficile de juger la littérature contemporaine française, les gros succès littéraires allant actuellement à des auteurs lus surtout par des ados (Frédéric Beigbeder ou Amélie Nothomb par exemple). Mais je comprends mieux les succès d'un Jean-Christophe Grangé dont certaines intrigues sont vraiment bien ficelées. Autrement, j'adore les thrillers des deux Patricia, Cornwell et MacDonald, ou l'étrange univers d'un Donato Carrisi («le chuchoteur») ou de Katarina Mazetti («Le mec de la tombe d'à côté») ou d'amusant récits érotiques comme les dix mille désirs de l'Empereur de José Frèches. Ce ne sont pas forcément les gros succès de librairie qui révèlent un courant littéraire. Il me semble qu'en ce moment, à cause du cinéma et des séries télévisées probablement, le public réclame une action rapide et de l'exotisme, de préférence aux romans français souvent plus intimistes. 

     

     

     -  Quelles sont vos découvertes ou passions que vous rencontrez en voyageant ?

     

    Quand je voyage loin et longtemps, j'essaie de préférence de dénicher des endroits peu fréquentés des touristes, des contrées sauvages et encore presque intactes telles que celles de l'Himalaya par exemple, où j'ai beaucoup vadrouillé, ce qui m'apprend à comprendre des civilisations fort éloignées de la mienne et des nos habitudes occidentales de grande consommation. J'aime me fondre parmi une population jusqu'à être acceptée, invitée aux cérémonies religieuses même les plus secrètes, aux mariages, dormir chez l'habitant dans des conditions souvent plus que précaires, partager la vie d'une famille, rendre compte d'un art de vivre peu connu. Mais j'adore aussi, pour une période plus courte, voyager moins loin et prendre le pouls d'une ville. Je viens ainsi de passer une semaine passionnante à Berlin, à me gaver de musées et d'expositions, à tenter de comprendre l'atmosphère de cette ville encore blessée par la guerre et son horrible Mur et ce dynamisme qu'elle inspire.

     

     

     -  Les personnages originaux que vous choisissez sont-ils toujours connus ?

     

    Pour mes biographies, je ne choisis pas forcément des personnages connus, je préfère même qu'ils le soient assez peu. Ce qui m'incite à écrire leur histoire, c'est leur destin, les choses rares, affreuses ou sublimes qu'ils ont pu accomplir ou vivre. J'essaie alors de voyage vraiment dans le temps, de m'imprégner des moeurs de leur époque, de connaître leurs goûts, leur lecture, musique ou art les ayant influencés. Aligner des faits sortis de leur contexte n'a bien sûr auncun intérêt, c'est pourquoi une biographie doit se préparer longtemps.

     

     

      -  Quelles sont vos préférences dans la mode, et en particulier avez-vous une préférence pour les années 80 par exemple ou pour les vagues suivantes ? Pour vous-même, les modes confortables ou l'élégance stricte, ou les deux combinées ?

     

    Ancienne babacool, car ma passion des voyages remonte à loin, je n'aime rien autant que m'habiller sur place, sans aller toutefois à me déguiser. Mais j'adore découvrir les créations originales des peuples que je rencontre, les essayer sur moi et souvent les adopter. Je ne quitte guère une veste en peau de chameau achetée en Mongolie (pauvre chameau, mais là-bas, ils les mangent), des tuniques brodées par des femmes gypsies du nord Cachemire, un vrai cachemire de la région fait avec le poil si doux de la gorge des biquettes. En baroudeuse, il me faut des tenues confortables de treck. Quand je sors, j'aime agrémenter un sobre pantalon noir d'une tunique délirante rapportée de l'autre bout du monde, j'en ai venant d'Ouzbékistan qui sont assez farfelues... Je ne suis guère à la mode française, mais j'admire un créateur tel que Christian Lacroix par exemple, car chacune de ses collections dégage une vraie atmosphère. 

