• Jean d'Ormesson n'est plus ici mais il demeure

    RN 1 pour la Rédaction

    Il incarnait l'Académie Française à lui tout seul et aussi la noblesse française.

    Immortel parmi les immortels, il avait donné regain dans des années difficiles à la réputation de l'illustre compagnie. Déjà installé et l'un des plus jeunes auteurs de l'Académie, il avait fait se rencontrer le grand public avec elle, à travers ses apparitions nombreuses au petit écran dans l'émission de Bernard Pivot dans les années 70, popularisant ainsi une conception traditionnelle de la littérature au présent.

    Son roman Au Plaisir de Dieu l'avait fait connaître auprès du grand public par son adaptation à la télévision. Ce roman était une synthèse qui résumait la grande noblesse française à l'époque moderne, une de ces évocations de société que l'on ne rencontre tout au plus, qu'une seule fois par génération. Suivront des romans, ou des essais, tels que La Douane de Mer, La Gloire de l'Empire, l'Histoire du Juif Errant, ou Jean qui grogne et Jean qui rit, qui succédait à Du côté de chez Jean publié dès 1959, et qui sont des sommets de son œuvre. Mais surtout, peut-être, il fut un chantre inconditionnel de Châteaubriand, son modèle, auquel il aura prêté une nouvelle existence en le replaçant sans cesse en perspective de son œuvre propre.

    L'un des talents de Jean d'Ormesson  : en une page comme en trois lignes, il avait dit le siècle. Ses chroniques furent longtemps un régal savoureux et un rendez-vous du Figaro, dont il fut le directeur.

    Fils de l'Ambassadeur de France du Front Populaire, il embrassait toutes les idées avec recul, sans cesser de conserver les siennes avec constance et avec la conscience de les regarder sous d'autres perspectives. Ainsi, il était philosophe sans le dire (trace de son agrégation de philosophie...), et c'est un trait permanent de son œuvre, que de laisser la part des autres. Pour nous, c'est la gloire de toute son œuvre.

    Il défendait les Chrétiens d'Orient alors que lui-même, avouait ne pas être croyant, mais sans aucun doute était-il un chrétien de culture, un de ceux qui sont imprégnés des valeurs chrétiennes identifiables avec la culture.

    La maison d'Ormesson est l'une des gloires de la France et elle fut l'une de ces très rares grandes familles parlementaires qui imprimaient leur marque sur les affaires du royaume. L'écrivain était le neveu de l'Ambassadeur Wladimir d'Ormesson, qui avait publié des souvenirs précieux.

    Ce qui se retient de l'homme, autant que de l'écrivain, est sa nature spirituelle et optimiste. Cependant il fut longtemps inquiet, à l'intérieur de lui-même. Il poussa le scrupule à avouer au public un remords personnel d'ordre privé. Il faut retenir aussi sa nature profondément bienveillante.

    On peut parmi tant de choses, retenir de Jean d'Ormesson d'avoir façonné le nouveau visage de l'Académie en étant le promoteur de l'entrée pour la première fois d'une femme à l'Académie : Marguerite Yourcenar. Il était un ami personnel de Valéry Giscard d'Estaing.

     

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    Nous reviendrons sur Jean d'Ormesson.

    Jean d'Ormesson n'est plus ici mais il demeure

     © Femme Actuelle

     

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  • Commentaires

    1
    TR
    Mardi 5 Décembre 2017 à 20:47
    2017 : très mauvaise année pour l'élégance.
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