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    Cyrille Schott est l'auteur du livre La rose et le lys - François Mitterrand et le Comte de Paris - 1986-1996, publié chez Plon au mois de Janvier 2012, consacré aux relations entre le Comte de Paris historique (1908-1999) et le Président François Mitterrand au moment de la préparation du Millénaire Capétien célébré en 1987.

     

     

    Alsacien, diplômé et Major de l'Institut d'Etudes Politiques de Strasbourg, ville où il a obtenu aussi une licence d'Histoire, suivie d'une maîtrise de Paris I - Sorbonne, Cyrille Schott devient Elève de l'ENA en 1974, dont il sort en 1976 dans la promotion Guernica.

     

    Après un bref passage au Ministère de l'Intérieur, il entre en 1976 dans le corps préfectoral.

     

    Cyrille Schott est conseiller technique au Cabinet du Président de la République de 1982 à 1987. De 1989 jusqu'à 2009, il occupe durant plus de vingt-et-un ans les postes de Préfet du Territoire de Belfort, de la Nièvre, de la Loire, du Haut-Rhin, de la Seine-et-Marne et du Pas de Calais, et celui de Préfet de Région de la Basse-Normandie et du Languedoc-Roussillon.

     

    Administrateur Civil hors classe, Préfet hors classe, il est nommé en Décembre 2008 Préfet Hors Cadre, et en Février 2009, avec le rang de Préfet de Région, il devient jusqu'aujourd'hui Conseiller-Maître en service extraordinaire à la Cour des Comptes.

     

    Colonel de Réserve auprès du Gouverneur Militaire de Paris, il est le père de trois enfants, Arnaud, Céline et Amandine. Outre l'ouvrage indiqué plus haut, il a signé Le jardin des délices, avec le peintre PASO, paru en 2008 à La Diane Française.

     

    Royauté-News est heureux de l'accueillir.

     

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    Royauté-News publie également demain la bibliographie du Comte de Paris.

     

    11 04 2010ter 008-28823 01

     

     

    L'Interview de Cyrille Schott -

     

     

    RN 1 : Si l'on écarte les raisons naturelles qui facilitaient des relations entre François Mitterrand et le Comte de Paris : destin de la maison d'Orléans, et relations anciennes entre l'un et l'autre, tout allait-il de source, ou au contraire, ces nouvelles relations étaient-elles à construire à partir du moment où le Président avait accepté de le rencontrer ? [L’un des plus proches conseillers et intimes du Président, François de Grossouvre, était un partisan d'Alphonse de Bourbon, Duc d'Anjou (père l'actuel Duc d'Anjou) ]

     

    Cyrille Schott : - Je n’ai pas eu le sentiment qu’il fallait « construire » de nouvelles relations ou en « reconstruire ». Les rapports entre François Mitterrand et le comte de Paris étaient aisés, fondés sur une connaissance ancienne l’un de l’autre et sur une sensibilité, qui les rapprochaient en maintes choses. Pour le reste, en cette année du millénaire capétien, c’étaient les idées de continuité historique et d’unité nationale qui les réunissaient.

    François Mitterrand n’était pas homme à se laisser aisément influencer et si l’un de ses conseillers proches, ce que je ne saurais confirmer, était « un partisan d’Alphonse de Bourbon », cela n’était pas de nature à changer sa position concernant la place du comte de Paris dans le millénaire, comme chef de la famille de France et représentant légitime de la lignée capétienne. Comme je le raconte dans le livre, François Mitterrand s’est plusieurs fois, et clairement, exprimé à ce sujet. Dans l’été 1987, il a refusé de recevoir le duc de Cadix-Anjou.

     

    - Peut-on dire que sans la présence et l'initiative du Comte de Paris auprès du Chef de l'Etat, jamais un Millénaire Capétien, avec tout ce qu'il comportait de manifestations officielles, n'aurait jamais vu le jour ?

     

    Je ne saurais être aussi affirmatif. A la rentrée 1986, la déléguée aux célébrations nationales, qui relevait du ministère de la Culture, m’a téléphoné pour appeler mon attention sur la commémoration du millénaire et elle m’a indiqué alors qu’elle venait de tenir une réunion à ce sujet. Une célébration était donc prévue, mais elle n’aurait évidemment pas revêtu la même signification symbolique et eu le même caractère officiel, si le Président de la République ne l’avait pas placée sous son haut patronage. Indéniablement, le comte de Paris a joué son rôle, important, dans l’obtention de celui-ci.

     

    - François de Grossouvre permit d'obtenir au Duc d'Anjou certains papiers qui lui étaient utiles, comme d'autres lui en ont obtenu, par un autre canal, auprès d'autres personnages d'état ; peut-on dire, au sujet des descendants des rois de France : la République fut-elle bonne fille ?

     

    Si l’on situe la question dans une perspective historique, c'est-à-dire depuis le début de la République, la réponse est forcément nuancée.

    La République n’a pas toujours été « bonne fille » avec les descendants des rois : la troisième les a exilés et c’est seulement la quatrième, au début des années cinquante, qui a mis fin à cet exil. Il est vrai que celui-ci n’avait pas touché les Bourbons d’Espagne, au sein desquels la République n’avait pas distingué des « chefs de famille ayant régné » en France, pour reprendre les termes de la loi d’exil de 1886. C’est un argument que l’on retrouve d’ailleurs, formulé autrement, dans la bouche de François Mitterrand lorsqu’il reçoit le comité du millénaire en février 1987 et s’exprime en faveur du comte de Paris comme représentant de la « famille ».

    Si l’on considère l’époque actuelle, c’est l’apaisement qui prévaut, voire les relations cordiales entre le chef de l’Etat et les descendants des rois. Sinon, François Mitterrand ne serait pas apparu aux côtés du comte de Paris dans une cérémonie officielle, comme il l’a fait en avril 1987 à Amiens pour l’ouverture du millénaire capétien. C’est quand même la première fois depuis la proclamation de la République que cela s’est produit.

    Il est vrai aussi que François Mitterrand considérait qu’ « il n’y [avait] pas d’objet de débat » et que « la monarchie n’[était] pas actuelle ». Dans ces conditions, effectivement, la République peut être « bonne fille ».

    Cela dit, il faut vraiment considérer les relations entre le Président de la République et le chef de la Maison de France à l’occasion du millénaire capétien, non pas par le petit bout de la lorgnette, pour parler simplement, mais dans une vision longue de l’histoire de notre pays, où la continuité s’impose.

     

     - François Mitterrand a-t-il vu dans cet événement du Millénaire une nouvelle occasion de s'inscrire dans la continuité Gaullienne ?

     

    Je ne vois pas les choses ainsi. François Mitterrand avait présente à l’esprit la « continuité historique », que j’ai déjà évoquée. Il était un président de gauche et un chef d’Etat qui savait qu’il s’inscrivait dans une longue lignée d’hommes qui avaient construit la France telle qu’elle était. Bien sûr, Charles de Gaulle appartenait à cette lignée, mais aussi nos rois.

     

    - Les états-majors du Président Mitterrand et de Jacques Chirac alors Premier ministre avaient le même avis sur le fait que le seul interlocuteur possible pour la République était le Comte de Paris, cela avoue-t-il selon vous que cette préférence évidente était au compte de relations plus soignées ou plutôt sur la compatibilité républicaine du Prétendant ?

