• Ecosse : en route pour l'Indépendance !

    Par RN 1 grâce aux éléments fournis par notre ami µ***ù.

     

    Cameron a refusé le débat télévisé avec Alex Salmond. Certainement une nouvelle erreur du premier Ministre britannique. Le premier débat, avec Alistair Darling, ancien ministre britannique Travailliste des Finances, avait montré un Salmond convaincant et qui caracole depuis un bon moment loin en tête dans l'opinion.

    Mais tout se jouera par les indécis. Au départ, Conservateurs et Travaillistes étaient pour le Non. Mais les nationalistes ont mobilisé pour le Oui, malgré les menaces au sujet du financement des retraites émises par les partisans du Non.

    Mais, même si le Non l'emportait Jeudi, plusieurs concessions ont déjà été faites à ceux qui souhaitent l'Indépendance, en matière d'impôts locaux et de sécurité sociale notamment. Quoi qu'il en soit, un panique est visible depuis quelques jours dans le camp du Non. Et comme l'issue semble serrée (neck and neck), ce seront les indécis, mais aussi, et peut-être surtout, les nouveaux votants ( l'âge du vote a été abaissé à l'âge de 16 ans), qui décideront du scrutin.

    On sait du moins que les Britanniques ne pourront pas empêcher les Ecossais d'utiliser la Livre Sterling et cela a été confirmé. Selon les Indépendantistes, "la Livre appartient autant à l'Ecosse qu'au reste du pays."

    Ce referendum écossais est étroitement lié au sort de la Grande-Bretagne dans l'Europe. La Croix du 22 Juillet, François-Martin Genier titrait : "Europe : La Grande-Bretagne sur la voie du départ ?". Le parti UK, en Angleterre, croît sans cesse et il réclame une sortie de l'Europe en 2016-2017. Certains journaux poussent ce parti à s'intégrer parmi les Conservateurs, jugeant Cameron trop mou au sujet de l'Europe.

    David Hanley, de l'Université de Portsmouth, dans La Croix des 7-8 Mai 2014 : "L'appui pour le Oui monte à 39 % (entre 45 et 48 si on exclut ceux qui ne se prononcent pas). Depuis plus de trente ans, l'Ecosse prend ses distances avec la ligne politique néolibérale qui prévaut à Londres, que ce soit sous Tony Blair ou sous Cameron". (...) "On essaie de menacer les Ecossais quant à l'avenir de leur monnaie, de la situation des bases militaires, et sur l'éventuelle adhésion de l'Ecosse et ainsi de suite." (...) Alex Salmond a bien saisi sa chance, faisant une politique (...) social-démocrate, plumant ainsi la volaille Travailliste, en quoi il a été aidé par la médiocrité affligeante d'une suite de leaders Travaillistes trop complaisants, pour avoir longtemps joué d'un quasi-monopole de la vie politique écossaise."

    Dans el Financial Times du 6 Septembre 2014, Mure Dickie : d'après lui il s'agit pour le Oui de "défaire l'union politique avec l'Angleterre qui existe depuis 1707, de mettre fin à une union importante historique, et de réduire l'influence de la Grande-Bretagne, internationale, économique, et militaire."

    Mais il faut dire aussi que les Travaillistes ont toujours été opposés à la base nucléaire de l'OTAN en Ecosse.

    De plus, l'Indépendance comporte une dimension très personnelle pour les Ecossais, au sujet de leur identité, et pour les conséquences de cette Indépendance : quel est le type de nation qu'ils veulent créer.

    Il existait déjà un vieux courant, minoritaire, souhaitant une restauration historique, avec une souveraineté pleine. Mais la majorité de la société désire, grâce à l'Indépendance, une société plus juste et plus égale, impossible depuis Westminster et sa politique ultra-libérale. Or, ceux qui votaient Travaillistes, sont maintenant pour l'Indépendance, et le Scottish national Party est majoritaire à l'Assemblée.