     

     

     -  Pourriez-vous nous parler des grandes causes, si c'est le cas, qui attirent votre attention ?  ( nous allons parler des rhinocéros, des phoques et des pigeons )

     

    Je déteste bien sûr qu'on massacre la nature et surtout les animaux. Les pauvres rhinocéros tués pour la vertu soi disant aphrodisiaque de leur corne ou les malheureux ours dont on prélève la glande thyroïde pour les mêmes raisons, ces pratiques barbares me font horreur. J'ai vu sur un marché indien un poulet découpé vivant car ainsi la viande restait fraîche plus longtemps... L'esclavage des enfants me semble être l'un des pires fléaux du monde sans parler du pire de tous, les enfants soldats. J'ai souvent fait des reportages sur des enfants et demandé à mes lecteurs d'envoyer des dons à des ONG sérieuses que j'avais testées. Leur générosité m'a touchée. Je milite aussi, bien sûr, pour le droit des femmes et le port accru de la burka dans des pays tels que le Maroc ou la Turquie m'inquiète car il s'accompagne le plus souvent d'une diminution de l'instruction des femmes et de leurs droits. Je voudrais aussi que la peine de mort soit interdite dans le monde entier. Enfin, voyageant beaucoup, la notion de racisme continue de me stupéfier et je regrette infiniment que cela existe encore. Ça semble si périmé...

     

     

      -  Quelques-uns de vos projets littéraires ?

     

    J'aimerais à présent renouer avec le roman contemporain, le mode d'expression avec lequel j'avais débuté. On est vite catalogué en littérature et je voudrais bien n'être pas uniquement une romancière historique ou une biographe, mais c'est difficile à faire admettre à mes éditeurs, même si j'ai plusieurs romans bien différents en cours. Je m'essaie aussi au thriller, un genre très nouveau pour moi, car il ne s'agit pas d'avoir un sujet que l'on maîtrise, il faut aussi dénouer une intrigue et soigner sa fin, ce qu'un auteur best seller tel que Dan Brown semble ignorer (la quête des descendants du Christ et de Marie-Madeleine pour le "Da Vinci Code", c'est vraiment faible...).

     

      -  Merci !



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    Edmée De Xhavée est un auteur belge, qui a publié au début de l'année 2009 un premier roman, Les Romanichels. Issue de la grande bourgeoisie, cadre dans lequel elle évoque la saga familiale, avec jubilation les personnages riches en couleurs qu'elle a connus.  

     

    Elle est aussi un auteur de nouvelles, et a fait paraître  La brodeuse, dans un recueil, aux Editions Librisme.

     

    Elle a publié De l'autre côté de la rivière, Sybilla, son nouveau roman paru le 17 Mars 2011. Ici, se confrontent deux milieux, avec un autre regard. Un frère et sa soeur qui grandissent à l'abri de leur bourgeoise famille maternelle, protégés par leur gouvernante, Sybilla, et qui vont découvrir peu-à-peu la famille de leur père. 

     

    Edmée De Xhavée vient de revenir s'installer en Belgique, après quinze ans passés aux Etats-Unis.

     

    Son écriture, qui a la délicatesse classique, m'a conquis. Un petit quelque chose qui fait la littérature. Sa tournure poétique est parfois saisissante, lorsqu'elle évoque par exemple Superga, Le grand sommeil de la casa di Savoia .

     

    Ici pour trouver les ouvrages d'Edmée de Xhavée, ou en ligne ici  ou ici

     

     

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    L'interview d'Edmée De Xhavée -

     

     

         - Comment a pris naissance ta vocation littéraire consciente ?


    Quand la rédaction des "Romanichels" a été terminée, j'ai lu et relu le résultat. Je me demandais "Si je ne me connaissais pas et que je lisais ceci, aimerais-je?" Et j'aimais. Il était - et est encore - très perfectible, mais j'avais l'impression que c'était quand même pas mal et mieux que certains romans d'auteurs connus et encensés! Alors j'ai eu envie de le lancer dans le vaste monde et de vérifier la réaction de ceux qui, eux, ne me connaissaient vraiment pas!!!!