     

     Je crois que cette « préférence » était fondée sur une analyse historique, que la lettre de Jacques Chirac, reproduite en annexe de mon livre, expose bien. François Mitterrand, quant à lui, s’était exprimé de vive voix à ce sujet, à plusieurs reprises. Il a, par exemple, dit au comte de Paris, lors du déjeuner du 22 janvier 1987 au palais de l’Elysée : « Un seul argument, mais il me parait déterminant vous donne à mes yeux raison contre le duc de Cadix : c’est un prince étranger ».

    Le respect du régime républicain par le comte de Paris, indépendamment de ses convictions monarchistes, a évidemment facilité les choses. Du temps de l’Action française, je vois mal comment la République aurait pu commémorer le millénaire capétien ainsi qu’elle l’a fait.

     

    - Comme vous le laissez pressentir dans votre livre, les préparatifs du Millénaire auraient-il pu capoter, au moment de l'initiative Léotard, par exemple, et même, peut-on imaginer que le Premier ministre aurait pu refuser de s'associer à cet événement placé sous l'autorité du Président ?

     

    Non ! L’initiative Léotard était une maladresse, consciente ou inconsciente, que le cabinet du Premier Ministre a d’ailleurs aussitôt désavouée dans ses contacts avec la maison du Président. Jacques Chirac, par delà les péripéties inévitables d’une cohabitation, avait la même analyse historique que François Mitterrand.

    Sur le plan politique, les choses sont certes un peu autres, mais elles s’expriment plus tard. Indéniablement, Jacques Chirac en voudra au comte de Paris du soutien apporté à François Mitterrand, notamment pour sa réélection, et une fois installé à l’Elysée, il ne l’y recevra pas. Pour autant, à ce que je sache, il n’a pas pris de position en faveur du représentant de la lignée des Bourbons d’Espagne.

     

    - Pensez-vous le Comte de Paris profondément humain, et l'avez-vous ressenti ?

     

     Il y avait en lui une profonde humanité et une grande attention aux injustices et divisions de la société. Son idée était de rassembler les Français et il pensait qu’un roi serait le mieux à même de le faire.

     

    - Le Comte de Paris avait-il l'étoffe d'un homme d'Etat, malgré bien sûr ses différences que vous décrivez de tempérament et de compétence avec François Mitterrand ? Dans la fonction du monarque, aurait-il fait merveille ?

     

    Je crois que, si les circonstances s’y étaient prêtées, ce qui n’a pas été le cas, il aurait fait un très bon monarque constitutionnel. Il en avait l’étoffe et l’intelligence.

     

    - Au fond, la présence du Comte de Paris à ces célébrations, dans la pensée secrète de François Mitterrand, visait-elle (sans doute ou certainement) le personnage pressenti à un moment par de Gaulle, autant au moins que le représentant des rois Capétiens ?

     

    Je ne connais évidemment pas « la pensée secrète » de François Mitterrand. Je crois d’ailleurs que si quelqu’un prétendait la connaître, il ferait preuve d’une grande audace.

    Cela dit, ce que j’ai pu entendre de lui, à l’occasion du millénaire, me conduit à rappeler qu’il voyait dans le comte de Paris le représentant légitime en France de la lignée capétienne.

     

    - Avec le recul, une autre formule aurait-elle pu exister pour cette commémoration, ou celle-ci était-elle une histoire écrite ?

     

    Je n’ai jamais été très doué pour refaire l’histoire. Donc, je ne m’y hasarderai pas.

     

    - Merci d'avoir répondu à nos questions !


    Pour regarder ces photos, cliquer ici -

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    A Belfort, en 1988. De gauche à droite, Gérard Beyer, le président du club équestre ; le Comte de Paris ; Le Préfet Cyrille Schott.

    © Cyrille Schott.


    33- François(1)

    A l'Elysée, en Octobre 1987.

    Le Comte de Paris ;  M. Cyrille Schott ; Le Président Mitterrand.

    © Cyrille Schott.


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    Crédit Bruno Levy/Belfond

     

    Joséphine Dedet, fille de l'écrivain Christian Dedet, est l'auteur de deux romans : Roxane l'Eblouissante (Nil, 2003; J'ai Lu 2007) et L'homme que vous aimerez haïr (Belfond 2010) qui ont reçu un avis unanime de la critique. Elle a publié la première version de Géraldine reine des Albanais en 1997, et voici sa réédition revue et augmentée, et préfacée par Eric Faye.

     

    Joséphine Dedet est journaliste à Jeune Afrique. Elle a très aimablement répondu à nos questions.

     

     

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     (notre présentation)

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    L'Interview de Joséphine Dedet.

     



      - Comment s'est produit ce coup de cœur pour la reine Géraldine, et comment est née l'idée de lui consacrer une biographie ?

    L’histoire de Géraldine, cette comtesse hongroise qui a régné un an sur l’Albanie puis qui a connu un destin tourmenté, m’a enchantée dès mon enfance. Mes parents étaient en effet amis avec le demi-frère français de la reine, Guy Girault. Veuve du comte Apponyi (issu de la plus haute noblesse hongroise), la mère de Géraldine, qui était Américaine, s’est remariée avec un Français dont elle a eu trois enfants, qui sont donc les demi-frères et sœurs « français » de la reine des Albanais.
    Quelques années plus tard, cette histoire dont j’entendais parler depuis si longtemps m’a inspiré l’idée d’un livre. J’ai eu la chance de rencontrer la reine Géraldine en 1996 en Afrique du Sud, où elle était en exil, de pouvoir recueillir son témoignage direct et d’avoir accès en toute liberté à ses archives. J’ai également entretenu une longue correspondance avec elle. Ces confidences et ces documents inédits, auxquels s’ajoutent des entretiens avec de nombreux témoins, font de ce livre un souvenir vivant du temps passé. Il restitue, je l’espère, le climat d’une époque, l’histoire de l’Albanie et de cette femme remarquable.

       - Voyez-vous Géraldine comme l'une des souveraines les plus pures du XXesiècle ?