    Certains disent : "Je veux mourir Britannique, donc je devrai quitter le pays". Rejoignant ainsi la position de ceux qui soutiennent l'union : (le Oui est) une folie, une insanité, il a pour but de détruire la prospérité de l'Ecosse et d'abandonner l'identité britannique. Ou, comme le déclarait un député travailliste à Westminster : il s'agit d'achever les blessés".

     

    Comment en est-on arrivé là ?

     

    Le SNP ( Scottish national Party a d'abord gagné l'Assemblée d'Ecosse, puis a demandé un referendum, et après beaucoup d'hésitations, Cameron a accepté. Il pensait, sur le papier, que le Non gagnerait facilement, et que le mouvement pour l'Indépendance était très minoritaire. Depuis plusieurs années, il existait déjà 1/3 pour l'Indépendance, et beaucoup ont voté pour le SNP en 2011 car ils avaient été impressionnés par la compétence des élus dans les villes, et à l'Assemblée. Ils ont voté pour cette raison, plus que pour les questions de souveraineté.

     

    Un facteur vital dans le soutien au Oui, a été l'évolution dy Yes Campaign (pour le Oui).Il s'est appuyé sur un large mouvement et sur une base communautaire élargie, avec un appel à la masse. Il a pu ainsi accueillir beaucoup de gens qui étaient éloignés de la base traditionnelle et non concernés par une base romantique. Par exemple, ces dernières semaines, il y a eu à Edimbourg, des kiosques destinés spécifiquement aux avocats, aux enseignants, aux artistes, aux membres du Parti travailliste, aux Lesbiennes et Gays, aux équipes locales de Football, des secteurs bien ciblés. Ont été distribuées des brochures Asiatiques pour le Yes Campaign. Un Pakistanais déclarait : cela est nécessaire à la société pour la prospérité et cela parle à la communauté émigrée. Il existe ainsi des groupements, par exemple, Jamaïcains, ou Africains, pour l'Indépendance. Il existe aussi des Anglais, d'origine Ecossaise, qui sont pour le Oui, et pas seulement sur la base d'un nationalisme ethnique, mais par un Nous inclusif : "Nous, qui habitons en ecosse". Et il s'agit d'un mouvement très large. Le Oui s'adresse aux désillusionnés du Parti Travailliste, à ceux qui veulent mettre fin à la gouvernance par les riches de Londres.

    Certes, ce n'est pas encore gagné, mais les Ecossais aiment l'idée d'Indépendance. Mais certains auront un doute peut-être au moment du vote. Le slogan du Non proclame : "Si vous ne savez pas, votez Non". Ou encore, "Sauvez le Vote Non". Il s'agit en tous les cas de l'un des plus grands défis de la Grande-Bretagne depuis plusieurs siècles.

    Le votre des hommes est estimé à 52% pour l'Indépendance. Les hésitations sont un peu plus prononcées pour les femmes.

    Mais même si le Non l'emportait, l'idée de l'Indépendance, désormais, restera.

     

    Si le OUi l'emporte, il y aura alors 18 mois de négociations, aussi bien sur la question du lien avec la Grande-Bretagne, sur le drapeau, et sur la Livre Sterling.  Mais pour la Livre, La Banque Centrale a récemment affirmé que l'Ecosse pourra conserver la monnaie.

    Rassurons cependant tous ceux qui se posent cette question : si le Oui l'emporte, le blason de la Grande-Bretagne restera le même. En effet, si l'Ecosse obtient son Indépendance, elle sera donc libre, tout en conservant la Reine.


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  • Commentaires

    1
    TR
    Mercredi 17 Septembre 2014 à 20:53

    Pour les nombreux Écossais qui étaient indécis, je pense que le mépris et les menaces de Londres vont compter beaucoup.

    Et puis il y a eu cette diabolisation du mot "séparatiste" dans le discours officiel, avec l'affaire ukrainienne...

    2
    marmotibus
    Jeudi 18 Septembre 2014 à 00:46

    merci pour ces explications bien utiles

    3
    RN 1
    Jeudi 18 Septembre 2014 à 09:53

    Bonjour TR smile smile smile Effectivement !!!

     

    Bonjour Marmotibus smile smile smile et merci !!!

     



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