• Dignités dérivées, inappropriées ou prêtant à confusion -

    Par La Rédaction de Royauté-News

     

    Les deux exemples de dignités usurpées que nous présentons concernent la France. Le Prince Jean d'Orléans, Duc de Vendôme, héritier au troisième rang pour les partisans de la maison royale d'Orléans, est devenu au mois de Mai le parrain du 4° Régiment de Chasseurs. Ce Régiment a porté autrefois le nom de Régiment de Clermont (jadis nommé Clermont-Prince dans le jargon ordinaire des siècles passés). Or le titre royal de Clermont appartenait à la branche des Princes de Condé, et c'est de cette branche qu'il avait été nommé. Il se trouve que les Orléans se sont attribués depuis ( 19° siècle) le titre de Comte de Clermont, porté pour la première fois par Robert, dernier fils de Saint-Louis, et traditionnellement porté par l'héritier du Chef de la Maison de France, (qualité arborée par les Orléans) c'est-à-dire aujourd'hui, par le fils aîné, François, du Comte de Paris Chef des Orléans, représenté par son frère le Duc de Vendôme. Mais dans leur qualité de Prétendants et d'héritiers de la couronne de France, l'assimilation, ainsi, est facile. Mais elle n'est pas acceptable. Les Orléans, Comtes de Clermont peuvent représenter des Orléans Comtes de Clermont mais ne peuvent représenter une dynastie qui n'est pas la leur et à laquelle tout oppose.

    Or les Orléans ne peuvent se prévaloir de la maison de Condé, si fidèles aux rois et l'un des joyaux précieux de l'ancienne royauté française. Après avoir obtenu pourtant l'héritage matériel des Condé, ils ont essayé d'accaparer leurs titres et les ont portés, d'ailleurs avec élégance et leur assurant un nouveau prestige.

    Le Duc d'Aumale, qui lui, était honnête, s'était dépouillé assez vite de cet héritage en l'offrant à la France. Les Orléans ne peuvent se réclamer que des Orléans, et on trouvera en bonne logique, que cette famille si satisfaite d'elle-même se suffise enfin de l'aire à elle naturellement dévolue par l'Histoire et le droit.

    Les Princes d'Orléans ne peuvent réclamer aucune tradition morale provenant des Condé, même dans le cas du Prince Jean, qui par le fait, on pourrait dire du hasard, se trouve être un descendant - parmi d'autres... - des Condé. Sans aucun droit de se réclamer de cette branche de la maison royale de France. Du Comte de Paris à son fils le Duc de Vendôme, n'existe aucune différence de nature. Ils appartiennent l'un et l'autre à une famille identifiée comme limitée, réservée à sa seule dimension à dire vrai originale, propriétaire d'un label de  virtualité immuable et sise en dehors de la monarchie traditionnelle, celle d'une famille rivale des rois de France, ennemie de l'ancienne royauté française, perpétuellement en lutte pour tenter de s'imposer contre des rois qu'ils n'aimaient pas et dont la formule est l'antithèse absolue. Leur droit de proposer leur formule, pas celui de s'accaparer un héritage qui ne leur reviendra jamais. On apprécierait les Orléans, sans toutefois adhérer à leurs idées, s'ils s'arrêtaient à un exercice d'ailleurs assez réussi dans le rôle du panache, sans défier le sens élémentaire, un sens qui n'échappe à personne. Sauf à une poignée d'illuminés. Les Orléans, depuis peu, redevenus remuants, se verront opposer toute critique dès lors qu'ils déborderont de leurs droits propres, inextensibles, impuissants à phagocyter l'ancienne royauté.

                                                                 *          *          *

    Autre cas célèbre dont le Figaro parlait le 16 Août 2016 à propos du locataire de l'Elysée visitant le Pape. Un encart, sur la page consacrée à ce non-événement rappelait, dans un raccourci simpliste mais soulignant l'inculture génétique des gens de Droite, l'origine de cette dignité accordée au roi Henri par le Chapitre de Latran. Origine, le don d'un monastère par Henri IV, dépourvu depuis si longtemps d'aucun sens. 

    Prétendre qu'un président de la république soit un héritier des rois des France est proprement répugnant et doit susciter la plus grande révolte.

    Le cas encore des Chanoines de Latran. A partir d'une habitude prise avec Henri IV, d'octroyer à chaque roi de France une place au sein des Chanoines de la Basilique de Latran, tradition qui n'avait plus de sens après la Révolution, cette ridicule prétention des présidents de la république a été ressuscitée. Que le Général de Gaulle ait renoué avec cette tradition, quoi de plus normal. Après lui, cela n'avait plus aucun sens et que le Président Giscard d'Estaing l'ait demandée est un exemple de l'inconscience qu'il a toujours manifestée en toutes choses, y compris pour les institutions qui ont un sens et une importance ; il a toujours agi comme si ses successeurs seraient comme lui, sur un nuage ; seraient dignes, légitimes, incarnant le pays ; que les choses demeureraient immuablement. Il a forgé des institutions, renforcé celles qui existaient, pour les transmettre à une succession d'emplâtres, spécialement à partir du Grand Jacques, celui-ci essentiellement occupé comme son nom l'indique à faire le Jacques. Ensuite, la suite découle, inexorablement. L'affaiblissement constant, la cession en paquet cadeau du pays à des métèques et à des crétins de classe mondiale, incapables, virulents, insolents, obscurs, qui ont implanté en France la dictature sous le joug de laquelle elle se trouve aujourd'hui. De la dictature de l'imbécillité découle nécessairement et impitoyablement la dictature tout-court.

    Dans le premier cas évoqué dans cet article, comme dans le second, on se trouve également dans la confusion, traits constants de la république : le mensonge, et s'attribuer ce qui n'est pas à soi.


  • Commentaires

    1
    TR
    Mercredi 26 Octobre 2016 à 21:08

    Bravo!

    En ce qui concerne Giscqrd, je pense qu'il s'agit d'une gourmandise, voire d'une coquetterie, à l'endroit de tous les titres, dignités et appartenances sélectives : sans doute un héritage de famille. Cela a son charme, mais aussi son ridicule, comme, je crois, l'ANF et les Cincinnati se sont chargés, en leur temps de lui rappeler. Pas les papes, qui devaient préserver leurs relations avec un président français, et n'ont sans doute rien vu de bien dangereux dans celle-là (qu'ils considéraient peut-être même, alors, comme un hochet).

    2
    Royauté-News
    Vendredi 28 Octobre 2016 à 19:14

    Cette gourmandise dont vous parlez est tout-à-fait concevable dans le cas du Président, bien qu'il ait en outre toujours eu à cœur de sauvegarder tous les attributs du premier magistrat de France.

    Il n'a jamais selon nous demandé l'entrée à l'ANF. Dans le cas des Cincinnati, normalement il aurait été éligible en logique mais cette adhésion se heurtait aux règlements d'entrée, et il ne faut pas y voir dans le refus à cette démarche autre chose que l'impossibilité de ce règlement à être modifié à l'occasion pour un représentant illustre. D'ailleurs il est bon se savoir que le Président des Cincinnati de France, à cette époque, soutenait cette démarche d'entrée.



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