    Elle a été une souveraine exemplaire. Au-delà de sa grande beauté, de son intelligence du cœur et de la noblesse avec laquelle elle a fait face à l’adversité, j’ai été sensible au contexte dans lequel s’inscrit son histoire. En arrivant en Albanie en 1937, Géraldine a eu un double coup de foudre : pour le roi Zog et pour l’Albanie. Fervente catholique, elle a épousé ce souverain musulman lors d’un mariage civil, sans que ni l’un ni l’autre ne renonce à sa religion. Les Albanais l’ont accueillie très chaleureusement, en particulier les minorités chrétiennes (20% d’orthodoxes et 10% de catholiques). Tous ont été conquis par sa bonté, par le respect qu’elle leur témoignait, en apprenant aussitôt la langue albanaise, par exemple.
    Et puis, la vie de la reine est éminemment romanesque. Elle traverse près d’un siècle d’histoire européenne. Née en 1915 dans l’empire austro-hongrois, Géraldine Apponyi (qui est apparentée aux Habsbourg et à toutes les familles royales du vieux continent) a vu un monde disparaître avec la Première guerre mondiale et l’effondrement de son pays natal.
    Elle a vécu la montée des périls fasciste et nazi dans l’entre-deux-guerres, et en a été directement la victime, puisque l’Italie de Mussolini a envahi l’Albanie en mars 1939, mettant fin à son règne d’un an. Elle a enduré l’exode de mai 1940 au côté des Français, puis les terribles bombardements allemands (le Blitz) sur la Grande-Bretagne. Après la Seconde Guerre mondiale, elle n’a pu regagner l’Albanie, qui avait basculé dans le camp communiste. Elle et son mari ont trouvé refuge en Égypte, à l’époque du roi Farouk. Enfin, au terme de soixante-trois années d’exil qui l’ont menée jusqu’en Afrique du Sud, Géraldine a pu rentrer en Albanie en juin 2002. Elle y a reçu un accueil triomphal, et elle est décédée quelques mois plus tard à Tirana. Son vœu a été exaucé : elle est morte comme elle le souhaitait : « En Albanie, comme une Albanaise et parmi les Albanais ».

        - Elle n'a pas eu de destin tragique malgré la rupture causée par les événements, cependant elle est entrée de son vivant dans une légende ininterrompue…

    Son mariage, en 1938, a été la première union royale médiatisée de l’ère moderne, avant celle d’Elizabeth d’Angleterre, de Grace Kelly et de Lady Diana. Toute la presse de l’époque – y compris outre-Atlantique – s’est enthousiasmée pour cette jeune femme qui charmait les foules par sa beauté, son naturel et sa simplicité. À ses origines aristocratiques s’ajoutait une touche de glamour américain. L’Albanie passait à l’époque pour un pays archaïque. Le roi Zog avait entrepris de le laïciser, de le moderniser, de l’ouvrir au monde extérieur. Il créait des écoles, des hôpitaux, des routes… Polyglotte, sportive, cultivée et dynamique, Géraldine a incarné avec grâce cette aspiration au changement.
    Lorsqu’elle a dû fuir le pays sous les bombardements italiens, en avril 1939, elle venait de mettre au monde le prince héritier Leka. Elle a failli mourir, et cette tragédie a ému l’opinion internationale. Un grand pays, l’Italie fasciste, s’attaquait à l’Albanie, petit royaume sans défense ! Une jeune accouchée et son bébé étaient pourchassés dans les montagnes ! Une année de bonheur, puis ce drame… C’est ainsi que se forgent les légendes.

     - A-t-elle marqué les pays d'Europe à travers, par exemple, sa popularité ?

    À l’aube de la Seconde Guerre mondiale et dans tous les pays qu’elle a traversés dans sa fuite, Géraldine a été accueillie avec ferveur et acclamée par des peuples inquiets de ce que l’avenir leur réservait. Grecs, Polonais, Roumains, Scandinaves… Tous redoutaient la guerre. Ensuite, elle a été l’une des reines en exil de ces malheureux États tombés sous la férule du communisme, dont l’Albanie a fait partie jusqu’en 1990. Comme cela a été le cas pour les familles royales déchues d’Europe centrale et des Balkans, elle a incarné la résistance aux totalitarismes jusqu’à la chute du Mur de Berlin.

        - A-t-elle définitivement ancré la famille royale d'Albanie parmi les monarchies d'Europe, notamment grâce à son appartenance à une famille de très haute noblesse européenne ?

    Étant apparentée à la plupart des dynasties européennes – ce qui n’était pas le cas de son époux le roi Zog – issu d’une vieille famille de la noblesse albanaise –, Géraldine a en effet contribué à conforter la légitimité de la Maison d’Albanie. Elle avait noué des liens d’amitié très étroits avec la famille royale de Bulgarie (la reine Giovanna était l’une de ses plus proches amies), avec Baudoin et Fabiola de Belgique, avec le roi Hussein de Jordanie et les siens, entre autres.

       - Le souvenir de la reine Géraldine, dont les funérailles ont été célébrées en 2002 à Tirana, suivies par un grand nombre, reste-t-il présent chez tous les Albanais ?

    Son souvenir reste vivace. À Tirana, une maternité porte son nom. Son fils Leka, décédé en novembre 2011, a eu droit à des obsèques nationales. Et, en cette année de centenaire de l’indépendance albanaise, il est question de rapatrier les restes du roi Zog en Albanie (il repose au cimetière de Thiais, en région parisienne). 
    Les Albanais n’ont pas oublié que Géraldine leur a consacré sa vie, non seulement durant son très court règne mais pendant ses longues années d’exil. Elle a consacré toutes ses forces à aimer et à servir ce pays, qui, disait-elle, lui avait fait l’honneur de l’accepter pour reine. Elle l’a aimé et servi jusqu’à son dernier souffle.

     

     

     - Merci !

     


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    Pour cette dernière Interview de Royauté-News de l'année, nous recevons Son Altesse Royale le Prince Robert de Luxembourg, qui a très aimablement répondu à nos questions.

     

     

    Il est le propriétaire du célébrissime Château Haut-Brion, et préside aux destinées du Domaine Clarence Dillon, du nom de son aïeul américain, un francophile qui acquit ce précieux domaine de Haut-Brion.

     

    Ce cru historique, Premier Grand Cru Classé dans le célèbre classement de 1855, et qui possède une personnalité légendaire et un prestige sans égal, est le phare de tête de ce domaine, avec également celui de La Mission Haut-Brion. 

     

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    Avec l'aimable concours de © Domaine Clarence Dillon.

     

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     L'Interview du Prince Robert de Luxembourg -

     

    RN 1 : Aujourd'hui, jusque dans certains vignobles célèbres, il existe une course aux moyens les plus sophistiqués voire extravagants et surréalistes, allant jusqu'à la surveillance des ceps par satellite ...  pour fabriquer un produit technologique, et quel est votre sentiment à cet égard ?

     

    Le Prince Robert :  - Haut-Brion est la quatrième génération de la société familiale et la première approche de la famille s'est effectuée à Haut-Brion en 1935. Un potentiel excellent et une grande tradition d'innovation sont à l'origine du vignoble, avec au XVI° siècle la famille de Pontac.

    Mais sur place il existait des vignes entre 40 et 60 après Jésus-Christ. Certaines choses  comme le choix des cépages, existaient avant l'arrivée des Pontac. C'est là qu'a commencé la grande tradition d'innovation des Pontac. Ils ont même construit un château pour des raisons viticoles, afin de suivre le vignoble depuis celui-ci.  

    Ceci, entre 1535-1550, avec Jean de Pontac et sa soeur, épouse du seigneur de Lestonac, qui possédaient La Mission-Haut-Brion, réunie en 1983, située de l'autre côté de la route.  

    Le style de vin rouge à Bordeaux que nous connaissons aujourd'hui, le claret, est né avec les Pontac. Pratiqué comme le rosé de saignée. Ce new french class est apparu au XVII° siècle et l'on en trouve des traces, par exemple en 1660. Lorsque Charles II a rendu visite à son cousin germain Louis XIV, il a ramené des bouteilles à Londres en 1660. 

