• Entretiens avec le Marquis de Thoran

    Belge de naissance, issu d'une illustre famille d'origine française, et lui-même redevenu français, Son Excellence le Marquis de Thoran, président du Conseil aulique de l'Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem, dont le Grand-Maître, aujourd'hui émérite, est depuis 2004 le Prince Charles-Philippe d'Orléans, est depuis longtemps l'un des proches du Comte de Paris dont il demeure attaché à défendre les intérêts. Voici quelques années, il a fondé avec lui l'IMRF, l'Institut de la Maison Royale de France.

    Ce que l'on pourrait dire de sa famille, tant il est riche, ferait l'objet d'une longue série à part.

     

    Ces entretiens n'ont pas la forme d'une interview classique faite de questions et de réponses. La discussion à bâtons rompus sur différents sujets ainsi que l'évocation d'éléments personnels n'aurait pas permis cette formule, et surtout, la culture classique et la réserve diplomatique de celui que nous présentons favorisaient plutôt la synthèse. Satisfaction de constater que la vision de ce fidèle défenseur du Comte de Paris souvent approchait la mienne.

    Tout est diplomatique chez lui. Européen par la naissance, il évoque avec aisance les questions les plus difficiles qui prennent alors un tour de facilité sur un fond de sérénité optimiste.

    Avant tout il invoque la simplicité. Simplicité dans les rapports avec autrui, à l'image des grands rois d'autrefois. La manière dont il se veut ouvert au village, dans sa province.

     

    Pour lui, il faut mettre au contact du Peuple français sa richesse historique, qu'au fond il ne connaît pas vraiment, afin qu'il la redécouvre  profondément et puisse à la fois la comprendre et s'en imprégner. Et par là, comprendre ( et redécouvrir) son passé. Un passé certes abimé par l'image négative transmise depuis la Révolution, mais comme nous le verrons plus loin, il ne s'agit pas d'un obstacle insurmontable.

     

    "On retient le côté fastueux, mais Versailles est aussi la représentation de tout l'Art et de la conception d'une époque" dit-il.

    A l'évocation de la question centrale : le peuple est-il prêt à une Restauration ? , M. de Thoran estime que "les Français gardent une image de la France, et que le bon sens leur reviendra". Mais, précise-t-il, "nous ne sommes pas dans une époque de Restauration".

    Il évoque à ce propos un épisode qui m'est familier : le souhait du Général de Gaulle de voir lui succéder l'ancien Comte de Paris. Je pense par devers moi, à la fois que cette époque est ancienne et qu'elle n'est pas directement reliée au souhait nécessaire du peuple Français. Mais je comprends aussi que dans cette réponse, réside l'idée que la proximité d'une Restauration a été envisagée comme d'une façon naturelle, et que ceci répond aussi à la question.

    "L'Histoire, y compris de nos jours, nous montre que, partout dans le monde, les styles de gouvernement se succèdent les uns aux autres et qu'il n'y a rien de figé. Des royautés succèdent à des républiques, des républiques à des empires. C'est une mutation perpétuelle, en quête d'un système idéal".

    Sur ces questions évoquées pêle-mêle, de l'avenir dynastique français, il me dit : "Il existe un sentiment des Français. Lorsqu'une manifestation est organisée à Amboise, il y a foule." [ divers événements, dont notamment le Millénaire Capétien en 1987 ].

    Quant aux difficultés passées entre l'actuel Comte de Paris et son fils Jean, il estime qu'avec le temps, le sang prendra ses droits ( comprendre par : la conscience d'être un chef de famille ) et que toutes choses s'apaiseront, mais il semble qu'il veuille indiquer sans le dire que le moment de cette position n'y soit pas encore.

    Lorsqu'il rencontre les Princes, le Marquis de Thoran leur parle tout le temps de Louis XI, de son aveu le plus grand des rois de France. "C'est lui qui a façonné la France". [ Là encore, j'évoque ma crainte que l'image imprégnée dans l'esprit commun ne rende impraticable la vénération de ce roi connu pour ses cages de fer ]. Il donne en exemple la simplicité de Louis XI et son sens de l'approche de l'autre.

    Lorsque j'évoque l'année Henri IV (2010) il me cite cette anecdote historique : "Chevauchant pour se rendre au château de Boucart, Henri IV  trouve sur son chemin un jeune garçon et lui dit : -"Ou vas-tu ?  - à Boucart, répond celui-ci  - Monte en croupe", lui dit le roi. Arrivant à Boucart, tout le monde se découvre et salue le roi profondément. Le garçon s'exclame :  -Est-ce moi, le roué, qu'on salue ainsi ?

    A propos de l'Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem dont il est le n° 2, et au sujet des difficultés soulevées par certains qui remettent en cause la validité de l'Ordre [ que nous n'évoquerons pas ici ], le Marquis de Thoran estime que les choses sont en bonne voie.

    [ Pour ma part j'exprime ma satisfaction de cette partie des activités caritatives de l'Ordre, dont j'ai eu connaissance très récemment, l'aide apportée aux sans-domicile fixe. ]

    D'une manière générale, "L'esprit des vanités s'est écarté de Malte et de Saint-Lazare" me dit-il. [ De fait, la branche de l'Ordre jusque ici dirigée par le Prince Charles-Philippe s'est déployée vers l'action caritative, considérée comme insuffisamment présente auparavant ]

    La conclusion de cette évocation sera celle de M. de Thoran, "la France est un beau pays qui doit réapprendre à travailler". Elle trouvera ainsi les moyens d'aider ceux qui en ont besoin." 

     

    Le Marquis de Thoran en présence du Comte et de la Comtesse de Paris.

    (Cette photo n'existe plus. Elle est remplacée le 25 Juin 2016 par celle-ci.  Courtoisie aux Manants du Roi )

    Entretiens avec le Marquis de Thoran

    Nous ajoutons le 18 Juillet 2017 une image d'archives :

    Le Marquis de Thoran avec le Comte et la Comtesse de Paris

    Entretiens avec le Marquis de Thoran


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