     - Quelle est l'idée qui t'a conduite à aboutir à ton premier livre, Les Romanichels ? C'est-à-dire à quel moment as-tu décidé de saisir sous forme de roman ces souvenirs ?

    Bêtement sans doute. Mon frère - l'auteur Vincent Sarti - avait décidé d'utiliser une partie de ses souvenirs pour en faire un roman. Par internet il m'envoyait chaque semaine ce qu'il en avait fait, et par jeu je me suis mise à canaliser mes souvenirs pour faire un roman tout à fait différent. Et je lui envoyais aussi le résultat. Nous avons donc écrit en même temps et avons terminé en même temps ! Lui comptait chercher un éditeur dès le départ, alors que moi, je voulais simplement faire un exercice.

     

     - Le patrimoine familial, avec son environnement culturel, comme est-il nécessairement la source de ton inspiration, est-il le fil d'Ariane ?

    Il l'a certainement été. Le fil d'Ariane pour sortir d'un labyrinthe social bien compliqué qui semblait vouloir me retenir prisonnière. J'ai constaté que l'écriture de ce premier livre a été cathartique, me guidant vers moi-même et me libérant du regard des autres. M'aidant aussi à comprendre des comportements qui, vus de l'extérieur et décrits comme étant ceux de personnages fictifs, se libéraient du manque d'objectivité dû à l'émotivité. Imaginer ma mère petite fille par exemple, ou jeune fille pleine d'illusions, m'a permis de voir la femme difficile qu'elle savait parfois être avec une compassion amicale.

       - Dans quel modèle d'écrivain, si c'est le cas, te retrouverais-tu, comme auteur ?


    On me compare souvent à Colette Nys-Masure, ou Jacqueline Harpman par exemple. Marie Gevers. Je ne connais bien que Jacqueline Harpman et je trouve que c'est très flatteur! Personnellement j'aime beaucoup Joyce Carol Oates, parce que comme moi (ou moi comme elle...) elle insiste sur l'incidence des vies les unes sur les autres. Une mère anxieuse, un père trop strict influenceront la personnalité de leur enfant qui à son tour réagira en reproduisant ou fuyant tout ce qui le leur rappellera.


       - Quels sont tes auteurs préférés, dans la grande littérature, ou parmi les bons auteurs actuels ?

    Je suis horriblement éclectique! En dehors de Jacqueline Harpman et Joyce Carol Oates déjà citées, j'aime - parmi d'autres! - Jumpa Lahiri, Louise Erdrich, Ian McEwan, Gustave Flaubert, James Welch, Georges Simenon, Alberto Moravia... Ces dernières années, vivant aux USA, j'ai automatiquement découvert pas mal d'auteurs de langue anglaise.
                            
       - Comment s'est présenté l'enchaînement du premier au second roman, quand tu as su que tu allais continuer ?

    J'ai enchainé tout de suite avec le second! Il faut dire que j'écris très très vite une fois lancée, j'ai mis deux mois pour le premier et deux pour le second. Plus les corrections, qui prennent plus de temps. Oh oui, j'ai tout de suite su que je voulais continuer!

       - As-tu souhaité engager une relation longue avec tes lecteurs ?

    Certainement, oui! Il y a un grand plaisir à me dire que si on aime mon style on attend que je sorte quelque chose de nouveau, parce que moi aussi au fond je guette les oeuvres que mes auteurs préférés publient. Je sais que je vais y trouver quelque chose qui m'est nécessaire et qui est pourtant parfois juste déguisé en ... distraction.


      - Peux-tu nous parler de tes objets littéraires ?

     

    J'ai écrit les deux romans, et le recueil de nouvelles qui sortira l'année prochaine. Puis une nouvelle assez longue (La brodeuse) a été publiée aux Editions Librisme en Suisse. Je participe aussi aux concours, non pas pour un prix (bien aléatoire!) mais pour le défi. En effet il y a un nombre de caractères, un thème et un délai à respecter, et c'est plutôt stimulant. Ca me conduit surtout vers des sujets que je n'aurais pas abordés autrement. J'ai aussi un blog (http://edmee.de.xhavee.over-blog.com) que je nourris chaque semaine, et j'ai collaboré pendant longtemps depuis les USA, à une rubrique sur le site de ma ville, www.bestofverviers.be, rubrique destinée à présenter mon coin du New Jersey à ma ville natale.