    Différentes innovations, des méthodes comme l'ouillage et le soutirage, ont pris naissance à Haut-Brion. C'est là que s'est créé l'élégance de son terroir, mais avec le travail de siècles et de décennies.  

    Dans les années 50, à Bordeaux sont apparus les premiers tracteurs : à Haut-Brion. Ensuite (années 60), sont apparues à Haut-Brion les premières cuves en Inox. Egalement, à la fin des années 60, ont été réalisés les premiers tests de clones. 

    On a développé également les méthodes de production, mais toujours en recherchant l'innovation. 70 à 75% du vignoble a été reconstitué à la suite de l'utilisation des clones. Nous avons aussi créé les premiers sites Web, ainsi que les premiers à avoir été présentés en Chinois. 

    Toutes les traditions utiles ont été conservées pour la qualité du vin, et d'autres ont été abandonnées. Pour les vendanges vertes, nous avons été parmi les premiers depuis 1989. 

    Il existe toujours une évolution, toujours en maintenant l'accent des terroirs et l'élégance. 

    Il est préférable que la marque ne soit pas trop visible pour le produit final. L'extrême potentiel de qualité doit être mis en valeur et en maintenant les caractères excellents qui nous différencient. Certains vins de terroir ont perdu leur spécificité. Nous mettons l'accent sur la subtilité des terroirs, et sans gommer l'expression du terroir. Nous essayons d'obtenir le meilleur fruit possible, et nous avons réalisé des tests de matériel pour tri optique depuis trois ans. Ce genre d'appareil aura été utile pour l'année 2011, même si pour les années 2009 et 2010 les grains étaient trop secs.

     Nos méthodes servent la nature, et ne sont pas là pour prendre sa place sur le terrain.

     

    RN 1 : Peut-on dire que vous avez conservé une conception classique et que Haut-Brion est cultivé de façon traditionnelle, comme certains grands domaines qui emploieraient, le supposent certains, les méthodes biodynamiques ?

     

      - Pour la culture biodynamique, non, mais nous effectuons des tests de ce type de temps à autre. Nous gardons une méthode traditionnelle mais en limitant les traitements comme les pesticides. Mais la culture biodynamique n'est pas notre intention pour l'instant.

     

    RN 1 : Votre passion est-elle la même, ou aussi grande, que celle de votre aïeul, et êtes-vous un propriétaire qui suit de près l'élaboration de ses vins ?

      - Vous évoquiez La Mission Haut-Brion : j'avais quinze ans lors de l'achat de La Mission   Haut-Brion et, à la demande de ma mère, et pour y assister je suis revenu d'Angleterre où j'étais en internat.  

    Et lorsque je suis arrivé à la direction du groupe, j'ai souligné que je serais le responsable, non d'un Premier Grand Cru, mais de quatre Grands Crus  (Il s'agissait de nos quatre vins : nos deux vins rouges et nos deux vins blancs). Nous les considérons égaux, et ils doivent être traités de la même façon. 

    Depuis cinq ans, beaucoup de rénovations et de bâtiments ont été apportés, et le marché semble reconnaître ce travail. De même, La Mission, bien qu'elle n'en ait pas le titre, est notre 6° Grand Cru. ( note : c'est-à-dire le 6° Premier Grand Cru Classé ). 

    Nous avons racheté cet été une propriété sur le plateau de Saint-Emilion, pour faire le même travail qu'à la Mission : Tertre Daugay. Il possède un énorme potentiel, de même que tout le plateau de Saint-Emilion, et, bien qu'autrement, nous pouvons atteindre le même potentiel que nos autres crus. 

    Les améliorations et les rénovations que nous effectuons sont identiques pour nos grands crus, et afin de toujours maintenir leur supériorité. 

    C'est identique pour Clarendelle, et ce vin est né de cette passion. Il fait partie de ma vision, et je ne ferais pas un vin que je ne servirais pas à un ami. 

    Pour ce qui est de la préparation du vin, et de l'assemblage, ce n'est pas mon métier, mais nous avons bien entendu notre équipe de spécialistes, des oenologues, qui sont extrêmement compétents. Je participe aux réunions, sans m'interposer, et en respectant leur décision.

     

      [ (RN 1 : - Pouvons-nous parler de Clarendelle, donc ? ] : - Oui, bien sûr !  il s'agit d'un membre intégral de notre travail.

    Pour répondre au sujet de mon aïeul, j'ai connu mon arrière grand-père, ainsi que mon grand-oncle, (...) et, oui, je partage cette même passion mais tout en étant plus présent et ce, avec la faculté des communications, et la famille est plus présente que les générations précédentes.

     RN 1 : Tout en contribuant à la réputation française dont elle est une part, l'image du vignoble Haut-Brion est-elle plus internationale, plus anglo-saxonne, plus marquée encore que cette image traditionnelle des grands Bordeaux ?

     

      - Haut-Brion s'identifie à la France.
    Si vous parlez d'un côté international, déjà les Romains sont arrivés et ont voyagé partout. On peut dire aussi que durant trois cents ans, l'Angleterre possédait ces terres. Plus tard, celle-ci a influencé le marché du vin, notamment avec le claret, puis avec le french claret de Haut-Brion. Il fut le premier vignoble des grands vignobles prestigieux, et il y a toujours eu une relation anglo-saxonne. Au XVII° siècle, les Pontac ont développé avec une grande intelligence cette notoriété. Le fils de Jean III de Pontac ouvrit en 1666 une taverne à Londres, pour faire connaître leurs vins. A L'enseigne de Pontac, on trouvait l'intelligentsia de l'époque à Londres. On y trouvait Lord Pepys, Newton... C'est à ce moment qu'arrivent le café, le chocolat, le gingembre...

    Haut-Brion est un des premiers vins de Bordeaux de lieu-dit. Avant, on les appelait par leur nom de village ou sous le nom de "vins de Pontac". Il a fait naître la notion de terroir, de lieu, et elle est liée à la philosophie de ces vins et à sa très grande qualité.

    Il s'agit d'un vin intégralement français, et son histoire est liée à la France à travers les siècles. Même s'il s'agit d'une marque de luxe, et même la première marque du monde, et il n'en existe pas beaucoup et qui perdurent aussi longtemps.

     

    RN 1 : Lorsqu'on possède soi-même un nom illustre, peut-on avec lui ajouter encore à un cru si prestigieux et unique ? Quelle est votre conception de l'élégance : quelle serait votre définition de l'élégance en général ? Et pourriez-vous dire un mot de vos passions ?

     

    Je suis au service d'une société familiale, et ma préoccupation est la qualité de nos vins ainsi que leur développement. Je n'intègre pas mon nom dans le mix. Même si un grand nom peut être important dans le monde. Notre famille s'investit dans la durée, et je suis là pour représenter la famille Dillon. Aujourd'hui, le nom qui sonne, c'est Mission ou Clarendelle, et je suis le gardien de l'entreprise familiale. Il n'y a pas d'importance pour mon nom personnel.

    Je puis vous citer une anecdote. Je me trouvais à Miami, en arrivant dans un hôtel où l'on m'avait réservé une place, comme cela s'est produit plusieurs fois. On cherchait à "de Luxembourg", et on ne trouvait pas. On m'avait sans doute réservé pour "Prince...", non plus. "Mr Prince" ? Rien !  - Dillon ? Rien !  - Haut-Brion ? - Ah, Mr Haut-Brion ! Bienvenue !

