• France : Réformer le recrutement et la formation des hauts fonctionnaires

    La Rédaction

    En amont des modifications constitutionnelles nécessaires que RoyautéNews, ou d'autres, porteront, et avant de présenter nos propositions de réformes urgentes, il en est une qui touche à l'origine d'un grand nombre de maux politiques et administratifs.

    La suppression de l'ENA, cette fabrique aux cancres des hauts fonctionnaires de l'État, a été abondamment discutée il y a plusieurs années, et il existait même une sorte de consensus à ce sujet. Pourtant, rien n'a bougé. La décentralisation vers Strasbourg avait contribué à assoupir une part des critiques ( janvier 2005).

    Le problème de l'ENA est que ce stage, qui dure en principe deux ans, ne fournit pas, et ne peut fournir l'expérience nécessaire que doit posséder celui qui gouverne une part du secteur public. Il ne lui donne que la maîtrise des rapports que rédige tout haut fonctionnaire et l'on voit déjà que, loin de former une capacité d'analyse indépendante, c'est au contraire un formatage de l'étudiant, qui survient après une longue scolarité, destiné à en faire le rouage utile à la machinerie administrative la plus lourde du monde. 

    À ce stade de nos réflexions, nous ne trouvions pas comment redessiner le circuit de formation de ces étudiants destinés dès leur scolarité, puis toute leur vie, à coûter cher au budget de l'État. Pour pas grand chose, puisque tout va mal. Pour nous, c'est l'expérience de vie qui doit ouvrir les portes des très hauts postes de commandement (société civile appliquée à l'ensemble du système). Mais ce n'est pas si simple. Une partie des élèves de l'ENA n'accède, en début de carrière qu'à des postes de décision limitée, leur donnant le temps d'observer et donc d'acquérir de l'expérience. Mais cette situation dans des postes réservés renforce encore plus un sentiment de supériorité déjà développé au sein de la prestigieuse école créée en 1945. Et renforce le formatage si décrié.

    C'est là que le site royaliste Royal Artillerie a partagé avec nous sa réflexion.

     

    « Le modèle napoléonien de la "grande école" est en défaut. Il formate des robots à partir de grands ados qui restent plus ou moins bloqués à ce stade d'évolution, surtout dans le milieu ingénieur.

    « Je préfère de loin l'Université et militerais pour sa rénovation et pour son rehaussement. Pour la haute fonction publique, je pense qu'elle devrait être recrutée sur concours du niveau d'un troisième cycle sans distinction de parcours.

    « Il devrait y avoir un concours propre à la Préfectorale, un autre au contrôle de l'État, un autre aux finances etc. S'y présenterait qui veut contrairement à aujourd'hui où la filière imposée sélectionne et formate dès après le bac des perroquets de la bienpensance, jusqu'à leur offrir un choix de postes au classement de sortie, certains postes étant un pis-aller pour certains.

    « Quant aux transferts entre sociétés civile et politique, ils sont très fréquents dans le monde anglo-saxon parce qu'il y a moins de formatage et plus d'universalité mentale. Mais il y aussi plus de sanctions du succès ou de l'insuccès alors qu'en France nous souffrons du système de la rente. Un diplôme se monnaye à vie. »

     

    Nous vous recommandons aussi la lecture de l'article de Royal Artillerie « Le régime fait problème ».

     

    France : Réformer le recrutement et la formation des hauts fonctionnaires

    Photo Ifrap ; L'Ecole Nationale d'Administration


  • Commentaires

    1
    Mercredi 13 Février à 11:49

    Merci pour le rebond.

    Bonne continuation à vous.

      • Mercredi 13 Février à 15:39

        Merci à vous et bonne continuation aussi ! happy happy happy

    2
    TR
    Jeudi 14 Février à 18:18

    Catoneo, votre article était excellent!



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