       ... et l'écriture de nouvelles est-elle aussi passionnante, et importante ?


    Je n'y ai pas encore vraiment pensé. Le prochain livre sera un recueil de nouvelles, l'écrire m'a enthousiasmée, je n'ai aucune idée de comment il sera perçu, je sais que c'est une autre approche...


      - Conserves-tu pour ce milieu une grande tendresse ? 

    Tout à fait! Je suis issue de ce milieu et il y a des "petites gens" partout, quelle que soit l'éducation et le milieu. Au fond tout revient à la simplicité naturelle que l'on a, et l'indépendance d'esprit. Je vivais dans une petite ville de province qui passait par un déclin tragique et brutal de son statut de ville riche à ville presque fantôme. L'argent changeait de mains, les puissants changeaient de nom, la roue tournait. Dans ce chaos la société existante se cramponnait à des étiquettes obsolètes, refusant d'affronter l'inévitable. En même temps, je réalise qu'avoir passé mon enfance et ma jeunesse dans de belles maisons et propriétés, avec des gens qui pour la plupart avaient des manières désuètes et charmantes, et souvent une vraie noblesse de caractère ... ce fut un honneur et un privilège. J'ai beaucoup de tendresse et souvent de respect pour ce milieu sauf s'il y a la moindre forme de snobisme ou supériorité "par droit de naissance". Je n'aime pas ça...

     

    Merci chère Edmée !

     

     


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  • v 5

     

    Personnalité lumineuse du monde équestre mais aussi du monde tout court, Virginie Coupérie-Eiffel, déjà aperçue sur le site, présentait du 3 au 5 décembre le Gucci Masters dont elle est l'ambassadrice depuis l'an dernier.

     

    Cavalière internationale depuis 1989, Championne de France de Saut d'obstacles en 2005, elle élève en famille des purs-sangs de compétition dans la propriété des Coupérie, Château Bacon, dans la région bordelaise. 

     

    L'ex-Madame Julien Clerc est une descendante de Gustave Eiffel du côté maternel, et de Fouché du côté paternel. 

     

    Virginie, la compagne de Charles Berling, a très gentiment répondu à nos questions.

     

    __________________________

     

    A quels cavaliers s'adressent les stages de Château Bacon, et quelles motivations essayez-vous de transmettre lors de vos stages ? Ont-ils pour but de susciter des vocations de haut niveau ?  

     

    - les stages s'adressent à tout cavalier de tout niveau, de l'initiation et de l'approche animale du cheval jusqu'au cavalier confirmé avec un esprit de compétition.

     

    Nous essayons de transmettre les valeurs fondamentales de «l'homme de cheval» que devrait être tout cavalier : comprendre son cheval, l'écouter, le respecter et savoir se faire respecter, le mot et le geste justes pour un ordre clair pour sa monture.

     

    Cela va du travail en liberté où l'on apprend le placement de l'homme par rapport au cheval jusqu'aux courses de saut d'obstacles où nous travaillons la technique du cavalier en passant par les cours de dressage où le cheval doit répondre aux demandes du cavalier.

     

    Tout apprentissage se passe dans la douceur et le plaisir d'être en contact avec cet animal si mystérieux qu'est le cheval.

     

    Parlez-nous de la rencontre Mode-Cheval... partenariat de circonstance dû à la passion de femmes élégantes, convergence naturelle ? Les apports de l'un vers l'autre ...


     - Le cheval c’est aussi l’élégance naturelle et le cavalier se doit d’être à la hauteur de cette élégance !


    Le monde du cheval est un monde qui inspire beaucoup de grands couturiers de grandes maisons (Hermes, Gucci, Ralph Lauren).

     

    Tout bon cavalier a une prestance que le cheval rend encore plus noble. La position et l’attitude du cavalier sont aussi importantes que sa tenue vestimentaire.