     

    Au sujet de l'élégance, Haut-Brion est une définition de l'élégance en lui-même.

    Comme le présentait mon père, cela porte sur la subtilité. Tout est présent, sans qu'il y ait quelque chose de trop marqué. C'est une question d'équilibre, et c'est toujours le cas dans tous les domaines : la mode, ou l'Art... Cela se situe dans l'intellect et  la complexité, non dans l'évidence.

    Au sujet de mes passions : mon métier ! Je suis dans la peau d'un amateur de vin, et je collectionne aussi les autres vins.

    Si je suis plus passionné, c'est au sujet de ma conviction de la supériorité du vin français, en raison de son élégance et de ses qualités, qui ne sont pas nécessairement présents dans d'autres.

    Il faut maintenir tout ce qui se fait dans la supériorité des vins français : l'Alsace, les Côtes-du-Rhône, Châteauneuf-du-Pape, les Bourgogne...

     

    J'ai pratiqué l'Art, j'ai été écrivain, et scénariste de films, et j'ai été sculpteur aussi. J'aime la nature, et l'architecture. Je suis aussi porté sur la lecture, et j'aimerais retrouver le temps de lire, mais je suis trop impliqué dans l'évolution de la société depuis quelques années !

    Ma première passion reste ma famille : je suis marié, et père de trois enfants. C'est le premier miracle de ma vie, et c'est le luxe suprême !

     
     
    RN 1 :  Merci !



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    Cette interview appartient à l'évocation des idées et à celle de l'histoire napoléonienne, et en particulier à celle de Napoléon III, très appréciée sur le site, qui inaugure par ailleurs  pour cet Automne et cet hiver, une saison napoléonienne.

     

    Historien, Francis Choisel est spécialiste du Second Empire et de l’histoire des idées politiques, et il enseigne aussi à l’université. Nous le recevons avec grand plaisir.

     

    Il est l'auteur de Bonapartisme et gaullisme, et il prépare pour les Editions Perrin une Chronologie commentée de la Deuxième République et du Second Empire.

     

    Dans l'ordre des idées également, il fut aussi le président mandaté de l’Alliance pour la Souveraineté de la France (2000-2003), fondée en 1997 dont il fut l'un des membres fondateurs, un mouvement qui a imposé le terme  de «souverainiste» en France.

     

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        _________________________

     

    L'Interview de Francis Choisel -

     

     

       - Le bonapartisme aujourd'hui, à travers ceux qui s'en revendiquent, se situe-t-il plus dans la République ou plutôt auprès des monarchies ?

    Francis Choisel :   L’Empire est une monarchie héréditaire. Napoléon voyait les Bonaparte comme une « quatrième dynastie ». Il a été sacré, par le Pape. Mais il se situe en même temps dans le camp de la souveraineté nationale et, plus largement, des principes de 1789 : les deux Empires ont été fondés par des plébiscites, c’est-à-dire par la volonté du peuple, et ils se sont appuyés, surtout le second, sur le suffrage universel. Le bonapartisme est une synthèse entre l’Ancien Régime et la Révolution. Et l’empire doit être vu comme une formule qui cherche à réconcilier République et Monarchie. C’est une monarchie tricolore.

    Or, la Cinquième République a été qualifiée depuis bien longtemps déjà, par le constitutionnaliste Maurice Duverger, de   « monarchie républicaine ». Elle aussi, au fond, cherche a réconcilier République et Monarchie, mais sans l’hérédité. Ajoutez à cela que Bonaparte fut Premier Consul avant d’être Empereur et Napoléon III Président de la République puis Prince Président avant de l’être aussi, et vous constaterez non seulement que le bonapartisme s’apparente à la république par ses fondements mais qu’il peut revêtir soit la forme dynastique soit la forme élective. Il reste ensuite à apprécier si la forme dynastique du bonapartisme est un aboutissement ou une dérive…

    Aujourd’hui, on peut dire qu’il existe deux formes de napoléonisme. L’un est celui des héritiers, notamment des descendants des grands noms des deux Empires, celui des associations napoléoniennes. Il est farouchement apolitique, à vocation commémorative, tourné vers l’histoire et les historiens, préoccupé de faire avancer la recherche et la connaissance des deux Empires. Celui-là est incontestablement plus « monarchiste ». L’autre napoléonisme est celui des refondateurs, de ceux qui s’inspirent de ce qu’ont fait Napoléon et Napoléon III, en vue de faire sortir la France de l’abîme dans lequel elle s’enfonce. Celui-là, qui est tourné vers l’avenir et plongé dans l’actualité, considère que la forme héréditaire n’est plus adaptée à notre temps. Il est populaire et républicain, mais il a une audience bien moins large que le premier.

    Autrement dit, il n’existe nulle part, et depuis longtemps, aucune revendication de restauration du trône impérial. En revanche, un petit groupe essaie de promouvoir une candidature – bonapartiste et non d’un Bonaparte – à l’élection présidentielle de 2012.

     

     - Avec le temps, demeure-t-il ce que l'on a appelé une "menace bonapartiste", qui serait en opposition de nature avec la démocratie, ou une "tentation bonapartiste", comme l’on dit souvent pour décrire une tendance du pouvoir à travers les époques ?

    Napoléon III disait joliment sous la Deuxième République, alors qu’il en était le Président, qu’il ne voulait pas être « la branche cadette de la Révolution ». Il ne voulait pas être l’usurpateur de la République comme Louis-Philippe avait été celui de la monarchie. Il répondait cela à ceux qui le poussaient au coup d’Etat. Mais, finalement, ce coup d’Etat, il l’a fait. Et le bonapartisme apparaît bien, pour beaucoup, comme la « branche cadette » de la République. D’autant plus qu’au Deux-Décembre il faut ajouter le Dix-Huit-Brumaire et que dans les deux cas, c’est une République, non un roi, qui ont été renversés, au profit d’une nouvelle république qui, en quelques années ou quelques mois a débouché sur un Empire, donc sur une monarchie.

    Voilà pour ce que vous appelez la menace bonapartiste. Pour la « tentation », c’est autre chose, c’est le pouvoir personnel. Car la monarchie napoléonienne n’est pas parlementaire. Il faut bien reconnaître que pour beaucoup de républicains d’aujourd’hui, héritiers du Mitterrand d’avant 1981 par exemple, la référence républicaine, ce sont les deux républiques précédentes : la Troisième et la Quatrième, pas la première ni la deuxième et pas la cinquième dans sa forme gaullienne non plus. Ce sont ces républicains qui réclament une « revalorisation du rôle du Parlement » ou plus carrément une sixième république.

    Or la Troisième (dont la Quatrième n’est qu’une mauvaise copie) a été fondée par des monarchistes, à reculons certes et avec le concours de républicains modérés, mais tout de même par des monarchistes en majorité, qui n’avaient pu restaurer la royauté en raison de l’intransigeance du comte de Chambord et qui ont construit un système qu’ils espéraient voir se transformer en monarchie lorsque le petit-fils de Charles X aurait fait place à celui de Louis-Philippe, le comte de Paris. C’est une république en attente de monarchie, au même titre que la république du 2 décembre 1851 était une république en attente de l’Empire du 2 décembre 1852. Bref, la Troisième République est une quasi-monarchie constitutionnelle qui n’a jamais été couronnée par un roi.

