• Avis sur le livre "Le mariage forcé"- Marie-Antoinette de Jean-Pierre Fiquet

    Nous déconseillons formellement ce livre.

    Le mariage forcé ; ou Marie-Antoinette humiliée - Jean-Pierre Fiquet. Préfacé par Gonzague Saint-Bris.

    Déjà, au vu du seul titre de ce livre écrit par un journaliste et non par un historien - ce qui est déjà problématique, mais du moins révélateur - notre avis était défavorable (Juillet 2015).

        « Ce n'était pas un mariage forcé ! Un mariage arrangé, certes. Et qui a mal commencé.

    Mais aussi bien Louis XVI que Marie-Antoinette étaient d'accord pour se marier, et ont donné leur consentement sans contrainte particulière. Les deux trouvaient normal de ne pas choisir un conjoint suivant l'attirance ou d'autres considérations, mais suivant les besoins de leur pays, et aucun des deux n'a eu a renoncer à un autre pour cela.
    Une fois dans la chambre nuptiale, cela s'est gâté : Marie-Antoinette avait peur de ce géant si fort, bien sûr il ne l'a pas forcée, et le problème c'est qu'ensuite, elle s'est laissée entraîner par ses "amies", ses beaux-frères... à déconsidérer son mari, si bien qu'ils ont passé leur sept premières années de mariage, vierges tous les deux. En fait, jusqu'à ce que son frère, devenu empereur, fasse incognito le voyage de Vienne pour essayer de convaincre Louis XVI de se faire opérer du problème bénin que Marie-Antoinette avait suggéré qu'il avait, comme excuse pour ne pas consommer le mariage... Ayant appris la vérité, il en a fait reproche à sa sœur, et elle n'a absolument pas été forcée, mais elle a consenti à consommer le mariage. En fait leur intimité n'est pas allée plus loin jusqu'à la Révolution : ce n'est que là qu'elle a pu vivre plus près de lui et se rendre compte qu'il n'était pas du tout celui qu'on lui avait dépeint, et l'aimer enfin.
    Source : les souvenirs d'une conférence en septembre 2007 avec Simone Bertière et Évelyne Lever.
    Donc, le titre est pour le moins malheureux : une invention de l'éditeur, ou l'ignorance de l'auteur ? » RN 2
     
    Le sous-titre, lui aussi : "Marie-Antoinette humiliée", était malheureux.
     
    Mais à la vue de la présentation de l'éditeur, reproduite ici en rouge, qui va bien au-delà d'un titre imprudent, nous pensons que l'auteur va trop loin.
    Un texte racoleur. Ignorant l'avis des historiens qui se sont déjà prononcés sur l'éloignement du roi et de la reine dans les premières années de leur mariage.
    Avis présomptueux d'un journaliste désireux de faire un scoop.
    Il est symptomatique que Gonzague Saint-Bris cautionne ce livre qui fait du roi un mari indélicat.

    « Pourquoi Louis XVI et Marie-Antoinette ont-ils mis sept ans à consommer leur mariage ? Fruit de longues années de recherches, en France et à Vienne, où se trouvent des archives inédites, réalisé avec le concours d’une équipe médicale, cet ouvrage éclaire de façon crue la question, irrésolue depuis deux siècles, du mariage de Louis XVI et Marie-Antoinette. À la vision d’un roi un peu benêt et manipulé, voire impuissant, se substitue une version fidèle aux faits. À la fin des années 1760, la monarchie est affaiblie et le duc de Choiseul voudrait devenir à la mort du vieux Louis XV une sorte de « maire du palais ». Il entend se servir de l’une des filles de Marie-Thérèse d’Autriche, Marie-Antoinette, qu’il a mise dans le lit du dauphin et qui, croit-il, régnera sans partage sur l’esprit du jeune homme. Une fois célébré, le mariage dégénère pourtant en une lutte politique forcenée. Le Tout-Versailles et bientôt le peuple s’interrogent sur l’exécration du mari pour sa femme et sur la haine de celle-ci pour un conjoint qui la dédaigne. Le futur Louis XVI est en réalité un monarque manipulateur qui veut sauver une royauté en perdition et se sert avec sang-froid des rares armes qu’on lui a laissées. On est loin de l’affaire d’alcôve souvent évoquée, mais de plain-pied dans la « grande histoire ». Une démonstration implacable dont les éléments s’emboîtent comme les pièces d’un puzzle.»

    Nous renvoyons au même avis cité plus haut, car tout y est dit.


  • Commentaires

    1
    TR
    Vendredi 25 Septembre 2015 à 21:28

    Peut-on penser que l'auteur a pris les propos excessifs, reflétant leurs propres sentiments, de certains personnages de la Cour, pour une peinture fidèle de la réalité des relations et sentiments de Louis XVI et Marie-Antoinette? Tout montre que s'ils ne s'aimaient pas, s'ils ne s'estimaient pas, ils ne se haïssaient absolument pas; à commencer par leur caractère à tous les deux, qui me semble-t-il ignorait la haine, malgré toute celle qui empoisonnait Versailles (et Paris, surtout autour du Palais-Royal) et qui a conduit à la Révolution.



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