     

    Lors des Gucci Masters, c’est en puisant dans l’image iconique de Gucci (le mors) que j’ai senti que l’un pouvait aller avec l’autre : le monde de la mode et celui du cheval étaient intimement liés...

     

    Vos préférences Mode dans les tendances aujourd'hui, et parmi les thèmes préférés du site : le Jean, la petite robe noire... ?  Votre conception de l'élégance ?

     

    - Les tendances mode d’aujourd’hui qui me plaisent sont celles ou je me sens libre et belle ! Du jean que je porte tous les jours jusqu’à une robe de grand couturier.

    Ayant passé la majorité de mon temps en culotte de cheval, aujourd’hui les vêtements sont une façon d’habiller mes humeurs du jour comme de la nuit.

     

    L'Environnement fait-il partie des thèmes que vous jugez importants ? Le monde du Cheval peut-il lui apporter sa contribution ?

     

    - J’ai été élevée à la campagne sur des terres le long de la Dordogne. Je cultive la terre et j’élève des chevaux sur cette terre.

     

    Je suis faite de terre et de chevaux… Comprendre la nature c’est comprendre les chevaux, c’est comprendre les hommes. Tout est intimement lié… la vie des hommes dépend de la mère Nature beaucoup plus que nous le pensons.

     

    Le cheval est évidemment une pièce maîtresse dans la vie des hommes depuis la nuit des temps et encore aujourd’hui, il est celui qui nous ramène à la nature et à l’environnement. Le jumping est la formule 1 des temps futurs !!!

     

    Vos rêves, vos projets, vos objectifs ?

     

    - Mon rêve serait que cette vie sur cette propriété puisse continuer très longtemps et que mes enfants l’aiment autant que je l’aime.

     

    C’est un petit coin de paradis ou nous aimons tous nous retrouver et ouvert à tous les amoureux des chevaux.   

     

    Bonnes fêtes à vous !

     

    Merci !

    v 4


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  • v2

     

    Nous avons présenté son livre, "Le nez au vent" (clic!) paru aux Editions Les 2 encres. Voici maintenant l'interview de la globe-trotteuse Sophie de Courtivron.

     

       Que représente pour vous à l'origine l'idée des grands espaces ?

    J’associe les grands espaces à la liberté. Quand je marche et que rien d’humain n’entrave mon regard, peu à peu mon corps se dilate, mon esprit s’évade et communie avec l’esprit de la Nature. Je deviens le brin d’herbe que je foule ou le tronc sur lequel je m’appuie. En quelque sorte. En commençant mon voyage en marchant 2000 km de Bourgogne à Budapest, je suis entrée peu à peu dans un rythme lent qui a conditionné la suite de celui-ci ; ce rythme - celui de mes pieds, le plus naturel qui soit - est à l’origine de ma décision, prise en cours de route, de ne pas prendre l’avion pour faire le tour de la planète. La notion de lenteur a pour moi partie liée avec celle d’espace. Prendre son temps pour voyager permet de mieux appréhender l’espace, de se l’approprier. C’est alors que vient la sensation de liberté. Quand on s’immerge dans un milieu, au fil des jours on se dépouille et une certaine fusion peut se créer avec la nature ou les gens. Finies les préoccupations stériles et polluantes, on est dans l’Essentiel. Et quand on atteint ça, on est libre, sûr(e) de soi, un(e). Le grand espace géographique ouvre les portes de celui que l’on porte en soi et au sein duquel on est relié aux autres.

     

     

       Etes-vous naturellement portée vers l'extérieur ou plutôt d'un naturel casanier ?

    Euh… à votre avis ??? Non, pas casanière pour deux sous. Je ne peux pas rester enfermée trop longtemps, j’ai besoin d’air ! Je n’aime pas non plus la routine, les horaires fixes… Mais attendez, paradoxalement parfois si… j’aime être chez moi avec Beethoven et un bon bouquin, je peux refuser de sortir un soir pour ce plaisir-là.