    La tradition républicaine française fait donc bizarrement référence à un système qu’on pourrait qualifier de monarchie à l’anglaise, à un régime d’assemblée, avec un président arbitre qui, dès qu’il s’active, est qualifié d’hyper-président et accusé de dérive bonapartiste. Avez-vous noté que lorsque les conseilleurs des officines de communication parlent de « re-présidentialisation » nécessaire de notre actuel chef de l’Etat, ils lui proposent d’adopter la posture d’un souverain constitutionnel ? Celle d’un Louis XVIII par exemple.

     

      - La France s'identifie-t-elle à la gloire napoléonienne, et quel avenir est-il possible ou envisageable d’imaginer aujourd'hui pour la solution bonapartiste ?

    La pensée dominante n’est guère friande de gloire, surtout de gloire militaire. Elle préfère la paix et la repentance nationale. Il faut bien avouer que Napoléon est un peu passé de mode. Je me demande même si nous ne sommes pas en passe de voir son neveu le devancer dans le panthéon des grands hommes. Il faut une fibre romantique et une grande dose de patriotisme pour apprécier l’épopée napoléonienne à sa juste valeur ; il faut une conception du roman national semblable à celle que développe le général de Gaulle dans la première page de ses Mémoires de guerre : « des succès achevés et des malheurs exemplaires ». Notre temps est plus terre-à-terre, il apprécie plus aisément la révolution des chemins de fer et du crédit, l’haussmannisation de Paris et des grandes villes, le boisement des Landes, le droit de grève ou la tolérance syndicale imposés par Napoléon III, bref le développement et la modernisation du pays. Et l’œuvre du premier a vieilli : le Concordat avec la séparation des Eglises et de l’Etat ; la banque de France et le franc germinal avec la B.C.E. et l’euro ; l’organisation administrative avec la décentralisation, et même le code civil avec la transformation des mœurs. Demandez à un maire d’en lire, dans leur version de 1804, les articles prescrits par le cérémonial du mariage civil, et vous verrez la tête des jeunes mariés, de la mariée surtout !

    En revanche, si l’on considère les circonstances dans lesquelles le général Bonaparte a accédé au pouvoir, on se dit que notre temps présente avec elles de nombreuses similitudes. Notre république n’est-elle pas quelque peu « thermidorienne » ? On peut résumer hâtivement la fin du Directoire par quelques mots : crise financière, corruption généralisée, dégradation des mœurs, élites politiques coupées du peuple, menace aux frontières, anarchie du pouvoir. Il n’y manque aujourd’hui que l’anarchie du pouvoir car la menace aux frontières, pour n’être pas militaire, n’en existe pas moins, sous la forme de la mondialisation et de la construction européenne qui vassalisent notre pays aussi bien, et peut-être même plus efficacement, que ne le ferait une occupation militaire.

    Les conditions sont donc aujourd’hui favorables à l’émergence d’une réponse de type bonapartiste à la situation présente. Une « tentation bonapartiste », pour reprendre votre expression, peut se manifester.

     

     - Les Comités Bonapartistes ont subsisté très longtemps après la fin du bonapartisme en tant que puissance politique, et ce, jusque dans les années 50. Pourraient-ils (avec facilité) se reconstituer ?

    Je ne suis pas certain que la référence aux comités bonapartistes soit la meilleure, tout simplement parce qu’ils ont échoué. Ce qui a réussi, c’est l’action d’un homme seul, Louis Napoléon Bonaparte qui, après avoir vainement conspiré contre Louis-Philippe et peiné à obtenir une très modeste audience avec des publications intelligentes, s’est finalement présenté devant le peuple, sous la République, et a été élu à la tête de l’Etat par trois Français sur quatre, dès le premier tour, à l’âge de 40 ans.

    Ce qui a fait son succès, immense et fulgurant (rentré d’exil en septembre, il est élu en décembre), c’est son nom. Ce sont aussi ses alliances (avec le parti de l’Ordre, pour la plupart des monarchistes), ses idées un peu (beaucoup d’ouvriers ont voté pour lui sur la foi de son Extinction du Paupérisme). Mais c’est surtout son nom qui a compté, en même temps que la fidélité de son programme à ce nom et à ce qu’il représente.

    On aurait tort de sous-estimer la force magique qu’un nom illustre peut avoir encore, de nos jours, sur les électeurs. Il suffit, pour s’en convaincre, de faire le décompte des fils ou filles, neveux ou même gendres et belles-filles de notabilités républicaines, qui peuplent les estrades politiques et les salons des palais nationaux. Bien sûr, il faut être à la hauteur, sinon l’on sombre dans le ridicule. Mais le fait d’être issu d’une lignée qui a donné au pays un ou plusieurs grands hommes est une rampe de lancement extraordinaire. Elle dispense du génie, elle ne demande pas même une personnalité exceptionnelle, qui sont ordinairement nécessaires pour arriver au sommet en partant de rien. Le talent suffit.

    Bref, je ne vois d’avenir au bonapartisme qu’avec un Bonaparte, ce qui suppose que deux conditions soient remplies : d’une part qu’un Bonaparte ait conscience de ce qu’il peut apporter au pays, de ce qu’il devrait ressentir comme un devoir, qu’il ait en conséquence la volonté d’agir, et qu’en même temps il se comporte comme on l’attend d’un Bonaparte, que son projet soit vraiment « napoléonien ». Je veux dire par là qu’un Bonaparte qui utiliserait son nom pour se faire connaître mais voudrait développer des idées personnelles qui n’auraient aucun rapport avec le bonapartisme – un bonapartisme actualisé évidemment – n’aurait pas plus de chance de réussir que n’importe quel autre citoyen.

    Ce que je dis là des Bonaparte vaut d’ailleurs pour les Bourbons ou pour un de Gaulle.

     

      - L'assimilation au gaullisme, renforcée par les cours de René Rémond qui ont façonné des générations d'étudiants, n'est-elle pas lassante ? Surtout quand on l'a réduit à tout autre chose que ce qu'il est ?

    Vous posez la question à l’auteur de Bonapartisme et gaullisme. Vous n’attendez donc pas, je suppose, une réponse critique. Que la comparaison soit lassante, peut-être. Elle n’en est pas moins vraie. Encore ne faut-il pas confondre de Gaulle et les gaullistes ou plutôt, devrais-je dire, ceux qui se réclament du gaullisme. Il y a longtemps que des hommes comme Maurice Druon ou Pierre Messmer ont déclaré qu’il n’y avait plus de parti gaulliste en France.

    Au demeurant, je ne considère pas, comme René Rémond que le bonapartisme et le gaullisme représentent l’un des trois courants de la droite. Ce qu’il dit n’est vrai que du bonapartisme du groupe de l’Appel au peuple après 1870 et du gaullisme résiduel d’aujourd’hui, dont les authentiques compagnons du général de Gaulle – j’en ai cité deux – considèrent que ce n’en est pas un.

