• Ethnologie politique (2) ; une chronique de Royauté-News

    La Rédaction et le Service politique de Royauté-News

    Comme nous l'avons dit ce matin et avant de poursuivre notre Ethnologie politique du moment, ouvrons la semaine d'avant Second Tour avec une satisfaction : nous avions prévu que Marine Le Pen ferait certainement tandem avec Nicolas Dupont-Aignan dans notre article La chronique présidentielle de Royauté-News et l'évaluation des candidats à J - 4 du 20 avril. C'était le choix le plus raisonnable et c'est chose faite. Ce choix a été rendu public vendredi 29 avril. C'est une nouvelle estimation juste à porter au score de Royauté-News.

    L'appareil médiatique autour du phénomène macronien (il mérite bien ce label) a été conçu au soir du 1er Tour comme un marquage définitif pour l'avenir, pour le cas où il ne franchirait pas la seconde arrivée : 1/ marquer une fois pour toutes un discours national fondé sur un élan majeur - et une fougue ( ) ne pouvant qu'être capitalisés. 2/ remercier ses amis et ses proches, ainsi que ses militants. Lorsque l'ambiance le permet (encore).

    Si de nombreux avertissements de vigilance lui ont été lancés,  ici il pourrait s'agir d'un aveu de possible faiblesse, un aveu en creux des équipes macroniennes et de l'intéressé lui-même. Son discours de vainqueur, le soir du 23 avril, résonnait (presque) comme celui d'un nouveau président... Un discours qu'il s'offrait, et offrait à son camp. Son repas, dans le quartier Montparnasse, entouré de proches, et de ceux qu'il voulait remercier, est - ou aurait dû être une étape normale de victoire de second tour... Si Emmanuel Macron a voulu poser ces actes symboliques si importants dans la vie d'un mouvement, c'est que sans doute pour lui, le second soir ne viendrait peut-être pas. C'est à cette précaution qu'il faut juger la réalité de fond : le désir de changement des électeurs, derrière le rouleau compresseur médiatique qui veut affoler les Français.

     

    Jean-Luc Mélenchon et « l'insigne des déportés politiques » qu'il porte depuis cinq ans. A plus forte raison, la majorité des Français pourrait revendiquer cette qualité de déporté puisque les groupes droite/gauche maintiennent contre la volonté des Français des choix imposés contre l'intérêt du pays et l'intérêt collectif.

    « J'irai voter, disait-il, d'abord parce que dans le programme il est écrit le vote obligatoire, donc j'essaye au moins d'être cohérent avec le programme que j'ai défendu. » Bel esprit de tolérance pour ceux qui estiment ne pas avoir à voter devant des choix trop peu nombreux... ou trop peu sérieux.

    Le Patriotisme est la notion gagnante (le Vote Blanc renforcé, lui aussi, s'il finit par être restauré) de cette élection présidentielle.

    « Mon beau Pays, ma belle patrie...» Jean-Luc Mélenchon le 23 avril 2017.

    Nous avons aussi un nouveau patriote en la personne d'Emmanuel Macron. Mais la distinction entre patriotisme et nationalisme ne tient pas, à la réflexion.

    Nation provient de naissance. Patrie vient de Père(s). Chercher une tradition différente à deux notions parallèles et complémentaires appartient à la stratégie de récupération mais non à une réalité objective. Le patriotisme n'a jamais été l'apanage, comme elle l'a longtemps cru, de la Droite, et le nationalisme bien conçu mène à la prudence et aussi, à « l'ouverture »... notion commune aux crustacés et aux amateurs de mots creux. Le vrai et bon nationalisme consiste en la prudence de soi-même, pour aborder à son rythme et à son échelle les problèmes d'une échelle plus vaste. Il n'est pas synonyme de fanatisme ni de « repli...» Tout reste ensuite à déterminer - à l'usage - si le courant Le Pen peut constituer une tentation de cet ordre. La raison voudrait que l'orientation gouvernementale d'une Marine Le Pen soit celle de la prudence. Sur cette capacité, nous ne saurions trancher...

    Beaucoup de vieux et sincères socialistes du 1er septennat Mitterrand n'avaient pas accepté les régularisations massives de nationalité à partir de 1982... certains prétendant même vouloir rendre leur carte. C'est que, Socialiste (comprenez, membre, sympathisant ou électeur du PS) auparavant ne signifiait pas forcément aligné sur la ligne des nouveaux courants qui modifiaient alors la trajectoire du Parti Socialiste et obtenaient une influence prépondérante : internationaliste, apatride, et pour tout dire couleur zombie. Une ligne radicalement opposée à la ligne traditionnelle, populaire et patriote, du Socialisme à la française. La nouvelle génération d'influence au PS, allant de Jack Lang à Strauss-Kahn en passant par Fabius, et par les trotskistes Jospin et Cambadélis par exemple. Une ligne de faille en puissance de ce que dessinerait près d'un quart de siècle plus tard le Référendum de 2005 et sa fracture définitive de la Gauche sous l'impulsion de Mélenchon et l'apparition (ou la réapparition) d'une Vraie Gauche ou Gauche radicale.

    Cette ligne de faille entre des conceptions irréconciliables, par exemple sur la nationalité, vécue dans l'espace politique mais surtout dans la conscience des Français, pas plus que ses conséquences n'ont jamais été réglées en France. On a vu au contraire, la Droite de gouvernement verser dans les discours contradictoires, stériles et parfois virulents, sans jamais apporter aucune solution : ce vide, ce déni de responsabilité, se retrouvent dans la ligne qui sépare aujourd'hui la France  « macronienne » de la France tout court, celle qui n'a pas fait varier de sens des notions fondamentales. Bien entendu, un grand nombre, croyant bien faire, parmi les électeurs se ramènera à un choix qui reportera encore un temps la pression de la marmite jusqu'à ce que des résultats irréversibles se produisent, pour contrer la solution Le Pen qui fait partie tout aussi bien que les autres, faillies, de l'offre politique. Si l'on s'en plaint, il fallait se saisir en temps utile de ces questions au lieu de s'en remettre à l'irresponsabilité des politiciens en charge et prendre la mesure des urgences.

    Il existe un critère très puissant, peut-être décisif, pour mesurer l'évolution de trente ou quarante ans du Front National, plus spectaculairement mise en œuvre lentement par Marine Le Pen depuis les années 2002-2005. Le critère absolu des droites de type radical et ultra nationaliste avait toujours été, et demeure, une haine farouche du Gaullisme et des acquis gaullistes. Les bases du vrai Gaullisme sont désormais acquises par ces courants, qui s'y réfèrent volontiers. Leur mue  est-elle le signe d'une centrisation et d'une modération de la Droite nationale ? En tous les cas, les défenseurs de l'universalisme alliant utopie et ultralibéralisme sectaire, catastrophes économiques planétaires et qui couvrent le spectre macabre du paysage Gauche/Droite, ont tous renié l'héritage gaullien, et revendiquent aujourd'hui des positions folles... Cherchez l'erreur.


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