     

       Avez-vous toujours été attirée par le lointain ?

    Oui, car le lointain c’est un peu l’inconnu, le mystère. Et j’ai soif de connaître. Mais, pour être plus précise, je suis surtout attirée par l’autre… Celui qui appréhende les choses, le monde, la vie d’une façon différente de la mienne. C’est la quête d’autrui qui me motive. Sa vision me passionne (cette vision est pour moi liée à sa culture, sa religion, ses racines, le terroir sur lequel il est implanté et dans lequel il puise ses caractéristiques…). Je suis attirée par ce qui est « loin de » moi, de ma façon de penser. Et c’est dans « le lointain », c’est-à-dire dans des endroits enclavés, protégés, isolés que j’ai rencontré les gens qui m’ont le plus marquée, les êtres les plus intègres, authentiques, non touchés par la grande uniformisation. Je la maudis, celle-là. Elle homogénéise la Terre alors qu’il n’y a de richesse que dans le différent. Marcher, c’est aussi fouler aux pieds cette course à l’identique à laquelle se livre la planète. Les rencontres qui m’ont le plus apporté, je les ai payées de ma personne, je les ai transpirées sur des chemins exigus et pentus, je les ai chialées de fatigue dans des coins perdus. C’est bizarrement en me perdant que je trouve mon chemin ; quand vous payez ainsi de votre personne, quand vous vous immolez à la Route sans nul autre désir que suivre la voix qu’elle vous trace, alors les gens croisés sentent bien que vous n’êtes pas de passage mais à 100 % dans ce que vous faites. Impliqué(e) comme jamais. Qu’ils ont plus d’importance à vos yeux que TOUT. D’ailleurs, par exemple, c’est amusant mais quand les Russes parlaient de moi ils disaient la « voyageuse » et non pas la « touriste ». Je me souviens aussi de cette vendeuse, dans un centre commercial en plein cœur de Pékin, qui m’a dit : « you don’t look like a tourist ». J’ai tiré de cette remarque anodine une grande fierté, je me suis alors dit que j’avais peut-être été un peu adoubée par la Route. Le lointain, c’est ainsi plus ce que l’on transpire. Il paraît d’abord inatteignable, comme le sommet d’une montagne. Il n’est pas forcément à l’autre bout du monde, mais autour de lui flotte une aura de mystère qui attire irrémédiablement…

     

     

     Cette attirance pour le voyage (et cette expérience) conditionne-t-elle votre vision de journaliste, voire votre conception du journalisme ?

    Oui, car je pense que pour comprendre quelque chose il faut s’impliquer, s’immerger. Mon voyage est un manifeste pour le temps qui s’écoule et contre cette vitesse à laquelle s’adonne le monde occidental, contre la communication instantanée avec l’autre bout du monde, contre les réponses immédiates qui arrivent toutes cuites via l’iphone… Maintenant tous les journaux morcellent les articles, font des tas d’encadrés… Ils ne doivent pas être trop fatigants à lire, bientôt ce seront des BD, je vous le dis ! Je suis pour le contraire, idéalement je voudrais traiter chaque sujet vraiment en profondeur, en creusant beaucoup plus que ce que l’on me demande ; et que ce que veut le lecteur du XXIe siècle (à moins que… ?). C’est parce que les Indiens du Mexique me voyaient marcher (comme eux) et peiner que j’ai pu tisser des liens avec eux. Ce que l’on reçoit est proportionnel à ce que l’on donne. Et à ce que l’on retranscrit.

     

             Gardez-vous l'impression qu'il vous reste beaucoup à voir, et, pour l'impression qui vous reste aujourd'hui : le monde est-il grand ou petit ?