    Au début de cet entretien je vous ai dit que le bonapartisme était une synthèse entre l’Ancien Régime et la Révolution. Louis Napoléon disait que son oncle voulait « réconcilier deux siècles ennemis ». De même de Gaulle voulut « réconcilier » le dix-neuvième et le vingtième ; il fit la synthèse entre son siècle, marqué par le socialisme marxiste et le siècle précédent, issu de la synthèse napoléonienne. Le gaullisme est ainsi une synthèse entre l’Ancien régime, la Révolution de 1789 et la révolution russe de 1917.

    Mais la synthèse, dans les deux cas, va au-delà. C’est une synthèse de tous les courants de pensée du moment ; de la droite et de la gauche pour simplifier, et aussi du centre et des extrêmes ajouterai-je pour me faire mieux comprendre. Napoléon appela à lui des émigrés et des jacobins. Napoléon III disait vouloir réconcilier les partis et n’être d’aucun. De Gaulle se disait au-dessus d’eux. Ils assemblent les contraires, tant les hommes que les idées. En cela, ils se distinguent de l’orléanisme et du centrisme qui cherchent un « juste milieu », un point moyen, une sorte de lieu politique où les forces contraires s’annulent. Ce sont des « ni, ni ». Le gaullisme et le bonapartisme veulent à l’inverse additionner ces forces, les englober, en les expurgeant de ce qu’elles ont d’inacceptable, d’utopique ou d’exclusif (pensez à la formule gaullienne « le régime exclusif des partis ». C’est un « et, et ». Ce n’est donc pas la droite, et encore moins un lambeau de la droite, pas plus que ce n’est la gauche ou le centre. C’est tout à la fois : une synthèse nationale, consciemment héritière du passé, fortement ancrée dans le présent, résolument tournée vers l’avenir.

     

     - L'Europe : une ambition à l'échelle d'un Napoléon ? Comment imaginer l'Europe aujourd'hui, et comment, si elle est souhaitable la rendre enfin concrète ?

    Je vous répondrai d’abord que l’Europe est concrète, trop peut-être. Elle envahit le concret de notre quotidien, de la couleur des phares à la possible absence de beurre de cacao dans le chocolat, jusqu’aux plans de rigueur imposés aux peuples, le nôtre comme les autres, pour rétablir l’équilibre budgétaire. Les eurocrates, les européistes, ceux qui comptent en tout cas, sont des hommes concrets, froids même. L’Europe est un projet technique, financier, économique, matériel, qui vise à s’affranchir de la politique (et en conséquence de la démocratie). Le comte de Saint-Simon, au début du dix-neuvième siècle, donnait au pouvoir la mission d’ « administrer les choses »

    plutôt que de « gouverner les hommes ». Nous y sommes. Ceux qui sont attachés à la France, à son histoire, à son indépendance et à son avenir libéré de toute tutelle, sont au contraire des affectifs ; ils sont animés par « l’amour de la patrie », par un rêve français, même si, bien sûr, ils développent à partir de ce point de départ des raisonnements construits qui, d’ailleurs, se révèlent à l’expérience souvent pertinents.

    Napoléon, pour sa part, a conquis l’Europe. Ce n’était probablement pas son but initial. L’engrenage de la guerre, l’obstination de l’Angleterre, les coalitions sans cesse renaissantes contre notre pays, l’y ont conduit. Dominant l’Europe, il l’a organisée à sa manière. Cela n’en fait pas autant un « européen » au sens que donnent à ce mot les disciples de Schuman et de Monnet. On doit toutefois remarquer que, rapidement après la fondation de l’Empire, il s’est pris au jeu et s’est pensé en successeur de Charlemagne, des empereurs romains germaniques et même des Césars antiques, qui les uns et les autres avaient été, quoique dans des limites très différentes, des unificateurs du continent. Il fit disparaître en 1806 le Saint Empire, concurrent du sien, épousa en 1810 Marie-Louise de Habsbourg, fille du souverain de cet ancien empire, se faisant ainsi son héritier par alliance, et baptisa son fils « roi de Rome ». Ce sont des signes qui ne trompent pas.

    Mais ce bonapartisme européen a échoué. On peut même constater que c’est à partir du moment où il s’est imposé que les choses, pour Napoléon comme pour la France, ont commencé à se gâter. En répudiant Joséphine pour entrer dans la famille des rois, Napoléon a, en quelque sorte, répudié la nation française et la patrie française. Le bonapartisme triomphant, celui des plébiscites de l’an VIII, de l’an X et de l’an XII, de Marengo et d’Austerlitz est un bonapartisme national. C’est le sauveur de la patrie, face à l’Europe coalisée, que les citoyens ont porté sur le pavois, pas le souverain de l’Europe, qu’ils ont abandonné aux vainqueurs en 1814 et 1815.

    S’il existe aujourd’hui une ambition napoléonienne en matière européenne, elle ne peut être que « souverainiste ». Si un Bonaparte ou un bonapartiste s’avise de mobiliser le pays derrière lui et pour ses idées, il devra se souvenir que toutes les dynasties – les Carolingiens et les Capétiens aussi bien que les Bonaparte – comme tous les régimes – la République n’y échappe pas – ont fondé leur légitimité en incarnant la défense de la Patrie en danger et l’ont perdue par la défaite ou le ralliement au parti de l’étranger. Ce rappel vaut aussi pour les héritiers des Bourbons.

    La République gaullienne est friande des hommes placés en position de « recours » national. Les dynasties, royales, impériale, républicaines, sont un de ces recours, parmi d’autres possibles, à condition de ne pas faire de contresens sur la nature de la nécessité historique qui les appelle.

     

    - Merci !

     


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    Patrick de Villenoisy est le candidat de l'Alliance Royale aux prochaines élections françaises.

     

    Il a déjà conduit en 2007 la liste régionale, en Ile de France, sous les couleurs de l'Alliance Royale.

     

    Il représente un parti créé en 2001, constitué pour proposer un projet, embrassant de nombreuses questions, et que l'on peut résumer ainsi : "le Roi", ou : "Enfin, le Roi". Et en le faisant entrer dans l'univers politique, en présentant depuis, des candidats aux différentes élections.

     

    Personnalité avenante, Patrick de Villenoisy apparaît comme une figure consensuelle au sein du royalisme français.  C'est avec plaisir que nous vous livrons son interview et les axes de sa campagne.

     

     

    Rappellant que le site est étranger aux questions d'ordre politique, se réservant de juger de l'actualité selon d'autres critères si c'est le cas. Les idées présentées par d'autres intervenants ne sont pas celles forcément du site, sa fonction est de présenter les sujets relatifs à l'actualité des monarchies, et par extension, aux questions qui s'y rapportent.   

     

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    L'interview de Patrick de Villenoisy

     

     

            RN 1  :  -  Pensez-vous fédérer, au moins pour cette occasion, les royalistes épars ?


    Je pense qu’il est possible de fédérer les royalistes et le banquet du mois de juin dernier organisé par l’Alliance royale en était une bonne préfiguration. Nous avons lancé une dynamique où il est question de travailler ensemble et les royalistes sont conscients de la nécessité de le faire.

             -  Au milieu de la diversité de choix des candidats et des programmes qui cherchent à se différencier (même s'ils n'y parviennent qu'en surface), une candidature royaliste est pour le moins surprenante ! 


