• L'acte de succession des Orléans de 1909

    Par RN 2

     

    Cet "acte" (si le fac simile est conforme à ce qui en est habituellement diffusé) est un jeu de théâtre destiné à asseoir leur position (légalement intenable) selon laquelle on perdrait la qualité de dynaste en s'établissant à l'étranger, position avec laquelle ils entendent écarter les aînés de la Maison de Bourbon.
    Comme certains des Orléans sont établis au Brésil, les aînés de branche les ont déclarés écartés et les Orléans du Brésil, pour aider ces aînés de branche, ont approuvé. Mais ils n'ont même pas pu se tenir à leur propre moyen bancal, puisqu'après la perte du trône du Brésil, les Orléans-Bragance ont voulu revenir sur leur "renonciation", d'où cet acte ridicule.
     
    Comment, selon eux s'établir à l'étranger exclurait de la succession, mais les aînés des Orléans se croiraient assez de pouvoir pour les réintégrer "en dernière position", donc en fait, créer des princes du sang, ce qui a toujours été hors du pouvoir des rois ?
    Cet acte montre juste le peu de cas qu'ils font des lois de succession françaises et de l'intelligence des Français.
     
    En réalité, les Orléans-Bragance n'ont jamais perdu leur qualité de dynaste (si le mariage du duc de Nemours (1) était valide ou putatif, ce qui est relativement probable). Cette fantaisie d'une perte de qualité de dynaste par établissement à l'étranger est très récente (Louis-Philippe montre bien dans ses mémoires qu'elle ne lui est même pas venue à l'esprit contre les Bourbons d'Espagne, pourtant il ne manquait pas une occasion de "placer ses pions", allant même jusqu'à affecter de soupçonner que la duchesse de Berry n'ait accouché d'une fille échangée à la naissance pour le duc de Bordeaux), elle date des années 1870, et elle est contraire aussi bien à l'histoire de France qu'au principe d'indisponibilité de la couronne.
    On peut discuter de ce principe d'indisponibilité pour Philippe-Égalité mais uniquement en lui opposant un principe (probablement) supérieur qui interdit à un parricide de succéder à son père. Ce qui n'a aucune conséquence dynastique, Louis-Philippe étant déjà né (et dynaste) au moment dudit parricide.

    Quant aux renonciations d'Utrecht, dont on parle si souvent sans savoir de quoi il s'agit, elles n'ont rien à voir avec cet acte, mais elles aussi contreviennent au principe d'indisponibilité et Louis XIV le savait très bien lorsqu'il a poussé son petit-fils à les prononcer (ce que celui-ci n'a fait que pour n'être pas parjure auprès du peuple espagnol d'ailleurs).
     
    De plus, si elles étaient valables, elles sont extrêmement claires et explicites dans leur exclusion des descendants en ligne aussi bien féminine que masculine, qui exclurait donc tous les Orléans comme descendants de Marie-Amélie des Deux-Siciles, descendante de Philippe V.
    Les orléanistes ont beau prétendre que cette exclusion des descendants par les femmes "est illogique", elle ne l'est pas du tout, elle est même tout à fait rationnelle. En effet, la renonciation de 1712 a été exigée par la reine usurpatrice Anne d'Angleterre, qui refusait de croire qu'on ne pouvait pas changer l'ordre de succession à la couronne de France. Si elle avait compris que cet ordre de succession ne pouvait pas être changé, elle n'aurait certes pas autant insisté pour obtenir une renonciation sans effet. Et à partir du moment où elle croyait que l'ordre de succession pouvait être changé, elle pouvait bien croire que les Français pourraient choisir un descendant de leurs rois par les femmes, d'où la précision et la répétition dans le texte de la renonciation, de cette exclusion y-compris de la descendance par les femmes.
     
    On peut noter que trois mois seulement après la signature de ladite renonciation, nombre de juristes parmi les plus éminents du royaume l'ont déclarée juridiquement nulle et non avenue. Cet ouvrage a nécessairement reçu l'approbation de Louis XIV, s'il n'était pas prévu dès le départ.
     

    L'acte de succession des Orléans de 1909

     

    1. Le duc de Nemours était le père de Gaston d'Orléans, qui par son mariage avec l'héritière du Brésil fonda la maison d'Orléans-Bragance.


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