    Immense ! Non seulement j’ai envie de retourner dans chaque pays parcouru pour « creuser » encore mais en plus, dans chaque pays parcouru, il y a des territoires perdus vers lesquels je n’ai pas eu le temps ou pris le temps d’aller. Et pourtant mon tour du monde a duré un an et neuf mois. Dans chaque pays, j’ai laissé des trésors comme par exemple un souterrain à explorer près de Datong en Chine ou la sierra Chimalapa au Mexique. Je ne comprends pas quand j’entends certains voyageurs dire qu’il n’y a plus de terras incognitas. J’en ai côtoyées des tas, sans les chercher. Peut-être qu’elles commencent dans l’esprit du voyageur ? Tout est lié au regard que l’on porte sur les choses. Plus on s’imprègne d’un pays plus on a de choses à y découvrir, et ça c’est infini…

     

       Referiez-vous un périple d'une telle ampleur ?

    Je ne sais pas, je vis dans le présent. A priori actuellement je suis plutôt partie pour des voyages plus ponctuels, à cause de mon travail. Mais peut-être qu’un jour l’appel de « la grande virée pardi, du franc pétard et de la vraie soif » (Jacques Perret) se fera de nouveau ressentir… ? Je ne sais pas sous quelle forme, mais je me vois mal faire la sourde oreille.

     

        Parlez-nous de vos nouveaux défis...

    Lors de mon tour du monde, alors que j’étais à Hong Kong, j’ai gagné par le plus grand des hasards des miles d’avion… Je raconte d’ailleurs cette anecdote dans mon livre. Comble de l’ironie : j’étais justement en train de faire un tour du monde sans prendre l’avion ! Je vais les utiliser cette année pour faire quatre ascensions dans quatre pays : Japon, Tanzanie, Aconcagua, Tibet. J’aime les hauteurs. Comme le voyage, le rocher vous fait cracher ce que vous êtes.

     

    Merci !

     

    J'ai beaucoup aimé les images de la video sur YouTube (clic!) de l'expédition de Sophie de Courtivron !


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    La Princesse Marie-Blanche de Broglie    © News Agency

     

      

    La Princesse Marie-Blanche de Broglie appartient à ce que la France a compté de plus célèbre.

     

    Elle a fait de la tradition directement héritée des plus illustres familles une école du bon goût et sa signature en est un gage à travers le monde.

     

    Cuisine, pâtisserie, dégustation, et art de vivre sont les matières qu'elle propose de découvrir à  travers des sessions courtes, sous l'angle de la tradition adaptée au monde contemporain.

    Cliquer ici pour visiter son site !

     

    Elle a publié Cuisiner pour recevoir, A la Table des Rois, et (épuisé) La Cuisine de Normandie. Elle a répondu à notre interview.

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    - Un mot sur La Cuisine de Marie-Blanche ...
     

     

         La Cuisine de Marie Blanche® est une Ecole spécialisée dans l’Art de Recevoir à la Française. 

     

     
     - La cuisine française aujourd'hui ?


                 
    Je ne peux que citer Montesquieu “La France est un pays où l’on dîne alors que partout ailleurs on mange”. Ce qui était vrai au XVIIIème est toujours valable aujourd’hui. La Cuisine se renouvelle sans cesse en quête d’une certaine perfection.


      - Comment mieux promouvoir la culture française, la préserver des assauts de notre ère ?


                
    Chaque génération doit faire face à des changements inévitables donnant lieu à de nouveaux modes de vie qui sont totalement incontournables. 


       - Qu'en est-il aujourd'hui de l'élégance et la signature françaises ?

                 
    L’élégance française est plus que jamais présente dans le monde entier.


        - Autrefois, bon goût et tradition étaient intimement associés à la France. Qu'en est-il, et l'élégance française a-t-elle vendu son âme ?

                  
    La France est toujours synonyme de bon goût et à l’écoute des nouveautés.

      
         - Comment se porte le patrimoine moral ? Est-il en perdition ?

                         
    Le patrimoine moral évolue et les valeurs d’aujourd’hui sont différentes de celles d’hier et seront dépassées demain. 

     

     

         - Quel rôle pour les familles de la grande noblesse aujourd'hui, entre le témoignage plus ou moins symbolique du passé, et une présence brillante dans des domaines où traditionnellement elles se sentent à l'aise ?

     

             Les grandes familles ont le devoir de transmettre et de continuer à montrer la voie.

                             


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