    Je ne pense pas qu’une candidature royaliste soit si surprenante que cela. En effet, au-delà du premier effet de surprise, l’Alliance royale a élaboré depuis 10 ans une stratégie politique qui exploite la seule faille du système. Vous savez qu’il ne nous est pas possible de contester la nature démocratique et républicaine du régime. Toute formation politique qui se proposerait de le faire serait immédiatement dissoute par le ministère de l’intérieur. Nous proposons donc de faire élire un candidat sur un programme affiché de restauration monarchique. Le jour où ce candidat serait élu à la présidence de la république, il aurait toute légitimité à appliquer son programme de restauration monarchique annoncé.

         -  Le royalisme français avait entièrement disparu de la sphère d'influence et de toute présence politique. L'idée royale est-elle une idée d'avenir ?

     
    Ce sont les royalistes eux-mêmes qui se sont exclus de la sphère politique car ils n’avaient pas trouvé le moyen d’y figurer alors même qu’ils contestent le régime dans lequel nous sommes. Pour beaucoup d’entre eux, la politique est sale et il ne faut pas s’y frotter au risque d’être compromis. Je dois dire que cela n’est pas totalement faux et qu’il faudra beaucoup de force notamment morale pour résister aux compromissions.

    Oui, l’idée royale est une idée d’avenir car elle est la seule qui pourra faire coïncider le temps politique au temps économique. Dans un monde qui évolue aussi vite le maître mot sera : réactivité.

         -  Surtout, qu'avez-vous à apporter ?


    Je pense que nous avons à apporter de pouvoir dire la vérité aux Français sur la situation de notre pays. Le Premier ministre François Fillon avait lâché dans un moment d’inattention qu’il était le premier ministre d’un pays ruiné. On lui a vite fait comprendre qu’il fallait démentir et indiquer qu’il avait exagéré. La réalité est très préoccupante et nos concitoyens n’imaginent pas l’ampleur des réformes qu’il faudra mettre en place. Je peux vous dire qu’en plus de 30 ans de lois de finance déficitaires, par une impéritie incommensurable, au mépris le plus évident de l’adage selon lequel gouverner c’est prévoir, nos politiques ont largement obéré l’avenir des générations montantes. En un mot, par manque de courage politique, nous avons acheté la paix sociale à crédit. En effet, en plus des fameux 1 700 milliards de dettes, il y a le « trou » de la sécurité sociale toutes choses qui ne sont rien en regard du problème des engagements que nous avons pris relativement à la question des retraites : environ 3 fois les 1 700 milliards.
    L’état est ruiné mais la France reste un pays riche. Il suffit de cesser de dilapider le travail des Français.
                    
           -  Quels axes d'Alliance Royale mettez-vous en avant, comme par exemple les thèmes classiques : "Couronner la République", ou un roi servant d'arbitre ? Et quels sont vos thèmes de campagne ? 

     
    L’enseignement le plus essentiel qu’il nous ait été donné de recevoir en politique vient de Notre Seigneur Jésus-Christ : tout royaume divisé contre lui-même se perdra. Mon thème de campagne sera donc « réconcilier les Français ». Devant les grands défis que nous devrons relever, il va falloir être capable de faire ce qu’en temps de guerre on appelle l’union sacrée. Cela nécessitera de pouvoir obtenir la confiance de nos concitoyens. Seule, la personne du roi peut réunir les conditions d’indépendance, de durée qui lui permettront d’être cet arbitre capable d’entrainer le grand mouvement de réforme dans la transparence et la justice sociale indispensables.

           RN 2  :  -  Quel est votre calendrier électoral, et à quelles élections participerez-vous outre celle du chef de l'état ? En combien de circonscriptions pensez-vous être présents ?


    Nous serons présents dans un maximum de circonscriptions aux législatives. Je profiterai de ma campagne pour inviter toutes les âmes de bonne volonté à nous rejoindre et à se proposer comme candidat. Vous savez que c’est cette élection qui est la plus importante pour le financement des partis politiques. Nous serons aussi très présents aux municipales de 2015.

           RN 1  :  - Quels objectifs voudriez-vous dépasser (par rapport à 2007 par exemple), en visibilité, mais aussi en nombre de signatures ?

     
    J’ai l’intention de tout faire pour obtenir ces fameuses signatures et je vais disposer de moyens pour y parvenir.

            - Irez-vous chez Ruquier ? (ou toute autre émission grand public)


    Je sais le risque qu’il y a à accepter d’être dans ce genre d’émissions. Pour autant, elles représentent un formidable moyen de gagner en visibilité. Je prendrai donc ce risque.
     
       - Si vous pouviez vous adresser aux maires et élus qui ont le pouvoir de signer en votre faveur, que leur diriez-vous ?


    La lettre aux maires est prête à être envoyée. Je les appelle à remplir la mission que nos institutions leur ont confiée. Il s’agit pour eux en apportant leur signature à un candidat d’écarter ceux qui pourraient être fantaisistes. Je leur rappelle ce que disait Voltaire : « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire ». Je leur explique donc qu’il n’est pas question pour eux d’adhérer aux opinions qui sont les miennes mais de permettre au représentant de ce qui est la plus ancienne tradition politique de notre pays de pouvoir s’exprimer à l’occasion de cette élection présidentielle. Aussi que cette tradition avait porté la France à être la première nation du monde de la fin du XVIIIème siècle. Que si nous sommes encore aujourd’hui la première destination touristique du monde c’est entre autres choses un héritage de cette tradition.

       -  Au-delà de votre candidature, croyez-vous réinstaller dans l'univers des idées, celles qui sont les vôtres ?


    Dans l’hypothèse où j’obtiendrais les signatures, les royalistes auraient une telle visibilité que forcément nos idées seraient réinscrites dans le débat politique. Nous deviendrions le recours. A la faveur des déceptions qu’inévitablement rencontreraient nos concitoyens, ils réfléchiraient à nos thèses.

       -  Comment espérez-vous installer, au fil des mois et des années, vos idées, tenter au moins de les rendre familières aux pouvoirs qui décident ?

     
    Vous savez, à force de répéter les grands thèmes de l’Alliance royale, ces idées feraient leur chemin dans l’esprit des Français : nous sommes dans une grave crise institutionnelle, la démocratie est confisquée par le régime des partis, nos élus ne disposent pas du temps suffisant pour relever les défis qui sont les nôtres, ce régime divise les Français par essence puisque parti veut dire division etc…
                                
       -  Comment voyez-vous l'avenir du mouvement royaliste sitôt achevées l'an prochain les élections du mandat de cinq ans ?


        J’espère que nous aurons réussi à conquérir un espace médiatique et qu’en conséquence nous progresserons régulièrement. Dix ans, ce n’est encore rien pour un mouvement politique. Le temps fera son œuvre.         
          
       -  Comment voyez-vous l'hypothèse royale en 2020 ?


    Les choses se feront avec nos concitoyens au fur et à mesure de l’augmentation de notre nombre, de nos moyens, de notre visibilité. Comme le disait Jeanne d’Arc, les hommes combattront et Dieu donnera la victoire.

     

      - Merci !

     

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